François Bayrou sera-t-il censuré sur son projet de budget à 44 milliards d'euros d'économies ? La grande explication de rentrée débute lundi par une conférence de presse du Premier ministre, sur fond d'appels à bloquer la France le 10 septembre.
M. Bayrou s'exprimera lundi Ă 16h00 (18h Ă La RĂ©union) depuis des locaux gouvernementaux de l'avenue de SĂ©gur (7e arrondissement de Paris) oĂč il a dĂ©jĂ tenu deux confĂ©rences de presse consacrĂ©es au budget, en avril et le 15 juillet.
Depuis cette date, et l'annonce de 43,8 milliards d'euros d'économies via de nombreuses mesures --année blanche fiscale, gel des pensions et prestations sociales, suppression de deux jours fériés à laquelle s'opposent 84% des Français selon un sondage Odoxa pour Le Parisien--, le Premier ministre fait face à une menace de censure brandie par la gauche et le Rassemblement national.
Il doit aussi affronter des appels à bloquer le pays le 10 septembre, nés sur les réseaux sociaux et les messageries, et soutenus par la France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, qui a dit espérer "la grÚve générale".
Les écologistes et les communistes soutiennent également cet appel, que le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a dit vouloir "accompagner".
Circonspects face à ce mouvement "nébuleux" (Sophie Binet, CGT), qui évoque la crise des "gilets jaunes", les syndicats de salariés, opposés au budget Bayrou comme au projet gouvernemental de réformer à nouveau l'assurance-chÎmage, réfléchissent à leurs moyens d'action, avant une intersyndicale prévue le 1er septembre.
Sans attendre, plusieurs unions départementales et fédérations de la CGT et de Solidaires -SUD Rail et Sud Industrie-- ont prévu de se mobiliser le 10 septembre.
"Tout le monde a le droit de protester, mais je ne crois pas que, devant une telle crise, la rĂ©ponse des Français puisse ĂȘtre de bloquer le pays", a jugĂ© M. Bayrou dans des propos rapportĂ©s par la Tribune Dimanche.
AprÚs l'expérience de Michel Barnier, Premier ministre renversé au bout de trois mois, François Bayrou "ne veut pas subir la rentrée". "Il ne va pas attendre qu'on le censure comme ça. Sans essayer de trouver des voies, des chemins, de réaffirmer un certain nombre de choses", explique un proche du Premier ministre.
-"Prise de conscience"-
Si les quelque 44 milliards d'Ă©conomies sont "intangibles", "les mesures peuvent toutes ĂȘtre discutĂ©es. J'ai dit que j'Ă©tais prĂȘt Ă entendre d'autres propositions; sur les jours fĂ©riĂ©s, par exemple, peut-ĂȘtre d'autres dates sont-elles possibles. Mais la seule chose pour moi qui n'est pas possible, c'est qu'on renonce Ă la prise de conscience et Ă la volontĂ© de sortir du piĂšge infernal dans lequel nous sommes, celui du surendettement", a rĂ©cemment insistĂ© M. Bayrou auprĂšs de l'AFP.
Le Premier ministre, qui a été reçu par Emmanuel Macron jeudi à Brégançon (Var), est notamment attendu sur les contours de la "contribution des plus fortunés" évoquée le 15 juillet.
Il est "prĂȘt Ă bouger" sur le sujet, assure un de ses soutiens, alors que des membres du MoDem rappellent leur opposition Ă la suppression de l'ISF en 2017.
Suffisant pour s'entendre avec le PS ? "En l'état, rien ne va et c'est la censure assurée", a réaffirmé dimanche le député Arthur Delaporte, ajoutant que les socialistes présenteraient des "propositions alternatives" dans les "prochains jours".
François Bayrou s'exprimera mardi à l'évÚnement de rentrée de la CFDT, puis jeudi à celui du Medef. Il doit se rendre vendredi à la Foire de Chùlons-en-Champagne (Marne).
Avant la reprise des travaux parlementaires prĂ©vue le 22 septembre, les rentrĂ©es politiques se poursuivent cette semaine. AprĂšs les Ă©cologistes, communistes et LFI ce weekend, le PS rĂ©unit ses troupes de jeudi Ă samedi Ă Blois. De nombreuses personnalitĂ©s --Ădouard Philippe, Bernard Cazeneuve, Bruno Retailleau...-- s'exprimeront lors de l'UniversitĂ© d'Ă©tĂ© du Laboratoire de la RĂ©publique prĂ©sidĂ© par l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer.
GĂ©rald Darmanin organise sa rentrĂ©e le weekend prochain, de mĂȘme quâĂric Ciotti, Laurent Wauquiez, David Lisnard, les centristes de l'UDI ou encore le parti ReconquĂȘte dâĂric Zemmour.
Les Républicains et leur nouveau président, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, se réuniront les 6 et 7 septembre. En attendant, la ministre Rachida Dati a confirmé sa candidature pour l'élection législative partielle à Paris (21 septembre), alors que le parti a investi Michel Barnier.
AFP



