Afghanistan

Attentat d'Ahvaz : l'enquĂȘte iranienne sur la piste de l'EI

  • PubliĂ© le 25 septembre 2018 Ă  15:36
  • ActualisĂ© le 25 septembre 2018 Ă  16:14
Funérailles le 24 septembre 2018 à Ahvaz des victimes de l'attentat qui a été commis dans cette ville iranienne deux jours auparavant

L'enquĂȘte sur l'attentat meurtrier d'Ahvaz, dans le sud de l'Iran, se poursuit mardi, et semble dĂ©sormais Ă©tablir un lien entre les assaillants et le groupe jihadiste sunnite État islamique (EI). Les "cinq membres" du "commando terroriste" ayant abattu 24 personnes Ă  l'arme automatique samedi matin en marge d'un dĂ©filĂ© militaire ont Ă©tĂ© identifiĂ©s", a indiquĂ© le ministĂšre des Renseignements iranien. "La cachette des terroristes a Ă©tĂ© dĂ©couverte, et 22 personnes impliquĂ©es [dans l'attentat] ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es", ajoute le ministĂšre dans un communiquĂ©, indiquant que "des explosifs, du matĂ©riel militaire et des Ă©quipements de communication ont Ă©tĂ© dĂ©couverts et saisis dans cette cache". Le ministĂšre publie les photos et les noms des assaillants sur son site internet, et affirme que ceux-ci Ă©taient affiliĂ©s "Ă  des groupes sĂ©paratistes takfiris soutenus par des pays arabes rĂ©actionnaires".

Le terme "takfiri" est utilisĂ© par les autoritĂ©s iraniennes pour dĂ©signer les jihadistes sunnites. Il dĂ©rive du mot arabe "takfir" (anathĂšme), accusation utilisĂ©e par ces extrĂ©mistes comme justification de la violence contre ceux qu'ils estiment ĂȘtre des impies.

La conclusion du ministÚre semble donner du crédit à la revendication de l'attentat publiée par l'EI dÚs samedi.
L'attentat a également été revendiqué au nom de la Résistance nationale d'Ahvaz, qui se présente comme un groupe séparatiste arabe.

Selon les autorités iraniennes, les auteurs de l'attentat ont été identifiés comme s'appelant Ayad Mansouri, Fouad Mansouri, Ahmad Mansouri, Javad Sari et Hassan Darvichi.
Pour les quatre premiers, le ministÚre des Renseignements publie la photo d'un cadavre, mais pour le cinquiÚme, Hassan Darvichi, la photo publiée est une capture d'écran d'une vidéo publiée par l'EI et montrant trois hommes présentés comme ayant participé à l'attentat d'Ahvaz.

- Syrie et Irak -

La photo extraite de cette vidéo correspond à l'homme qui parle persan sur cette bande (les deux autres s'exprimant en arabe).
Située à environ 560 km au sud de Téhéran, Ahvaz est la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d'Arabes.

TrÚs rapidement aprÚs l'attentat, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont accusé "le mouvement al-Ahwaziya", désignant ainsi la mouvance séparatiste arabe dans cette province, éclatée en divers groupes.
Mais lundi, le Guide suprĂȘme iranien, l'ayatollah Ali Khamanei a Ă©tabli un lien entre les auteurs de l'attentat d'Ahvaz et les groupes jihadistes opĂ©rant "en Syrie et en Irak"
Selon des informations dans la presse iranienne, les trois hommes identifiĂ©s par le mĂȘme nom de famille Mansouri sont deux frĂšres et un cousin.

Dans un message sur Twitter, le directeur général du quotidien ultraconservateur Javan, Abdullah Ganji, a indiqué lundi que les deux "frÚres" en avaient un autre qui "a été tué dans un attentat suicide en Syrie".
Le mode opĂ©ratoire de l'attaque d'Ahvaz ne correspond pas Ă  celui des sĂ©paratistes du Khouzestan, dont la mĂ©thode "Ă©tait de poser des bombes ou de faire des opĂ©rations Ă©clair", Ă©crit le mĂȘme Ganji dans un article publiĂ© mardi par Javan. "Tuer jusqu'Ă  ce que vous soyez tuĂ©s sans quitter les lieux, c'est la mĂ©thode de Daech" (acronyme arabe du groupe EI), ajoute-t-il, mettant en garde contre une dĂ©rive "idĂ©ologique" de certains groupuscules sĂ©paratistes vers le jihadisme.

L'EI a revendiqué sa premiÚre attaque en Iran le 7 juin 2017. Des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué à Téhéran le Parlement et le mausolée du fondateur de la République islamique, l'imam Khomeiny, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.

Quelques mois plus tĂŽt, l'organisation avait menacĂ© d'agir en Iran en reprĂ©sailles au soutien militaire et logistique apportĂ© par TĂ©hĂ©ran aux autoritĂ©s en Syrie et en Irak, deux pays oĂč le groupe jihadiste a perdu l'Ă©crasante majoritĂ© des territoires qu'il contrĂŽlait.

Les autoritĂ©s iraniennes ont accusĂ© tout Ă  la fois les États-Unis, IsraĂ«l, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis d'ĂȘtre derriĂšre l'attentat d'Ahvaz, qu'elles ont promis de venger d'une maniĂšre ou d'une autre.
 

- © 2018 AFP

guest
0 Commentaires