Difficile de se faire remarquer davantage au moment de retrouver les Bleus: le Lyonnais Nabil Fekir a brillé à Saint-Etienne (5-0) avec un doublé, mais sa célébration provocatrice a entraßné l'envahissement du terrain et une longue interruption du match.
L'attaquant de l'OL, 24 ans, n'a peut-ĂȘtre jamais Ă©tĂ© aussi bon sur le plan sportif. Il l'a montrĂ© dans le chaudron de Geoffroy-Guichard, oĂč les Lyonnais n'avaient plus gagnĂ© depuis novembre 2013, mais son geste, qui laissera une trace dans l'histoire des derbies, a créé la polĂ©mique. AprĂšs son deuxiĂšme but, il a retirĂ© et agitĂ© son maillot sous le nez des supporters stĂ©phanois, un geste Ă la mode, lancĂ© par Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dans le clasico entre le Barça et le Real Madrid ou l'attaquant de l'Inter Mauro Icardi, face Ă l'AC Milan.
Résultat, des fans des Verts ont envahi la pelouse, les CRS sont intervenus et l'arbitre a suspendu la rencontre pendant plus d'une demi-heure, alors qu'une premiÚre interruption de quelques minutes avait eu lieu en début de match à cause de fumigÚnes. Au passage, Fekir a écopé d'un carton jaune et sera automatiquement suspendu au prochain match pour accumulation de cartons. Il s'expose aussi à une sanction complémentaire de la Ligue.
- 'Un peu de piment' -
Bruno Genesio n'a pas caché son agacement aprÚs le geste de son capitaine au micro de Canal +: "Je trouve ça dommage, la réponse c'était de gagner le match, ça ne sert à rien d'en rajouter et de provoquer. On n'aurait pas aimé qu'on (nous) fasse ça. Il faut savoir rester modeste. Il ne faut pas faire de choses comme ça, ce n'est pas bien".
"Peut-ĂȘtre que ce n'est pas un geste Ă faire", a convenu Fekir, tout en expliquant qu'il ne regrettait pas cette cĂ©lĂ©bration. "Ăa a mis un peu de piment au match, mĂȘme si je comprends qu'il n'y avait pas besoin de ça". Pour en revenir au terrain, l'attaquant Ă©tait tout simplement intenable. Il a d'ailleurs Ă©tĂ© ciblĂ© par de nombreuses fautes, dont une grossiĂšre de LĂ©o Lacroix, qui a conduit Ă l'expulsion logique du StĂ©phanois dĂšs la 47e minute de jeu.
Fekir a marqué le but du 2-0 sur une superbe action individuelle, aprÚs un relais avec Bertrand Traoré à la 25e minute et a conclu le score, avant l'envahissement du terrain à la 85e.
Sa performance est à l'image de son excellent début de saison, lancée dÚs la premiÚre journée par un doublé contre Strasbourg (4-0).
Il avait à nouveau fait la Une fin août grùce à un but spectaculaire, un tir tendu de 54 mÚtres, qui avait lobé Benoßt Costil, le gardien de Bordeaux, qu'il va retrouver en équipe de France.
- La blessure -
Au total, en onze titularisations, il a marqué 11 fois en Ligue 1. Et a pris une nouvelle dimension depuis que Genesio lui a confié le brassard.
"Il marque et fait marquer", avait savouré Deschamps en conférence de presse jeudi dernier, en annonçant son retour, alors que le joueur aux neuf sélections avait manqué le précédent rassemblement.
"J'ai toujours dit du bien de lui. J'ai eu Ă le sĂ©lectionner Ă des pĂ©riodes oĂč il Ă©tait peut-ĂȘtre moins performant. Je n'oublie pas non plus qu'il a eu une grave blessure sous le maillot bleu", a expliquĂ© le sĂ©lectionneur, en Ă©voquant la terrible rupture des ligaments croisĂ©s de son attaquant, lors d'un simple match amical contre le Portugal en septembre 2015.
"Sa blessure l'a freinĂ© mais il est revenu Ă un trĂšs, trĂšs bon niveau. A Lyon, c'est le joueur qui fait la diffĂ©rence. Il fait gagner des points mĂȘme s'il n'y a pas que lui", a relevĂ© "DD", en soulignant qu'il s'Ă©tait employĂ© pour convaincre le joueur de choisir l'Ă©quipe de France plutĂŽt que l'AlgĂ©rie.
Deschamps ne va pas manquer de s'exprimer à nouveau sur Fekir lundi, aprÚs cette fameuse célébration. La semaine derniÚre, il avait déjà regretté un geste polémique du Parisien Layvin Kurzawa, un doigt sur la bouche pour faire taire ses détracteurs. "Il peut se passer de ça", avait-il tranché.
AFP
