Relations internationales

Blinken évoque les droits humains au premier jour de sa visite en Arabie saoudite

  • PubliĂ© le 7 juin 2023 Ă  09:36
  • ActualisĂ© le 7 juin 2023 Ă  10:24
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 7 juin 2023 à Jeddah

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'est entretenu dans la nuit de mardi à mercredi à Jeddah avec le prince héritier Mohammed ben Salmane au premier jour de sa visite en Arabie saoudite, et a évoqué les droits humains ainsi qu'une potentielle normalisation des relations entre Ryad et Israël.

Les deux hommes ont eu une "conversation ouverte et sincÚre" et M. Blinken a soulevé auprÚs de Mohammed ben Salmane la question des droits de l'homme "d'une maniÚre générale et concernant des problÚmes spécifiques", a dit un responsable américain sous le couvert de l'anonymat.

La rencontre, qui a dĂ©butĂ© vers minuit heure locale au palais royal et durĂ© une heure et 40 minutes, a permis de trouver un certain nombre de points "de convergence (...) tout en reconnaissant lĂ  oĂč nous avons des diffĂ©rences", a-t-il ajoutĂ©.

"Ils ont discuté d'une potentielle normalisation des relations avec Israël et se sont mis d'accord pour poursuivre le dialogue à cet égard", a encore dit le responsable américain.

- Conflit au Soudan -

Les discussions ont Ă©galement portĂ© sur le conflit au Soudan oĂč les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, mĂ©diateurs, ne parviennent pas Ă  faire respecter plusieurs trĂȘves entre les gĂ©nĂ©raux belligĂ©rants.

Les Etats-Unis se sont dits prĂȘts Ă  reprendre les discussions Ă  Jeddah avec les Ă©missaires des deux camps s'ils sont "sĂ©rieux" dans leur volontĂ© de respecter le cessez-le-feu, qui permettrait d'aider Ă  acheminer l'aide humanitaire.

Depuis le 15 avril, la guerre au Soudan entre l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo a fait plus de 1.800 morts et plus d'un million et demi de déplacés et réfugiés.
MM. Blinken et ben Salmane ont réaffirmé leur "engagement envers la stabilité, la sécurité et la prospérité à travers le Moyen-Orient et au-delà", y compris pour mettre fin au conflit au Yémen, a précisé dans un communiqué le porte-parole du département d'Etat Matthew Miller.

Le secrétaire d'Etat américain était arrivé mardi en fin de journée à Jeddah, sur la mer Rouge, au premier jour d'une visite en Arabie saoudite destinée à réchauffer les relations avec le royaume.
L'allié saoudien, à qui Washington a fourni quantité d'armes, joue un rÎle clé dans la région et les responsables américains ne cachent pas leur volonté de maintenir des liens forts.

- Coalition anti-EI -

AprÚs Jeddah, M. Blinken se rend mercredi à Ryad, pour participer à une réunion des ministres des Affaires étrangÚres du Conseil de coopération du Golfe.

Jeudi, toujours dans la capitale saoudienne, il coprésidera avec son homologue saoudien une réunion de la coalition des pays luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), créée en 2014 et qui regroupe des dizaines de pays.

Cette visite de trois jours survient sur fond de rapprochement historique entre l'Arabie saoudite et deux ennemis des Etats-Unis, l'Iran et la Syrie, amorçant un changement de la donne géopolitique dans la région.

La République islamique, ennemi juré des Etats-Unis et d'Israël depuis des décennies, a d'ailleurs rouvert son ambassade en Arabie saoudite mardi, aprÚs une rupture de sept ans.

Les relations entre Washington et Ryad sont compliquées alors que l'administration de Joe Biden a accusé le riche Etat du Golfe de violations des droits humains et d'influencer les prix du brut.

Des militants des droits de l'homme avaient appelé mardi le chef de la diplomatie américaine à soulever cette question avec les autorités saoudiennes.

Parmi eux, Abdallah Al-Qahtani, un citoyen américain sans nouvelles de son pÚre, Mohammad Al-Qahtani, qui a purgé une peine de 10 ans de prison en Arabie saoudite pour avoir fondé un groupe de défense des droits civiques. M. Blinken "doit évoquer la situation de mon pÚre. Est-il en vie? Est-il torturé? Nous ne savons pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse virtuelle.

Quant à la normalisation avec Israël, le sujet est ultra-sensible et constituerait un nouveau chamboulement dans la région aprÚs le récent rapprochement entre Ryad et Téhéran, sous l'égide de la Chine, mais aussi entre Ryad et Damas, aprÚs des années de froid.

Dans un discours devant le lobby pro-IsraĂ«l AIPAC lundi Ă  Washington, M. Blinken a affirmĂ© que son pays avait "un vrai intĂ©rĂȘt de sĂ©curitĂ© nationale Ă  promouvoir une normalisation entre IsraĂ«l et l'Arabie saoudite".

Ces derniÚres années, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël, rompant avec des décennies de consensus arabe conditionnant l'établissement de relations avec Israël avec la résolution de la question palestinienne.

AFP

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