Grande-Bretagne

Boris Johnson sur la route de Downing Street

  • PubliĂ© le 10 juin 2019 Ă  06:39
  • ActualisĂ© le 10 juin 2019 Ă  08:30
Le député conservateur Boris Johnson, le 30 mai 2019 à Londres

Rien ne semble pouvoir arrĂȘter l'ancien ministre Boris Johnson, partisan convaincu du Brexit, qui fait la course en tĂȘte parmi la dizaine de candidats Ă  la succession de la PremiĂšre ministre britannique Theresa May qui s'enregistreront lundi.

Neuf hommes et deux femmes ont dĂ©jĂ  manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt pour diriger le Parti conservateur, et remplacer Theresa May qui a dĂ©missionnĂ© vendredi de ses fonctions de cheffe du parti, peu avant l'expiration du dĂ©lai pour se mettre en lice.

Le vainqueur accĂšdera du mĂȘme coup Ă  Downing Street, le poste revenant au chef de la formation qui rĂ©unit une majoritĂ© parlementaire suffisante pour gouverner. Il aura la dĂ©licate mission de mener Ă  bien la sortie du Royaume-Uni de l'Union europĂ©enne, ce que Theresa May n'a pas rĂ©ussi, contrainte de repousser au 31 octobre la date du Brexit, initialement prĂ©vue le 29 mars.

Favori des bookmakers et cible des autres candidats qui voient en lui leur principal rival, M. Johnson prĂ©dit aux Britanniques un avenir glorieux au Royaume-Uni hors de l'UE, avec qui il est prĂȘt Ă  un bras de fer dans les nĂ©gociations sur le Brexit. Il menace mĂȘme de ne pas payer la facture du Brexit - un montant Ă©valuĂ© entre 40 et 45 milliards d'euros - si l'UE n'accepte pas de meilleures conditions pour son pays. "Nos amis et partenaires doivent comprendre que l'argent sera conservĂ© jusqu'Ă  ce que nous ayons plus de clartĂ© sur la voie Ă  prendre", a dit "BoJo" dans un entretien au Sunday Times.

En promettant d'ĂȘtre intransigeant avec l'UE et rassembleur dans son pays, Boris Johnson se prĂ©sente comme le seul capable d'empĂȘcher un anĂ©antissement total des conservateurs en s'attaquant Ă  leurs deux adversaires, le parti du Brexit, grand gagnant des europĂ©ennes et le principal parti d'opposition, le Labour.

Le parti tory est en effet en grande difficulté: arrivé à une humiliante cinquiÚme position aux élections européennes fin mai, il n'arriverait, en cas d'élection législative, qu'à la quatriÚme position, avec 18% des voix, indique un sondage Yougov sur les intentions de vote des Britanniques réalisé les 5 et 6 juin.

La survie du parti dĂ©pendra de la capacitĂ©, ou non, de son chef, Ă  mettre en oeuvre le Brexit, trois ans aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum de juin 2016 oĂč le camp du "Leave" l'avait emportĂ© Ă  52%. Dans la lutte des conservateurs pour le pouvoir, "la grande question, Ă  l'Ă©vidence, est le Brexit", a dit Ă  l'AFP Tim Bale professeur de politique Ă  l'UniversitĂ© de Queen Mary de Londres. "TrĂšs peu d'autres choses prĂ©occupent le parti conservateur en ce moment."

- Renégociation -

"Boris Johnson est susceptible de remporter ces Ă©lections car il offre aux membres du parti conservateur ce qu'ils veulent (...), un Brexit sans accord", a ajoutĂ© M. Bale. "Qu'il y parvienne rĂ©ellement est une autre affaire". Les candidats annoncĂ©s Ă  la succession de Theresa May se disputent pour l'instant sur la stratĂ©gie Ă  mener, entre ceux qui veulent que le Royaume-Uni sorte de l'UE, mĂȘme sans accord, et ceux qui affirment pouvoir renĂ©gocier.

Dans la deuxiĂšme catĂ©gorie, le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, s'est dit "absolument sĂ»r que si nous adoptions la bonne approche sur ce sujet, les EuropĂ©ens seraient prĂȘts Ă  nĂ©gocier", s'appuyant sur une conversation qu'il dit avoir eue avec Angela Merkel. Les 27 ont toutefois rĂ©pĂ©tĂ© qu'ils ne toucheraient pas Ă  l'accord de sortie de l'UE conclu en novembre entre Londres et Bruxelles et rejetĂ© Ă  trois reprises par les dĂ©putĂ©s britanniques.

Pour enregistrer leur candidature lundi, les prétendants au poste de chef des tories devront avoir le soutien de huit des 313 députés conservateurs.
Ils débattront mardi devant les députés de leur camp avant une série de votes à bulletins secrets éliminant les candidats jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus que deux. Ce sera alors à l'ensemble des membres du parti conservateur, qui compte plus de 160.000 militants, de désigner le vainqueur. Celui-ci devrait prendre les commandes de Downing Street d'ici à la fin juillet, Theresa May assurant la transition d'ici là.

- © 2019 AFP

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1 Commentaires
Fleur
Fleur
6 ans

Un mec corrompu comme pas mal d'autres...