Coups de feu

Au meeting de Trump, panique et priĂšres quand les tirs retentissent

  • PubliĂ© le 14 juillet 2024 Ă  07:33
Des partisans de Donald Trump aprĂšs des tirs Ă  Butler, Pennsylvanie, le 13 juillet 2024

Des coups de feu retentissent. Des cris de terreur fusent. Des spectateurs se jettent à terre. Les agents du Secret Service se ruent pour protéger Donald Trump, l'ancien président que la foule a attendu des heures durant sous un soleil de plomb.

Le pupitre duquel s'exprimait quelques secondes auparavant le candidat républicain à la présidentielle de novembre tangue.

L'assistance venue écouter le meeting de campagne du magnat de l'immobilier à Butler, en Pennsylvanie, crie son horreur tandis que les agents du service de protection des présidents et anciens présidents américains relÚvent l'ancien président tout en le couvrant de leur corps.

Donald Trump, 78 ans, semble hĂ©bĂ©tĂ©. Il a perdu sa casquette rouge mais cela ne l'empĂȘche pas de lever le poing en signe de dĂ©fi avant que les agents ne l'emmĂšnent jusqu'Ă  un imposant vĂ©hicule noir.

Un agent revĂȘtu d'un casque de protection, arme Ă  la main, scrute la foule.

"USA, USA" scandent les spectateurs alors qu'un Donald Trump au pas hésitant, le poing toujours levé, descend les quelques marches qui le conduisent de l'estrade à un SUV. Les gardes forment une haie humaine pour le protéger.

"Ils ne t'auront pas!", s'écrie un homme dans la foule.

Erin Autenreith, 66 ans, raconte qu'elle était "assise au milieu du premier rang".

"J'étais pile devant lui".

- Des pĂ©tards de fĂȘte nationale -

"J'Ă©tais dans tous mes Ă©tats. Je le regardais. Puis j'ai entendu des dĂ©tonations. On aurait dit un truc du 4 juillet, (la fĂȘte nationale amĂ©ricaine), pan, pan, pan".

"Mais quand ils ont tous sauté sur l'estrade, qu'il l'ont entouré et fait tomber, c'est là qu'on s'est rendu compte que c'était vraiment des tirs".

"Puis d'autres gens sont arrivés et ils ont fait évacuer la zone", poursuit cette femme qui aurait dû assister là à son sixiÚme meeting de Donald Trump.

"Ils se parlaient entre eux. "+A gauche, c'est bon. A droite, c'est bon+. Puis ils l'ont relevé. Et il a dit, +laissez-moi prendre mes chaussures+".

D'aprÚs son récit, ces mots sont les premiers prononcés par l'ancien président aprÚs les tirs. "Et j'ai vu sur sa joue, du cÎté droit, j'ai vu un peu de sang", poursuit-elle. "Il s'est tourné et j'ai pu voir que ça venait de l'oreille. Et puis il a levé le poing".

Donald Trump a expliqué ensuite sur son réseau Truth Social qu'il avait été "touché par une balle qui a transpercé le haut de (son) oreille".

A mesure que les gens se sont rendus compte de l'énormité des événements, la colÚre a grondé. Des partisans du candidat républicain ont insulté les médias, bien visibles au milieu du site.

-"On y va" -

"C’est ça que vous vouliez, hein", lance un homme qui refuse de s'identifier.

Des dizaines de personnes ont fait des doigts d'honneur en direction de l'endroit d'oĂč semblent ĂȘtre provenus les tirs.

Le tireur se trouvait en dehors de l'enceinte oĂč Ă©tait organisĂ© le rassemblement, a prĂ©cisĂ© le procureur Richard Goldinger.

"Allez on y va, on y va", hurle un membre du Secret Service alors que les autorités tentent d'évaluer les milliers de spectateurs.

"C'est une scÚne de crime", ajoute un autre. Un hélicoptÚre des forces de l'ordre survole le site et un véhicule siglé du mot "explosifs" traverse la foule.

D'autres s'en prennent aux organisateurs à qui ils reprochent des failles dans la sécurité.

"Une chouette façon d'organiser un périmÚtre", ironise une femme.

Une autre spectatrice pleure, inconsolable, s'enquérant de l'état de santé de l'ancien président.

Des trumpistes sont agenouillés et prient.

"Quand ils l'ont relevé, j'avais l'impression qu'ils voulaient l'évacuer le plus vite possible et que lui voulait rester, il a levé le poing pour que le monde le voit", s'exclame Blake Marnell, commercial de 59 ans, qui était assis au premier rang.

"C'est un jour incroyablement triste", poursuit cet homme qui se présente aux meetings de Donald Trump en costume caractéristique, à l'imprimé qui imite les briques rouges censées symboliser le mur antimigrants cher à l'ancien président.


AFP

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