Une victoire sur ses sept derniers matches: Saint-Etienne, 6e de Ligue 1, tentera de se relancer vendredi à Lille (19h00) en match de la 13e journée, avec son nouvel entraßneur Julien Sablé qui remplace Oscar Garcia, démissionnaire cette semaine, en misant avant tout sur ses forces vives.
. Sablé, un homme de Romeyer
Préféré à Laurent Battles, ancien meneur de jeu du club et actuel entraßneur de l'équipe B (N3, 5e div.), Julien Sablé (37 ans) a porté les couleurs de l'ASSE de 1998 à 2007, et était directeur du centre de formation depuis le 2 juin dernier. C'est un homme du président du directoire, Roland Romeyer, lequel confirme "que ce n'est pas un intérim".
"C'est clair et précis. Il est l'entraßneur de l'AS Saint-Etienne. Le pilote, c'est Julien", a-t-il affirmé jeudi en conférence de presse.
Toutefois, les prochains matches contre Lille, Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Marseille et Monaco vont donner la tendance vers un redressement comptable ou sur la poursuite d'une courbe descendante.
Avec lui, Romeyer aimerait réussir le pari gagné en 2009 quand il avait soutenu de maniÚre indéfectible Christophe Galtier alors que Bernard Caïazzo envisageait d'autres options plus médiatiques.
Mais par rapport à Galtier, longtemps adjoint de techniciens expérimentés, Sablé n'a qu'un vécu limité comme entraßneur en U15 (2014-2015) et avec l'équipe réserve (N3, 2015-2016). "Je ne pouvais pas refuser et je n'ai pas hésité. Je suis au service du club", a-t-il commenté.
. Garcia, trop étranger à 'l'identité du club'
Cette solution locale tranche avec le prĂ©dĂ©cesseur de SablĂ©, Oscar Garcia. Successeur de Christophe Galtier (entraĂźneur de dĂ©cembre 2009-2017), l'ancien joueur de Barcelone a peut-ĂȘtre endossĂ© Ă l'ASSE, un costume trop large pour lui aprĂšs avoir suivi un parcours de technicien plutĂŽt modeste malgrĂ© une derniĂšre expĂ©rience rĂ©ussie en Autriche, avec le Red Bull Salzbourg.
Etranger au contexte local, il n'a pas cerné "l'identité trÚs forte du club, l'implication des supporters et notamment l'importance du derby (perdu 5-0 à domicile, le 5 novembre)" reconnaßt Roland Romeyer.
A tel point qu'il avait mĂȘme proposĂ© au Lyonnais Eric Abidal, ancien dĂ©fenseur de l'OL et Barcelone, de venir avec lui pour occuper un poste d'entraĂźneur-adjoint chez les Verts...
. Romeyer, président omnipotent
L'échec de Garcia est-il aussi celui de l'organisation du club? A Saint-Etienne, deux actionnaires dirigent le club de maniÚre opérationnelle depuis 2009 : Bernard Caïazzo (63 ans), président du conseil de surveillance et Roland Romeyer (72 ans), celui du directoire.
Ce dernier, qui travaille quotidiennement au centre d'entraßnement de l'Etrat a placé des hommes à lui à des postes clé comme Gérard Fernandez (70 ans), responsable du recrutement des jeunes.
De son cÎté, David Wantier (44 ans), ancien agent de joueurs, dirige, depuis 2015, la cellule de recrutement des professionnels. Son action est vivement critiquée et marquée par plusieurs échecs depuis deux ans sur le marché des transferts.
Le départ de Stéphane Teyssier, ancien directeur général, proche de Christophe Galtier, en septembre 2015 a eu un impact négatif d'autant qu'il n'a pas été remplacé. C'est Romeyer qui cumule depuis la fonction de président et de directeur général.
"Je ne me pose pas de questions sur le fonctionnement du club mis en place depuis 2010. Je ne changerai pas. Nous avons progressé au plan des structures mais aussi financiÚrement. Une stabilité s'était instaurée et je continuerai", a toutefois souligné Romeyer ce dernier.
. Lille premier objectif
"Je suis content des joueurs que j'ai", assure quant à lui Julien Sablé, alors que la valeur du recrutement est sévÚrement critiqué.
Il sera intéressant de voir le premier onze de départ du nouvel entraßneur alors qu'Oscar Garcia n'avait aligné aucune recrue pour le derby.
Selon Roland Romeyer, il n'y a pas d'objectif particulier si ce n'est d'améliorer la qualité de jeu et promouvoir les jeunes. "Il n'y a pas de pression compte tenu de la période de transition que nous mettons en place", a-t-il assuré.
"Nous ne sommes pas dans la situation connue en 2009 oĂč nous Ă©tions au bord de la relĂ©gation et la faillite financiĂšre", a rappelĂ© Romeyer. Mais Julien SablĂ© n'a pas non plus une Ă©norme marge de man?uvre.
Par Jordane BERTRAND - © 2017 AFP

