Emmanuel Macron s'est offert un long bain de foule, lundi sur la place du Capitole Ă Toulouse, oĂč s'Ă©taient rassemblĂ©es plusieurs milliers de personnes, passant plus de trois quarts d'heure Ă serrer des mains, a constatĂ© une journaliste de l'AFP.
A quelques centaines de mÚtres de là , entre 300 à 400 personnes, selon la préfecture, 2.000 personnes, selon la CGT, ont manifesté contre sa politique du logement.
La rencontre du prĂ©sident avec le public n'Ă©tait pas prĂ©vue au programme de sa matinĂ©e dans la Ville rose, oĂč il devait prĂ©senter le volet social de sa rĂ©forme du logement lors d'une table ronde Ă la mairie.
AprÚs une longue visite dans un centre d'hébergement pour mÚres isolées, le président, déjà trÚs en retard sur son programme, a décidé d'aller au contact de la population, à la veille d'une mobilisation contre sa réforme du Code du travail.
Ente 12h30 et 13h20, il a fait le tour de la vaste place pour saluer la foule maintenue derriÚre les barriÚres de sécurité. Parmi la foule figuraient des militants d'En Marche !, le comité local du mouvement ayant appelé ses adhérents à venir afficher leur soutien.
"Ne lùchez rien", "merci", lui ont répété les badauds. "N'ayez pas peur du peuple", lui a lancé un jeune homme.
Aux quelques critiques contre son mot de "fainéants" et la gestion de la crise aux Antilles, le président a répondu pied à pied.
"Mon combat est pour les gens qui n'ont pas de travail, qui veulent rentrer dans le travail et la stabilité, et pour les jeunes. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Il ne faut pas me faire dire ce que je ne dis pas", a-t-il répondu à une remarque contre sa phrase sur les "fainéants".
A une jeune Antillaise qui lui demandait de "démontrer que nous ne sommes pas qu'une terre de vacances", il a répondu que 400 policiers et gendarmes avaient été déployés avant l'ouragan Irma et "dÚs hier soir 400 de plus". "L'investissement est complet et la reconstruction le sera, rassurez-vous", a-t-il promis.
Pendant la matinée, il a passé plus de deux heures dans un centre d'hébergement du centre ville, prenant le temps de discuter trÚs longuement avec les résidents.
En arrivant sur place vers 10H00, dĂ©rogeant Ă son habitude, le chef de l?Ătat a longuement rĂ©pondu Ă un journaliste qui lui demandait s'il regrettait d'avoir employĂ© le mot de fainĂ©ants. "Absolument pas", a-t-il rĂ©torquĂ©.
"Je ne l'ai pas fait avec l'esprit de polémique", "les gens ont tort de déformer pour créer de fausses polémiques".
Du cÎté des opposants à sa politique, réunis devant le Monument aux morts, la CGT, Solidaires, FSU, NPA mais aussi les étudiants de l'UNEF ont déployé une grande banderole "Front social. S'unir et lutter pour ne plus subir et pour gagner", ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Je suis lĂ pour +faire la fĂȘte+ Ă Macron", a lancĂ© Sabine, 71 ans, remontĂ© contre un prĂ©sident qui "dĂ©molit la SĂ©cu". "C'est vraiment le prĂ©sident des riches, des banques", a-t-elle estimĂ©.
A ses cÎtés, Tibo, 26 ans, a acquiescé: "Lui, son gouvernement et ses députés sont illégitimes. Ils ont été élus avec une abstention record".
D'autres banderoles ou affichettes ont Ă©tĂ© brandies comme "PrĂ©sident ratĂ©", ou "Rien n'est bon dans le Macron sauf pour les patrons", "ni fainĂ©antes ni cyniques ni extrĂȘmes mais citoyennes rĂ©voltĂ©es" ou encore: "Ăa sent le Gattaz".
Par Jennie MATTHEW - © 2017 AFP


