Compagnie aérienne

Airbus: 3.700 suppressions de postes en raison des baisse de cadences

  • PubliĂ© le 7 mars 2018 Ă  20:47
  • ActualisĂ© le 8 mars 2018 Ă  06:03
Le secrétaire FO d'Airbus, Jean-Marc Escourrou, lors d'un point presse à  l'issue du Conseil d'entreprise européen d'Airbus, le 7 mars 2018 à Blagnac

Le constructeur européen Airbus va procéder à "3.720 suppressions de postes en Europe", dont 470 en France, sans aucun licenciement sec, en raison des baisses de cadences de production sur ses programmes A380 et A400M, selon les syndicats.


Confirmant qu'"au maximum 3.700 postes" seraient affectés, la direction s'est engagée "à gérer toute implication sociale de maniÚre responsable" à l'issue d'un conseil d'entreprise européen à Toulouse, consacré notamment à la réduction des cadences sur ses programmes en perte de vitesse. "A aucun moment, il n'a été question de licenciement sec. Pour l'instant il est question de suppressions de postes", a déclaré Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO, à l'issue du Conseil d'entreprise.

"Il ressort qu'il y aurait 3.720 suppressions de postes en Europe", principalement en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en France, a indiqué à la presse M. Escourrou, selon lequel les redéploiements commenceront "d'ici trois mois". "Dans un premier temps, la direction va réduire le flex, c'est-à-dire les intérim et les sous-traitants", a-t-il dit, soulignant que le pays le plus impacté "sera l'Allemagne avec 1.900 postes supprimés. 850 postes seront supprimés en Espagne".

"Il va y avoir des redĂ©ploiements en France: 400 suppressions de postes sur les chaĂźnes, 70 sur les programmes", a-t-il encore indiquĂ©. Selon FO, 320 postes seront ainsi supprimĂ©s Ă  Toulouse (dont 250 sur les chaĂźnes de production), 100 Ă  Nantes et 50 Ă  Saint-Nazaire. "Comme on a des montĂ©es en cadence sur l'A320 et l'A350, normalement en France on ne devrait pas avoir de problĂšme", a commentĂ© M. Escourrou, selon lequel les personnes travaillant sur l'A380 devraient ĂȘtre redĂ©ployĂ©es vers les programmes qui montent en puissance.

Pour le Royaume-Uni, ce seront 450 postes qui seront supprimés sur l'usine de Filton dont l'A400M est la seule activité, a ajouté Yvonnick Dreno, un autre représentant FO. "La baisse de charge sur l'A400M les impacte à 100%", a-t-il dit.

- Airbus s'engage dans un 'processus social' -

Selon le communiqué de la direction, Airbus "s'engage à présent dans un processus social formel avec les représentants du personnel aux niveaux européen et national, en vue d'analyser les impacts potentiels de cette décision sur les effectifs de l'entreprise et de lancer conjointement des mesures d'atténuation".

"Nous avons des grands programmes, civils et militaires qui ont des cycles de vie, et de fait, nous sommes amenés en permanence à monter ou baisser les effectifs sur ces programmes en fonction des évolutions", a déclaré mercredi le patron de l'aviation commerciale d'Airbus Guillaume Faury devant la Commission de la défense nationale et des forces armées. "A court terme, ça veut dire des baisses de charge", à savoir des creux d'activité, a-t-il précisé.
Airbus, dont le siĂšge mondial est Ă  Toulouse, emploie quelque 133.000 personnes dans le monde.

Un moment menacĂ©, faute de ventes, le programme de l'A380 s'est trouvĂ© pĂ©rennisĂ© grĂące Ă  une rĂ©cente commande d'Emirates, de 20 appareils, avec 16 avions supplĂ©mentaires en option. Mais si douze exemplaires doivent ĂȘtre livrĂ©s cette annĂ©e, seuls huit appareils devraient l'ĂȘtre en 2019. Et la cadence sera ramenĂ©e Ă  six appareils par an Ă  partir de 2020, a confirmĂ© la direction mercredi.

"De quoi nous donner dix ans de production et le temps peut-ĂȘtre dĂ©crocher de nouvelles commandes", dit-on chez Airbus Ă  Toulouse, oĂč l'avion, qui a du mal Ă  s'imposer sur le marchĂ© des gros porteurs, est assemblĂ©. Quant Ă  l'A400M, l'avion de transport militaire qui a accumulĂ© les retards et les surcoĂ»ts depuis son lancement, et largement pesĂ© sur les comptes 2017 de l'avionneur europĂ©en, il devrait ĂȘtre produit Ă  hauteur de 15 exemplaires cette annĂ©e --contre 19 en 2017-- et 11 en 2019.

L'avion a accumulé les retards et les surcoûts depuis son lancement, occasionnant 8,5 milliards d'euros de surcoûts au total. La baisse de la production à hauteur de 8 appareils par an à partir de 2020, jusqu'alors envisagée, a aussi été confirmée mercredi. De quoi là encore, selon Airbus, prolonger le programme et augmenter ses chances à l'export.

Airbus a presque triplé son bénéfice net en 2017 et, selon la direction, la valeur totale du carnet de commandes s'élevait à 997 milliards d'euros contre 1.060 milliards fin 2016.

AFP

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