Affaire Lyhanna : des milliers de manifestants en colĂšre interpellent la justice

  • PubliĂ© le 9 juin 2026 Ă  00:34
  • ActualisĂ© le 9 juin 2026 Ă  05:06
Manifestation non autorisée devant le ministÚre de la justice, place VendÎme, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles, le 8 juin 2026 à Paris

"Justice réveille-toi", "Plus jamais cela". Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés lundi soir dans des dizaines de villes de France et devant la Chancellerie à Paris, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles.

De nombreuses associations féministes et enfantistes, parmi lesquelles NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l'inceste, le Collectif Féministe contre le viol, avaient appelé à des rassemblements en début de soirée devant les tribunaux de plus de 160 villes de France.

"Rendez-nous la justice", "pour les victimes, la peine est imprescriptible", "quand un enfant appelle à l'aide, chaque silence est une violence supplémentaire", pouvait-on lire sur les pancartes à Paris.

A Agen (Lot-et-Garonne), dont le parquet est chargĂ© de l’enquĂȘte sur la mort de Lyhanna, au moins un millier de personnes de tous Ăąges, dont des enfants, se sont rassemblĂ©es devant le palais de justice.

"La parole des enfants n’est pas du tout prise au sĂ©rieux, la justice met beaucoup plus en avant la prĂ©somption d’innocence que la parole des victimes", a dit Lori Bess, l’une des organisatrices de ce rassemblement citoyen d’une ampleur inĂ©dite dans cette ville.

Devant le tribunal judiciaire d'Auch (Gers), plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour crier "Lyhanna, plus jamais ça".

Devant cette juridiction située à une trentaine de kilomÚtres de Fleurance, de nombreuses pancartes demandaient "justice pour nos filles" ou proclamaient "Darmanin démission", un slogan repris par la foule qui l'a peu à peu transformé, briÚvement, en "procureure démission".

A Paris, le rassemblement qui devait avoir lieu devant le ministÚre de la Justice place VendÎme a été interdit par la préfecture de police et déplacé dans l'ßle de la Cité place Lépine pour "risque de trouble à l'ordre public".

"De quoi ils ont peur? de la colÚre des femmes et des enfants?", a réagi Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.

- "Gros travail Ă  faire" -

Pourtant c'est bien place VendÎme qu'a eu lieu le plus gros rassemblement, malgré l'interdiction, rejoint par les actrices Anna Mouglalis et Judith GodrÚche, la fille de Richard Berry, Coline Berry, ou encore le militant Arnaud Gallais.

Selon la préfecture de police, 1.700 personnes se sont rassemblées place Lépine et 1.200 place VendÎme.

Plusieurs centaines de manifestants - des femmes pour la plupart -, dont beaucoup "en colĂšre", Ă©taient rassemblĂ©s aux cris de "Darmanin dĂ©mission" et "Justice pour les enfants" sous les fenĂȘtres de la Chancellerie, protĂ©gĂ©e par plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre.

Quelques militantes Femen se sont dénudées en criant "justice pour Lyhanna".

"Qu’est-ce qu’il y a de plus dangereux, un gouvernement et une justice qui laissent des violeurs dans la nature ou une manifestation de pacifistes qui vont faire en sorte que le monde se remette Ă  l’endroit ?", a rĂ©agi l’animatrice de tĂ©lĂ©vision Flavie Flament Ă  Paris, qui a portĂ© plainte contre le chanteur Patrick Bruel.

"Nos enfants sont violés par des multirécidivistes. Il y a un gros travail à faire dans la justice, l'Education, tous les service publics", a déclaré Andréa Bescond, cinéaste autrice des "Chatouilles" sur BFMTV.

Les reprĂ©sentants des associations de dĂ©fense des femmes et des enfants ont dĂ©clarĂ© mener un "mĂȘme combat" contre les "violences masculines", "contre un systĂšme qui protĂšge davantage les agresseurs que les victimes".

À Lyon, environ 800 personnes se sont rassemblĂ©es devant la cour d'appel du RhĂŽne. "Je suis ici en tant que mamie, car cette situation est intolĂ©rable. J'ai peur pour mes petits-enfants. Il y a des grosses failles dans la justice en France", a dit Ă  l'AFP Virginie Maurin, 68 ans, infirmiĂšre Ă  la retraite.

Les associations réclament l'adoption d'une "proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants", déposée fin 2025 mais qui n'a jamais été examinée.

AFP

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