Renommer Wendie Renard capitaine des Bleus, quatre ans aprÚs lui avoir retiré le brassard, est un "acte fort" pour Corinne Diacre, sélectionneuse soucieuse de "regarder vers l'avant et pas dans le rétro", a-t-elle expliqué jeudi depuis Patras aux médias présents, dont l'AFP.
Q: Vous voilà en GrÚce pour débuter vendredi votre campagne de qualification à la Coupe du monde...
R: "J'ai d'abord une annonce à vous faire. La capitaine de l'équipe de France à partir de demain et jusqu'à l'Euro sera Wendie (Renard)."
Q: C'est donc un retour Ă un ancien capitanatâŠ
R: "On continue notre marche en avant. C'est quelque chose qu'on mĂ»rit depuis longtemps avec mes deux adjoints Anthony (Grech-Angelini) et Gilles (Fouache). On pense d'abord Ă l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, Ă l'Ă©quipe. Cette nouvelle a Ă©tĂ© annoncĂ©e et acceptĂ©e par tout le monde de maniĂšre top. Les vice-capitaines d'abord (Torrent, Bilbault, Tounkara, ndlr) puis par tout le monde. On continue notre marche en avant."
Q: Comment lui avez-vous annoncé la nouvelle ?
R: "On s'est vu lundi, je lui ai proposé. Ensuite, elle a pris un petit temps de réflexion qui n'a pas été trÚs long. C'est plutÎt bien. On a échangé, on a eu une discussion trÚs bien, trÚs posée. Je ne sais pas comment dire⊠Naturelle."
Q: Pourquoi avoir changé d'avis à son sujet, aprÚs lui avoir enlevé le brassard peu aprÚs votre arrivée en 2017 ?
R: "Toutes les petites choses que je lui avais Ă©noncĂ©es sur le pourquoi je lui avais enlevĂ© n'existent plus. Aujourd'hui, elle est dans son rĂŽle. C'est une cadre. Elle n'a pas changĂ© d'attitude mĂȘme quand elle n'avait pas le brassard. Surtout, ses performances sont trĂšs bonnes aujourd'hui. Ăa en fait une joueuse lĂ©gitime vis-Ă -vis du groupe, de moi-mĂȘme, et de mes adjoints. Les performances de Wendie depuis que je suis arrivĂ©e Ă la tĂȘte de l'Ă©quipe de France sont bonnes, elles sont mĂȘme meilleures puisque quand on vieillit, on a forcĂ©ment un petit peu plus de pĂ©pins physiques ce qui n'est pas forcĂ©ment son cas. Elle a toujours eu des performances en Ă©quipe de France sur lesquels il n'y a rien Ă redire. Elle a cette lĂ©gitimitĂ© auprĂšs du groupe. Et puis il y a ma volontĂ© de mettre un acte derriĂšre mes paroles. A chaque dĂ©but de stage on dit qu'on regarde vers l'avant et pas dans le rĂ©tro. C'Ă©tait l'occasion de mettre un acte fort devant des mots et des paroles qu'on a depuis un moment."
Q: Comment a-t-elle réagi ?
R: "Je vais garder la discussion entre elle et moi, ça nous appartient. Mais je peux vous assurer que l'Ă©change a Ă©tĂ© trĂšs cordial. TrĂšs respectueux. Pour moi, c'est dĂ©jĂ une bonne base. On part sur autre chose, il va nous falloir un petit peu de temps malgrĂ© tout, Ă elle, Ă moi, Ă nous, au groupe. Mais on l'a ce temps, puisqu'on a dix mois pour se prĂ©parer pour l'Euro. Je peux vous assurer que c'Ă©tait quelque chose de trĂšs constructif. Une discussion honnĂȘte, respectueuse."
Q: Renard est une combattante acharnée, elle a l'habitude de soulever des trophées. Aviez-vous besoin de diffuser encore plus ce message au sein du groupe?
R: "Pas que ça. Wendie était capitaine avec mes prédécesseurs et ce n'est pas pour autant que cela a fonctionné. Mais en tout cas aujourd'hui Wendie est légitime, c'est ce qui importe. La nouvelle a été annoncée et surtout acceptée par les filles de maniÚre fluide et limpide. On a un groupe qui vit bien aujourd'hui et qui j'espÚre vivra encore mieux demain. On a cet objectif-là ensemble, on a un groupe qui arrive à maturité, cet amalgame avec la jeunesse qui est trÚs positif. Je leur ai demandé aussi de prendre quelques responsabilités sur la vie de groupe en dehors du terrain."
Q: Avez-vous eu cette discussion avec le président de la Fédération Noël Le Graët, venu mardi à Clairefontaine?
R: "Il n'était pas dans la confidence, je l'ai juste prévenu mardi que j'avais fait la démarche. Il était bien sûr trÚs satisfait, et je l'ai rappelé aprÚs pour lui donner la réponse de Wendie. Et il était doublement heureux!".
AFP


