Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants du collectif Pou Lagwiyann Dékolé ont éclaté jeudi soir à Cayenne et plusieurs personnes ont été interpellées au premier jour de la visite du président Emmanuel Macron sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.
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En dĂ©but de nuit, l'air du centre-ville empestait les gaz lacrymogĂšnes destinĂ©s Ă disperser un rassemblement devant la prĂ©fecture de Guyane. Les gendarmes mobiles se dĂ©ployaient dans la ville, notamment aux abords du commissariat, prĂšs de la cĂ©lĂšbre place des Palmistes, oĂč des jeunes venus de quartiers dĂ©favorisĂ©s, souvent encagoulĂ©s, ont lancĂ© des cocktails Molotov et des projectiles.
#Guyane #Macron n'est pas le pĂšre noĂ«l mais pour lui c'est Hotte. đ âšïžâšïžâšïžâšïžđđđđšđšđš pic.twitter.com/hSg8532TSi
â Bondamanjak (@Bondamanjak) 27 octobre 2017
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Les manifestants sâattaquent au commissariat de police pour faire libĂ©rer un homme interpellĂ© en dĂ©but de soirĂ©e #Guyane pic.twitter.com/dTLt4uarew
â ATV Guyane (@AtvGuyane) 27 octobre 2017
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Des poubelles ont notamment pris feu et la rue devant le commissariat était jonchée de bris de verre, a constaté l'AFP. Un hélicoptÚre tournait également au dessus du centre-ville. L'aprÚs-midi, une marche à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé (Pour que la Guyane décolle) avait pourtant rassemblé dans le calme plus d'un millier de personnes, en chant et en famille, pour réclamer le respect des accords signés avec l'ancien gouvernement à l'issue du mouvement social de mars-avril.
RĂ©clamant un rendez-vous avec le chef de l'Etat, les manifestants se sont ensuite rassemblĂ©s devant la prĂ©fecture oĂč ils ont Ă©cartĂ© une premiĂšre sĂ©rie de barriĂšres pour se rapprocher du bĂątiment. L'ElysĂ©e a finalement proposĂ© un rendez-vous vendredi matin mais les manifestants ont refusĂ©, rĂ©clamant de voir M. Macron dans la soirĂ©e. Ce dernier avait une rĂ©union de travail avec les Ă©lus de Guyane avant un diner rĂ©publicain Ă la rĂ©sidence prĂ©fectorale.
C'est ensuite que les Ă©vĂ©nements ont dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. "Ils ont créé eux-mĂȘmes le dĂ©sordre public, c'est ça la rĂ©ponse de l'Etat", a dĂ©noncĂ© un enseignant depuis 19 ans en Guyane. "Il aurait pourtant suffi d'une discussion autour d'une table", a-t-il ajoutĂ©. "Vous voyez comment on nous traite en Guyane", a interpellĂ© une femme en s'adressant aux journalistes. Une mĂšre, portant son enfant la tĂȘte enveloppĂ©e dans un chĂąle, s'enfuyait en hurlant "vous jetez des gaz sur les enfants, c'est ça la libertĂ©?", avant d'entonner, en colĂšre, La Marseillaise.
"Maintenant on sait à qui on a à faire", a déclaré Davy Rimane, membre du collectif. M. Macron "n'a aucun respect pour nous", a-t-il déploré, assurant que désormais "tout" pouvait arriver. "Ca sert à rien tout ça, on n'obtiendra pas plus de l'Etat", a regretté Mika Mancé, ancien leader charismatique du mouvement Pou Lagwiyann Dékolé, et porte-parole des "Grands frÚres", une émanation des 500 frÚres, trÚs actifs lors du mouvement de mars-avril dernier.
"Au moins les choses sont claires, il n'y a plus rien Ă attendre, on ne peut pas discuter, on ne peut trouver de solution, on fera sans", a-t-il ajoutĂ©. Emmanuel Macron est arrivĂ© Ă la mi-journĂ©e en Guyane, dans un climat dĂ©jĂ tendu. Il s'est rendu directement Ă Maripasoula, dans le sud-ouest guyanais, pour rencontrer la population de cette commune la plus vaste de France, trĂšs dĂ©favorisĂ©e, oĂč il a averti qu'il n'Ă©tait pas venu en "PĂšre NoĂ«l", ni pour "faire des promesses". Il a longuement Ă©coutĂ© les habitants, porteurs de grandes attentes pour le dĂ©senclavement de leur commune.
AFP


