Soucieuse d'un accord

Bello décline "l'offre" pour Matignon, le Nouveau front populaire sous pression

  • PubliĂ© le 14 juillet 2024 Ă  15:52
  • ActualisĂ© le 14 juillet 2024 Ă  16:28
L'actuelle présidente de la région Réunion Huguette Bello lors d'un meeting LFI à Villepinte, le 16 mars 2024 en Seine-Saint-Denis

Huguette Bello, présidente de la région La Réunion, a décliné dimanche "l'offre" de devenir PremiÚre ministre au nom du Nouveau Front populaire (NFP), mettant fin à 48 heures de spéculations qui ont aggravé les tensions au sein de la gauche, alors que LFI réunit ses instances dimanche.

Ce nouvel Ă©pisode des tractations fait dĂ©sordre alors que le NFP, arrivĂ© en tĂȘte au second tour des lĂ©gislatives, revendique de former le gouvernement, ce que refuse Emmanuel Macron, pour qui "personne ne l'a emportĂ©" dimanche dernier.

Le chef de l’État entend temporiser, peut-ĂȘtre mĂȘme jusqu'Ă  l'issue des Jeux olympiques (26 juillet - 11 aoĂ»t), dans l'espoir de rĂ©unir une coalition alternative.

Le nom de Mme Bello avait été suggéré mercredi soir par Fabien Roussel, le secrétaire national d'un Parti communiste auprÚs duquel elle a siégé pendant 23 ans à l'Assemblée. Il avait reçu le soutien de La France insoumise, dont la Réunionnaise est proche, au point d'avoir figuré sur la liste de Manon Aubry aux européennes.

Mais le Conseil national du Parti socialiste réuni samedi soir n'a pas appuyé l'idée. "Aucun nom fait consensus", a déclaré à l'issue son secrétaire général, Pierre Jouvet, à l'AFP.

L'intéressée a pris les devants et jeté l'éponge dimanche. Dans un communiqué, Mme Bello dit "prendre acte" que sa candidature "ne fait pas l'objet d'un consensus entre toutes les composantes du Nouveau Front Populaire, et notamment qu'elle n'est pas soutenue par le Parti Socialiste".

"Dans ces conditions et soucieuse d'un accord rapide au sein du NFP, j'ai décidé de décliner sans plus attendre l'offre qui m'a été faite", a-t-elle ajouté.

Le renoncement de Mme Bello, "c'est le résultat du manque de clarté de plusieurs forces au sein du Nouveau Front populaire dans le soutien à cette proposition", a regretté dans la foulée Fabien Roussel.

Le patron du PCF "demande une réunion aux chefs de partis au plus vite pour sortir par le haut de la situation de blocage actuelle". Et "appelle les forces du Nouveau front populaire à entendre" le "message" de Mme Bello: "garantir l'unité du NFP est indispensable".

-Le PS critiqué-

Mais avant cette réunion au sommet, La France insoumise réunit ses instances par visioconférence dimanche midi pour "analyser la signification des blocages constants du Parti socialiste contre toute candidature que celle de son premier secrétaire, Olivier Faure".

"Nous attendions de comprendre quels arguments politiques" le PS "opposait à la candidature de Mme Bello, nous n'en avons eu aucun", a insisté la députée LFI Clémence Guetté dimanche sur France Inter.

Pour les Écologistes, Marine Tondelier a expliquĂ© dimanche sur la mĂȘme antenne que son parti avait accueilli l'hypothĂšse Bello "avec beaucoup de bienveillance" et "d'enthousiasme". Les Verts souhaitaient nĂ©anmoins pouvoir la rencontrer "pour pouvoir dĂ©fendre sa candidature".

"Le problĂšme que j'ai eu avec le PS, c'est qu'ils n'ont mis qu'un nom sur la table, Olivier Faure, dont par ailleurs je pense beaucoup de bien sur plein d'aspects. (...) Les Insoumis, quelque part, avaient fait plus de pas dans la discussion" et "il faut maintenant que les autres fassent d'autres pas", a ajoutĂ© la secrĂ©taire nationale des Écologistes.

"J'ai dit que j'Ă©tais prĂȘt Ă  exercer cette fonction dans le dialogue et le respect de mes partenaires mais (...) j'ai dĂ©jĂ  suggĂ©rĂ© d'autres noms", a de son cĂŽtĂ© affirmĂ© Olivier Faure au Parisien.

"Autour du 18 juillet, nous devons avoir trouvé un candidat ou une candidate", explique le patron du PS, évoquant la date de la réunion de la nouvelle Assemblée et l'élection de son nouveau président.

Du cĂŽtĂ© des macronistes, l'heure est Ă  l'entente avec la droite afin de supplanter le NFP. Édouard Philippe a appelĂ© Ă  un "accord technique" avec Les RĂ©publicains (LR). Plusieurs figures de LR ont demandĂ© la nomination d'un Premier ministre de leur parti. Le nouveau prĂ©sident du groupe, Laurent Wauquiez, a parlĂ© d'un "pacte lĂ©gislatif", sans participation au gouvernement.

Dans le JDD, François Bayrou a dit ne pas croire "au succÚs" de la "stratégie" présidentielle de temporisation: à Emmanuel Macron de nommer le chef de gouvernement, et pas aux "combinaisons de partis".

M. Macron "ne peut pas jouer avec le feu, il ne peut pas jouer avec la démocratie, il doit reconnaßtre le résultat des élections et nous appeler, et nous trouverons des solutions", a protesté dimanche Marine Tondelier.


AFP

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