Par des talibans

Au moins 9 morts dans l'attaque d'une école au Pakistan

  • PubliĂ© le 1 dĂ©cembre 2017 Ă  16:04
  • ActualisĂ© le 1 dĂ©cembre 2017 Ă  17:01
Sur le site d'une attaque de talibans pakistanais contre un centre de formation agricole à Peshawar, le 1er décembre 2017

Au moins neuf personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi lors d'une attaque de talibans pakistanais contre un centre de formation agricole dans le nord-ouest du Pakistan, alors que le pays célébrait le jour anniversaire de la naissance du prophÚte Mahomet.


ArrivĂ©s en rickshaw, des assaillants revĂȘtus de burqas, ont ouvert le feu aux portes de l'Ă©tablissement, blessant un garde, avant de faire irruption dans les locaux. L'attaque a Ă©tĂ© revendiquĂ©e par les talibans pakistanais (TTP). Selon le chef de la police de Peshawar, Muhammad Tahir Khan, trois assaillants ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Ils avaient pris pour cible une rĂ©sidence Ă©tudiante, a indiquĂ© Salahuddin Khan Mehsud, le chef de la police provinciale, lors d'une confĂ©rence de presse.

"Tous portaient des gilets d'explosifs mais ils ont été tués avant d'avoir pu les déclencher", a-t-il ajouté, précisant que six étudiants, un garde de sécurité et deux civils figurent parmi les victimes. "Les trois terroristes sont morts et nous essayons d'identifier un 4Úme corps", a indiqué le chef de la police provinciale.

Du sang maculait le couloir du dortoir oĂč des Ă©tudiants s'Ă©taient trouvĂ©s pris au piĂšge, victimes de tirs et de grenades lancĂ©es par les assaillants, a constatĂ© un journaliste de l'AFP. "Certains Ă©tudiants sont sortis pour observer les Ă©changes de tirs et ils ont Ă©tĂ© abattus par les insurgĂ©s", a dĂ©clarĂ© Zahid Ullah, un adolescent de 16 ans, Ă  l'AFP.

Noor Wali, étudiant de 19 ans, a décrit la terreur qui s'est emparée de lui lorsqu'il a été réveillé par des tirs. "Je me suis précipité vers la porte et j'ai vu une fontaine de sang jaillir de l'épaule de mon camarade de chambre, qui se tenait à l'extérieur de la piÚce", a-t-il déclaré à l'AFP.

Avec un autre Ă©tudiant, ils se sont ruĂ©s Ă  sa rescousse puis se sont cachĂ©s pendant prĂšs d'une heure avant d'ĂȘtre secourus par les forces de sĂ©curitĂ©. "L'autre Ă©tudiant appuyait sur la blessure avec les mains pour empĂȘcher les saignements et j'ai dĂ» lui mettre la main sur la bouche pour l'empĂȘcher de crier", a-t-il poursuivi.

"On s'est abrité dans la chambre et on suppliait le blessé de ne pas faire de bruit pour ne pas que les terroristes nous entendent et nous tuent". Les porte-parole de deux hÎpitaux de Peshawar ont indiqué avoir reçu les dépouilles de neuf personnes et avoir accueilli 38 blessés, dont plusieurs dans un état critique.

- Tension dans le pays -

Un porte-parole du mouvement Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), Muhammad Khurasani, a revendiqué l'attaque dans un appel téléphonique à l'AFP. "Nos moudjahidine ont attaqué le bùtiment car il servait de bureau pour l'ISI (services de renseignements pakistanais), si Dieu le veut, nos combattants vont se battre jusqu'à la derniÚre goutte de sang", a-t-il déclaré.

En décembre 2014, une précédente attaque des talibans contre une école de Peshawar dirigée par l'armée avait fait 151 morts, surtout des élÚves. Ce nouvel attentat survient alors que la sécurité a été renforcée dans tout le pays pour l'anniversaire de la naissance du prophÚte Mahomet.

Selon un responsable du ministÚre de l'Intérieur, interrogé par l'AFP, les réseaux de téléphonie mobile ont été suspendus dans plusieurs villes au Pakistan pour des raisons de sécurité. Le Pakistan est actuellement sous tension aprÚs un long bras-de-fer entre les autorités et un groupe de manifestants islamistes aux portes d'Islamabad.

Les protestataires ont bloqué la principale voie d'accÚs à la capitale pendant trois semaines pour exiger la démission du ministre de la Justice. Ils l'ont obtenue lundi, suite à un accord négocié avec l'aide de l'armée et qui a laissé le gouvernement politiquement trÚs affaibli. Des affrontements avec les forces de l'ordre samedi avaient fait sept morts et des centaines de blessés.


AFP

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