François Hollande entame lundi une semaine diplomatique tous azimuts, de Washington à Moscou, en passant par des rencontres avec David Cameron et Angela Merkel à Paris, entre riposte aux attentats et préparatifs d'une COP21 sous sécurité renforcée.
"Ce sera une semaine particuliĂšrement intense avec une grande concentration de rendez-vous internationaux", souligne son entourage, voyant dans cette sĂ©quence une similitude avec les nĂ©gociations marathon de Minsk en fĂ©vrier 2015 oĂč M. Hollande avait enchaĂźnĂ© dĂ©placements et nuits blanches pour arracher un plan de paix en Ukraine.
Dix jours aprÚs les attentats de Paris, revendiqués par le groupe Etat islamique, les pires jamais connus en France (130 morts, quelque 350 blessés), M. Hollande veut convaincre les grandes puissances de participer au combat de la France pour "détruire" l'organisation jihadiste et oeuvre pour la mise sur pied d'une coalition internationale élargie, "unique", contre les jihadistes de l'EI en Syrie et en Irak.
AprÚs avoir reçu lundi le Premier ministre britannique David Cameron, il est attendu mardi à Washington par l'Américain Barack Obama et jeudi à Moscou par le Russe Vladimir Poutine. Entre les deux, le président recevra mercredi la chanceliÚre allemande Angela Merkel.
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et son homologue allemand Sigmar Gabriel comptent proposer par écrit au président et à la chanceliÚre une "initiative franco-allemande" en vue de recréer de la solidarité européenne sur les questions des réfugiés et de la sécurité.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté vendredi, à l'unanimité, une résolution d'inspiration française autorisant "toutes les mesures nécessaires" pour combattre en Syrie et en Irak le groupe EI.
- 'montrer que nous n'avons pas peur' -
Vendredi 27, aprĂšs l'hommage aux victimes des attentats qu'il prĂ©sidera aux Invalides, François Hollande s'envolera pour une rĂ©union du Commonwealth Ă Malte, oĂč il compte convaincre notamment de l'urgence climatiques quelques pays rĂ©calcitrants, comme le Canada, Ă deux jours de l'ouverture prĂšs de Paris de la ConfĂ©rence mondiale des Nations unies sur le climat (COP21), organisĂ©e du 30 novembre au 11 dĂ©cembre.
Un deuxiÚme front pour le chef de l'Etat, qui a fait depuis des mois de cet événement une de ses priorités et continue à batailler pour un accord sur la limitation des températures mondiales.
Le 26, François Hollande recevra plusieurs dirigeants au sommet France-Océanie, puis des ONG le lendemain. Dimanche, veille de l'ouverture de la conférence, il déjeunera et dßnera à l'Elysée successivement avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président chinois Xi Jinping.
En dépit d'une pression sécuritaire au plus haut niveau, la plupart des événements de la conférence sur le climat ont été maintenus, mais pas les deux grandes marches qui devaient avoir lieu avant et aprÚs, les 29 novembre et 12 décembre.
La prĂ©sence attendue le jour de l'ouverture de la COP21 de 138 chefs d'Etat et de gouvernement et d'entre 40.000 et 45.000 personnes sur toute sa durĂ©e a des allures de dĂ©fi en termes de sĂ©curitĂ© dans le contexte post-attentats dans une France oĂč l'Ă©tat d'urgence a Ă©tĂ© prolongĂ© de trois mois et renforcĂ© sur tout le territoire.
Mais le président américain Barack Obama a appelé dimanche appelant les dirigeants de tous les pays à participer, comme lui, à cette conférence pour montrer que le monde n'a pas peur des "terroristes".
A la diffĂ©rence de janvier, oĂč il Ă©tait "Ă 100% dans la gestion des attentats, le prĂ©sident de la RĂ©publique est dans un entre-deux oĂč il doit gĂ©rer des attentats tragiques et assurer la continuitĂ© de l?exercice de ses fonctions", note le directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de l'Ifop, FrĂ©dĂ©ric Dabi.
Selon lui, M. Hollande fait figure dans cette pĂ©riode d'"omni-prĂ©sident", lĂ oĂč son prĂ©dĂ©cesseur incarnait plutĂŽt "un hyper-prĂ©sident".
Sur le front électoral, l'actuel locataire de l'Elysée bénéficie en tout cas d'un regain de popularité bienvenu pour la majorité, à la veille de l'ouverture officielle de la campagne des régionales (6 et 13 décembre).
Selon des sondages IFOP et BVA, rĂ©alisĂ©s post-attentats, il bondit de 7 Ă 8 points (un peu moins toutefois qu'aprĂšs les attaques de janvier), tandis que d'autres enquĂȘtes montrent une nette amĂ©lioration de son image et une trĂšs large approbation des mesures de l'exĂ©cutif sur une sĂ©curitĂ© renforcĂ©e.
Mais "l'unité nationale", déjà fissurée, pourrait "se fracasser dans la campagne", juge M. Dabi, alors que le Front national continue de progresser dans les intentions de vote.
Par Peter MURPHY - © 2015 AFP
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