Coronavirus

Anthony Fauci : un nouveau confinement pas Ă  l'ordre du jour aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 19 juin 2020 Ă  08:50
  • ActualisĂ© le 19 juin 2020 Ă  09:38
Anthony Fauci Ă  la Maison Blanche, le 29 avril 2020 Ă  Washington

De nouvelles mesures de confinement ne seront pas nécessaires aux Etats-Unis malgré un rebond du coronavirus dans certains Etats américains, a jugé jeudi l'expert en maladies infectieuses Anthony Fauci dans un entretien avec l'AFP.

"Je ne pense pas que nous allons parler d'un retour au confinement", a dit l'immunologiste en chef de la Maison Blanche. "Je pense que les discussions consisteront à essayer de mieux contrÎler les régions du pays qui semblent avoir une augmentation du nombre de cas".

Le visage de ce septuagénaire à lunettes est familier pour beaucoup d'Américains. Scientifique trÚs respecté, il se tenait aux cÎtés du président Donald Trump lors des points de presse quotidiens que la Maison Blanche a longtemps tenus sur la pandémie de Covid-19. "Nous aurions pu faire beaucoup de choses d'une meilleure façon", a concédé le Dr Fauci, au sujet de la gestion par les Etats-Unis de la maladie provoquée par le coronavirus.

Il a insistĂ© sur l'intĂ©rĂȘt d'une approche trĂšs locale Ă  chaque Ă©tape du retour Ă  la normale dans le pays, y compris sur la question cruciale de la rĂ©ouverture des Ă©coles. "Dans les comtĂ©s oĂč il n'y a pas de cas, il n'y a aucun problĂšme pour que l'Ă©cole reprenne, dans d'autres oĂč il y a un nombre modeste d'infections, il pourrait y avoir des reports dans la rĂ©ouverture des Ă©coles".

"Et il y a des endroits du pays oĂč il y a une infection minimale, oĂč il faut pouvoir changer la routine: alterner les jours, le matin ou l'aprĂšs-midi, espacer les gens et les faire porter des masques", a-t-il Ă©numĂ©rĂ©.

- "TrÚs impressionné" -

Anthony Fauci s'est aussi montrĂ© trĂšs prudent dans le domaine des voyages. Il a certes estimĂ© "Ă©vident" l'intĂ©rĂȘt de revenir "Ă  une certaine forme de normalitĂ© dans nos interactions avec les autres pays". Mais le conseiller de Donald Trump pour la pandĂ©mie ne s'est pas risquĂ© Ă  prĂ©dire quand la rĂ©ouverture des frontiĂšres avec l'Europe aurait lieu, assurant que la situation Ă©tait Ă©valuĂ©e de façon quasi quotidienne.

Les Etats-Unis n'ont pas encore entamĂ© leur normalisation avec leurs voisins nord-amĂ©ricains. La fermeture des frontiĂšres pour les dĂ©placements non-essentiels avec le Mexique et le Canada vient d'ĂȘtre prolongĂ©e d'un mois, jusqu'au 21 juillet. Les Etats-Unis sont de loin le pays le plus touchĂ© au monde par la pandĂ©mie, aussi bien en nombre de cas confirmĂ©s qu'en nombre de morts. PrĂšs de 120.000 dĂ©cĂšs y ont Ă©tĂ© dĂ©plorĂ©s. Mais alors que les anciens Ă©picentres de l'Ă©pidĂ©mie, comme New York et le New Jersey, sont parvenus Ă  la contrĂŽler, celle-ci est repartie rĂ©cemment Ă  la hausse dans une vingtaine d'Etats, notamment dans le sud et l'ouest du pays.

Anthony Fauci impute ce dĂ©calage au fait que les Etats amĂ©ricains ne se sont pas confinĂ©s puis dĂ©confinĂ©s d'un mĂȘme Ă©lan, contrairement Ă  d'autres nations.
Et il a souligné qu'il était préoccupé par le respect trÚs imparfait des recommandations des autorités concernant le port du masque. "Il y a des groupes qui les respectent scrupuleusement. Et puis... vous voyez des photos de personnes dans des bars et des rassemblements sans, donc il y a un peu de tout", a-t-il regretté.

L'immunologiste, qui s'est distingué dans la lutte contre de nombreux virus, du sida à Ebola, a de nouveau dit sa confiance dans l'émergence d'un vaccin contre la maladie. "Comme de nombreuses personnes ont réussi à se rétablir naturellement (du virus), on peut raisonnablement supposer que si l'on présente à l'organisme un antigÚne similaire à une infection, (...), que l'organisme va produire une réponse immunitaire", a-t-il expliqué. "Il reste à voir combien de temps cette réponse va durer".

Le docteur à la renommée mondiale, s'est aussi dit "trÚs impressionné" par les résultats d'une étude majeure, selon laquelle le dexamethasone, un stéroïde, permet de réduire d'un tiers la mortalité au Covid-19 chez les malades les plus gravement atteints. Mais il a averti qu'il ne fallait pas le prescrire trop tÎt, en raison de ses puissants effets immunosuppresseurs.

AFP

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