La Garonne a été maintenue en vigilance rouge aux crues samedi et dimanche en Gironde et Lot-et-Garonne sur fond de "crue généralisée" en France, a annoncé Vigicrues, avec la crainte de ruptures de digues et d'éventuelles nouvelles évacuations, selon les pompiers.
"De nombreux cours d'eau ont dĂ©jĂ atteint des niveaux de dĂ©bordements localisĂ©s, voire dommageables" aprĂšs le passage sur la France de la tempĂȘte Nils cette semaine, a Ă©crit Vigicrues dans son bulletin de samedi matin 06H00.
"Pour les cours d'eau en vigilance orange ou rouge, des débordements importants et majeurs sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures", a ajouté l'organisme de surveillance.
Samedi et dimanche, une dizaine de départements de l'Ouest sont placés en vigilance orange, de l'Ille-et-Vilaine à l'AriÚge en passant par la Charente-Maritime, et environ 70 en vigilance jaune dans le reste du pays.
à Tonneins (Lot-et-Garonne), une crue de 9,56 mÚtres a été observée samedi matin, supérieure à la crue de 2021 (9,51 m) - mais loin du record de 1930 (10,72 m), selon Vigicrues. à Marmande (Lot-et-Garonne), on atteignait 10,20 mÚtres, un niveau sensiblement égal à 2021 (10,22 mÚtres).
- Pic entre samedi et dimanche -
Des évacuations d'habitants ont eu lieu ces derniÚres heures sur les rives de la Garonne, dont prÚs de 900 personnes sur 20 communes dans le Lot-et-Garonne.
"On a fait peu d'évacuations dans la nuit qui a été plutÎt calme. Mais d'autres évacuations, il y en aura vraisemblablement", a déclaré samedi matin à l'AFP le colonel Xavier Pergaud, directeur adjoint du Service départemental d'incendie et de secours du Lot-et-Garonne (Sdis 47).
"On s'attend au pic de crue dans la journée (de samedi), particuliÚrement dans l'aprÚs-midi, de Tonneins à Marmande", a-t-il ajouté. En Gironde, le pic pourrait intervenir dans la nuit de samedi à dimanche, selon la préfecture.
"Le risque aujourd'hui (samedi), c'est la rupture de digue. (...) AprĂšs chaque inondation, les digues sont mises Ă mal.
Certaines ont Ă©tĂ© rĂ©parĂ©es aprĂšs 2021. Mais ce sont des centaines de kilomĂštres de digues qui longent la Garonne, d'Agen Ă la frontiĂšre de la Gironde. Une rupture, ce serait embĂȘtant parce que ça demanderait des Ă©vacuations rapides", a soulignĂ© le colonel Pergaud.
La préfecture de Gironde a elle aussi mis en garde vendredi contre une brÚche présente sur une digue dans la municipalité limitrophe de Jusix (Lot-et-Garonne), qui menace deux communes et 600 habitants au total. Aux abords de La Réole (Gironde), "des submersions de digues sont attendues", a-t-elle aussi prévenu.
PrÚs de La Réole, l'eau arrivait déjà à fleur de digue samedi en début de matinée, a constaté un journaliste de l'AFP.
- "Sols détrempés" -
L'épisode n'est "pas du tout terminé" en raison de nouvelles pluies attendues, avait averti vendredi Lucie Chadourne-Facon, directrice de Vigicrues.
AprĂšs la tempĂȘte Nils, qui a causĂ© au moins deux morts en France et fait de nombreux dĂ©gĂąts matĂ©riels, MĂ©tĂ©o France a relevĂ© de "forts cumuls" de pluies "sur des sols dĂ©jĂ dĂ©trempĂ©s", avec "localement 150 mm en 72 heures".
Selon Lucie Chadourne-Facon, l'indice de l'humidité des sols en moyenne est au plus haut depuis le début de compilation de cette donnée en 1959, avec "des sols saturés qui ont totalement perdu leur capacité d'infiltration".
Et ces sols imbibés ralentissent le travail des techniciens venus rétablir les réseaux malmenés par Nils.
Samedi matin Ă 9h00, 80% des foyers avaient pu ĂȘtre rĂ©alimentĂ©s en Ă©lectricitĂ© au niveau national mais plus de 182.000 restaient privĂ©s de courant, selon le gestionnaire de rĂ©seau Enedis.
Dans les Landes, quatre personnes ont été légÚrement blessées et évacuées vers un hÎpital pour une intoxication au monoxyde de carbone en raison de l'utilisation d'"un groupe électrogÚne pour le chauffage dans un garage attenant à l'habitation", selon les pompiers.
AFP


