Chili

Affrontements entre forces de l'ordre et manifestants pour la 3e semaine de contestation

  • PubliĂ© le 5 novembre 2019 Ă  04:11
  • ActualisĂ© le 5 novembre 2019 Ă  05:44
Une policiĂšre atteinte par un cocktail molotov pendant une manifestation Ă  Santiago du Chili, le 4 novembre 2019

De nouveaux affrontements ont Ă©clatĂ© lundi au Chili oĂč le mouvement de contestation populaire, qui est entrĂ© dans sa troisiĂšme semaine, reste massif malgrĂ© l'annonce de nombreuses mesures sociales.

Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi laquelle de nombreux étudiants, s'est rassemblée lundi soir à Santiago, sur la plaza Italia, lieu emblématique du mouvement de colÚre initié le 18 octobre. Alors que des rassemblements avaient lieu en divers endroits de Santiago, un puissant séisme de magnitude 6, selon l'institut américain de géophysique (USGS), a été enregistré dans le centre du Chili, et ressenti jusque dans la capitale, provoquant des mouvements de panique dans la foule.

Outre le séisme, les manifestations dans la capitale ont été émaillées de nombreux incidents. Des échauffourées ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants et plusieurs bus ont été incendiés, selon des journalistes de l'AFP. Alors qu'un cortÚge tentait de s'approcher du palais présidentiel de la Moneda, la police a dispersé la foule en faisant usage des lances à eau et de gaz lacrymogÚnes. Au moins une policiÚre a été blessée, selon un photographe de l'AFP. Sur un cliché, on apercevait le casque de celle-ci en flammes.

- "Pas fini" -

Le mouvement social, dĂ©butĂ© il y a plus de trois semaines, ne semblait pas faiblir, et la devise "Ca n'est pas fini!", diffusĂ©e pendant tout le week-end sur les rĂ©seaux sociaux, semblait avoir trouvĂ© un Ă©cho. "Le combat continue mais nous devons faire en sorte que le pays se soulĂšve. Il ne faut pas que ça s'arrĂȘte d'un coup", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Olga PĂ©rez, une comptable.

Lundi matin, des centaines de personnes s'étaient rendues sur les marches des tribunaux, et des chauffeurs de taxi en colÚre avaient organisé des opérations-escargot contre le prix des péages.

D'autres villes, comme Valparaiso ou sa voisine Viña del Mar, restaient également des centres de contestation importants. Révoltés par les inégalités sociales et une élite politique jugée totalement déconnectée du quotidien de la grande majorité des Chiliens, les manifestants réclament notamment une réforme du systÚme de retraites et une révision de la Constitution, tous deux hérités de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que de profondes réformes du modÚle économique ultra-libéral chilien.

La crise sociale, provoquée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro (depuis annulée), a fait 20 morts, dont cinq aprÚs l'intervention des forces de sécurité, selon des chiffres officiels. Outre les 20 morts confirmés par le gouvernement, 1.305 personnes ont été blessées, selon l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant.

Alors que l'Ă©conomie chilienne a augmentĂ© de 3% en septembre par rapport au mĂȘme mois l'annĂ©e derniĂšre, le gouvernement s'attend Ă  une baisse pouvant atteindre jusqu'Ă  0,5% en octobre. "Il faut s'attendre, pour le quatriĂšme trimestre, Ă  une situation complĂštement diffĂ©rente de celle que nous avons connue", a mis en garde lundi le ministre des Finances, Ignacio Briones.

PrÚs de la moitié des entreprises de la capitale (46%) ont souffert de dommages directs et enregistré une baisse des ventes, selon la Chambre de commerce de Santiago.

Mercredi, le président Sébastian Piñera, dont la popularité a dégringolé dans les sondages, avait annoncé l'annulation du sommet de l'APEC (forum de coopération économique Asie-Pacifique) qui devait se tenir à Santiago les 16 et 17 novembre, et de la conférence de l'ONU sur le climat COP 25, également prévue dans la capitale en décembre.

AFP

guest
0 Commentaires