Combat de légende

Boxe : "quand je suis sur le ring, je suis chez moi" (Oubaali)

  • PubliĂ© le 27 mai 2021 Ă  14:01
  • ActualisĂ© le 27 mai 2021 Ă  14:08
Le Français Nordine Oubaali, lors de la pesée officielle, avant son combat contre l'Américain Rau'shee Warren pour le titre vacant de champion du monde des poids coqs, le 18 janvier 2019 à la MSGM Garden Arena à Las Vegas

"Peu importe oĂč je me trouve dans le monde. Quand je suis sur le ring, je suis chez moi": Nordine Oubaali, champion WBC des coqs, est prĂȘt pour "le plus gros combat" de sa carriĂšre face au Philippin Nonito Donaire, "lĂ©gende des petites catĂ©gories", a-t-il dit Ă  l'AFP.

Samedi Ă  Carson, au sud de Los Angeles, le Français mesure l'importance du rendez-vous et l'adversitĂ© qui l'attend. A la fois "dans ce carrĂ© magique" oĂč, il le martĂšle, il est chez lui, mais aussi tout autour, dans les tribunes oĂč flottera un parfum de Manille, avec l'imposante communautĂ© philippine qui soutiendra son favori, mĂȘme s'il ne suscite pas autant de passions que l'idole Manny Pacquiao.

"C'est mon plus gros combat, face à un boxeur qui a été champion du monde dans quatre catégories différentes. L'avoir à mon tableau de chasse, ce serait une fierté. Ca me ferait changer de dimension", confie Oubaali.

Le Lensois de 34 ans, invaincu en 17 combats, a beau posséder "la plus belle des ceintures", il sait que Donaire est encore au-dessus de lui dans les classements des poids coqs, eut égard à son palmarÚs et sa longévité (38 ans, 40 victoires, 6 défaites). Entre 2007 et 2019, il a successivement dominé les poids mouches (IBF), coqs (WBC, WBO), super-coqs (IBF, WBO) et plumes (2014).

- Appel Ă  Macron -

Initialement, Oubaali devait affronter Donaire en mai 2020, pour sa troisiÚme défense de titre, lui qui, dans la seule année 2019, l'avait ravi à l'Américain Rau'shee Warren à Las Vegas, avant de le conserver aux dépens du Philippin Arthur Villanueva à Nur-Sultan et du Japonais Takuma Inoue à Saitama.

Mais la pandémie de coronavirus en a décidé autrement. Et l'année écoulée a été celle de toutes les incertitudes.
"Ca a été dur à vivre mentalement. On se remet en question, on se demande si la voie qu'on a choisie est la bonne, si ça vaut le coup de rester motivé. Ce qui n'est pas facile quand tu n'as pas d'objectifs. Je m'entraßnais, mais pourquoi? Impossible de se projeter. FincanciÚrement ça été difficile aussi. Je vis de la boxe, sans ça je ne gagne pas d'argent, or j'ai une famille à nourrir", expose-t-il.

"Les dates du combat ont changé plusieurs fois. On s'était enfin mis d'accord pour décembre. Et quelques semaines avant, j'ai contracté le Covid-19. Impossible de boxer", poursuit Oubaali que la WBC place alors sous statut de "champion en retrait".

Six mois plus tard, champion de nouveau actif, il se dit "soulagé aprÚs toutes ces péripéties", dont la derniÚre relative à la difficulté d'obtentir un visa pour pouvoir combattre aux Etats-Unis. Ce qui l'a conduit, en désespoir de cause, à demander de l'aide au président Emmanuel Macron, via Twitter.

- "Un peu les boules" -

"Comment se fait-il qu'il n'y ait pas de facilitĂ© pour permettre Ă  un boxeur comme moi de combattre Ă  l'Ă©tranger? Je suis champion du monde, je reprĂ©sente mon pays, cela aurait dĂ» ĂȘtre une formalitĂ©. D'autant que j'avais dĂ©jĂ  boxĂ© aux Etats-Unis par le passĂ©. Mon message a eu un effet, mais il n'est pas vraiment venu de France. C'est grĂące Ă  la WBC, par le biais de son avocat, que ça s'est dĂ©bloquĂ©", dit-il.

S'il se dit fier de reprĂ©senter la France, Oubaali, qui a Ă©galement la nationalitĂ© marocaine par ses parents, regrette de n'ĂȘtre pas toujours considĂ©rĂ© Ă  sa juste valeur, Ă©prouvant parfois "une forme d'injustice".

"Ca fout un peu les boules, mais je boxe pour moi, pour les miens. Mon manque d'impact médiatique tient aussi au fait que mon ancien promoteur ne faisait pas bien son travail et ça m'a fait beaucoup tort. La communication autour de moi n'a pas été trÚs bonne", souligne-t-il.

"MalgrĂ© tout, quand je sors dans la rue je suis reconnu. Mon titre, ça a touchĂ© les gens quand mĂȘme. Je suis le premier Français Ă  avoir Ă©tĂ© champion du monde aux Etats-Unis, ca faisait 60 ans qu'il n'y en avait plus eu dans ma catĂ©gorie. Ca devrait ĂȘtre mis en Ă©vidence", souffle celui qui peut encore magnifier son histoire.

AFP

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