Des supporters étrangers refroidis par les prix, d'autres privés de visas et un public local plus mobilisé par le basket: le Mondial-2026 débute sans grand enthousiasme aux Etats-Unis vendredi.
Au lendemain du coup d'envoi festif de la compĂ©tition Ă Mexico, les Etats-Unis entrent en lice contre le Paraguay Ă Los Angeles (samedi 03h00 GMT). Un match que risquent de snober nombre d'AmĂ©ricains, peu adeptes du "soccer" - comme ils appellent le football - Ă commencer par Donald Trump lui-mĂȘme.
Le président n'a pas fait le déplacement, comme c'est la coutume, et est représenté par le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.
Interrogé début mai sur le prix des billets, jugé exorbitant par de nombreux fans, Donald Trump avait répondu que, s'il était un simple supporter, il ne paierait pas non plus les plus de 1.000 dollars que coûte ce match.
Arvin Baines, Londonien de 26 ans rencontré par l'AFP à Washington, partage ce point de vue.
Lui et ses amis avaient réservé leurs billets d'avion pour les Etats-Unis l'été dernier, avant la mise en vente des billets de match. Ceux-ci s'étant révélés trop chers, ils espÚrent racheter des tickets à moindre coût en derniÚre minute auprÚs d'autres supporters.
"Beaucoup de fans que nous connaissons ont décidé de ne pas voyager à cause des prix" des billets et des déplacements aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, dit-il.
- "Pas normal" -
Croisés dans le New Jersey, prÚs du stade de la finale, Thomas Shaw, 40 ans, et son fils de 10 ans assisteront au premier match de l'Ecosse samedi à Boston. Ils ont acheté leurs billets grùce à des points de fidélité décrochés au sein d'un groupe de supporters. Mais "c'était trop cher de venir pour les trois matches", poursuit le pÚre.
"J'ai des amis qui ont essayĂ© d'avoir des billets via les loteries et qui n'en ont pas obtenu, certains ont payĂ© des fortunes sur le marchĂ© de la revente. Je ne trouve pas ça normal. Le football est censĂ© ĂȘtre pour les supporters", dĂ©plore-t-il.
La CÎte d'Ivoire et le Sénégal, de leur cÎté, joueront pour la premiÚre fois sans délégations de fans venues de ces pays, faute de visas.
"Les supporters ont renoncĂ© au voyage parce que l'Ătat amĂ©ricain ne veut pas voir des supporters de certains pays, dont la CĂŽte d'Ivoire, sur son sol", peste Julien Kouadio Adonis, prĂ©sident du ComitĂ© national des supporters des ElĂ©phants (CNSE), qui espĂ©rait en mars envoyer 500 personnes outre-Atlantique.
- "ComplĂštement dingue" -
Alors que le prĂ©cĂ©dent Mondial aux Etats-Unis, en 1994, avait Ă©tĂ© un succĂšs populaire, les AmĂ©ricains ne semblent pour l'heure pas trĂšs concernĂ©s par cette Ă©dition 2026. A l'image de New York oĂč les maillots des Knicks, l'Ă©quipe locale de basket qui est Ă une victoire du titre en NBA, sont nettement plus rĂ©pandus que les maillots de foot.
"L'excitation porte surtout sur les Knicks en ce moment, mais (...) Ă partir du moment oĂč les Ătats-Unis vont jouer, et ensuite les grandes Ă©quipes, New York va devenir complĂštement dingue", prĂ©dit toutefois Vanessa Whalen, propriĂ©taire d'un pub dans la pure tradition anglaise Ă Brooklyn, le Black Bull.
Dans le quartier animĂ© de Westport Ă Kansas City, camp de base de l'Argentine et de l'Angleterre, le Tin Roof a Ă©tĂ© le seul bar Ă diffuser le match de prĂ©paration des Argentins face Ă l'Islande mardi, sans susciter beaucoup d'intĂ©rĂȘt parmi les habituĂ©s.
"Nous n'avons en général pas de matches de foot à la télévision. Mais nous nous attendons à un nombre de clients bien supérieur que d'habitude lors des prochaines semaines", a assuré une serveuse, Gabrielle McLoughlin. "Nous aurons plein de soirées spéciales."
AFP



