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Attentats: plus de 10.000 manifestants "contre la barbarie" Ă  Toulouse

  • PubliĂ© le 21 novembre 2015 Ă  21:34
Des milliers de manifestants Ă  Toulouse le 21 novembre 2015

Dix mille personnes selon la police, 16.

000 selon les organisateurs, ont marché samedi à Toulouse "contre la barbarie et les amalgames", une semaine aprÚs les attentats de Paris.
Les manifestants ont bravé un vent glacial pour défiler à l'appel de syndicats et associations, dont la CGT et la Ligue des droits de l'Homme (LDH), a constaté un journaliste de l'AFP.
Parmi eux marchaient notamment le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (Les Républicains), le président sortant du conseil régional Midi-Pyrénées Martin Malvy (PS) et les candidats à sa succession Carole Delga (PS), Dominique Reynié (LR) et Gérard Onesta (EELV).
La marche se voulait apolitique, mais plusieurs personnes ont quitté le cortÚge en dénonçant la récupération d'un mouvement de la société civile, dénonçant notamment la présence d'une banderole "contre l'état d'urgence", qui n'était pas signée.
"On ne peut jamais ĂȘtre complĂštement apolitique. Nous avons fait en sorte qu'il n'y ait pas de responsables politiques en tĂȘte du cortĂšge", a expliquĂ© Ă  l'AFP Bernard Dedeban, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral pour la Haute-Garonne du syndicat FSU, Ă  l'origine de la marche avec la CGT, Solidaires et la LDH.
Le cortĂšge ne comportait aucune banderole ni drapeaux de partis ou syndicats. Seuls des autocollants CGT, Solidaires ou PCF recouvraient les poitrines de plusieurs manifestants. La banderole de tĂȘte, "pour les libertĂ©s et la paix, contre la barbarie et les amalgames", ne portait pas non plus d'appartenance politique ou syndicale.
La présence remarquée d'un groupe de sympathisants de la cause kurde, les seuls à porter des drapeaux (aux couleurs du Kurdistan), a ainsi suscité les critiques. "Le Kurdistan, on s'en fout", a hurlé un manifestant, rapidement calmé par le service d'ordre des syndicats, présent en nombre aux cÎtés de policiers plus discrets.
Le cortÚge, qui a longé le centre-ville, a progressé dans un silence quasi absolu, à l'exception d'une Marseillaise trÚs peu reprise par la foule.
"C'est un silence de recueillement, mais aussi de détermination", a déclaré M. Dedeban. "Cette marche est là pour essayer de faire face à la peur légitime, avec la dignité requise", a-t-il ajouté.
Sur une camionnette des syndicats, on pouvait lire la cĂ©lĂšbre citation de Jacques PrĂ©vert: "Quelle connerie la guerre!". D'autres Toulousains brandissaient des pancartes proclamant: "ExtrĂ©miste n'est pas musulman", "LibertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©" ou encore "Personne ne peut ĂȘtre en paix tant qu'il n'est pas libre".
Au milieu de la foule, Lisa, 8 ans, brandissait un petit panneau "LibertĂ©". "Être libre, c'est pouvoir danser, faire du théùtre, aller au cinĂ©ma, sans se faire attaquer", raconte-t-elle, aux cĂŽtĂ©s de sa mĂšre Isabelle Gauthier, 41 ans, qui dit dĂ©filer "pour la libertĂ© de chacun".
La mobilisation toulousaine n'était pas comparable à celle du samedi 10 janvier, qui avait suivi les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher. Ce rassemblement-là avait réuni plus de 100.000 personnes dans la Ville rose.
Samedi, d'autres manifestations, de moindre importance que le rassemblement toulousain, ont Ă©tĂ© organisĂ©es en France, notamment Ă  Nantes, oĂč jusqu'Ă  2.000 personnes, selon la police, ont dĂ©filĂ© autour d'une banderole disant "Vivre ensemble libres, Ă©gaux et solidaires", dont la maire Johanna Rolland (PS).

Par Stephanie AGLIETTI - © 2015 AFP
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