Grande Bretagne

Brexit: Semaine "cruciale" attendue pour Theresa May qui retourne Ă  Bruxelles

  • PubliĂ© le 18 novembre 2018 Ă  15:57
  • ActualisĂ© le 18 novembre 2018 Ă  16:37
La PremiĂšre ministre britannique Theresa May quitte le 10, Downing Street, le 16 novembre 2018, Ă  Londres

La PremiÚre ministre britannique Theresa May, dont le projet d'accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne est trÚs contesté, va retourner à Bruxelles cette semaine, qu'elle annonce "cruciale".

AprĂšs une "semaine difficile" de son propre aveu, avec plusieurs dĂ©fections au sein de son gouvernement en raison de dĂ©saccords sur le compromis trouvĂ©, Theresa May a dĂ©clarĂ© que les sept prochains jours allaient ĂȘtre "cruciaux".

Elle a indiqué qu'elle irait à Bruxelles et rencontrerait notamment le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, avant le sommet européen prévu pour le 25 novembre, qui doit entériner le projet d'accord. Les discussions porteront en particulier sur la "relation future" entre le Royaume-Uni et l'Union européenne aprÚs le Brexit, prévu le 29 mars 2019. "Rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu", a déclaré dimanche la cheffe du gouvernement dans une interview à la chaßne de télévision Sky news.

Theresa May a décroché un projet d'accord sur le Brexit annoncé mercredi soir, mais celui-ci lui a valu plusieurs départs de son gouvernement, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord aprÚs la sortie de l'UE.

Le point le plus controversé de l'accord est le "backstop", ou filet de sécurité, solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douaniÚre avec l'UE. Il prévoit également un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois aprÚs le Brexit.

- Projet "vague" -

Theresa May est en outre menacée d'un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s'il est demandé par 15% du groupe conservateur au Parlement - soit 48 députés. "De ce que j'en sais, (ce seuil) n'a pas été atteint", a confié dimanche la PremiÚre ministre. Et de prévenir qu'un changement de leader ne "faciliterait pas les négociations".

Au sein de son gouvernement, un groupe de cinq ministres eurosceptiques tente de la persuader de modifier le projet d'accord sur le Brexit, selon les médias britanniques. Et au Parlement, le destin du projet d'accord qui sera présenté en décembre semble compromis en raison de l'opposition affichée du parti travailliste, des libéraux démocrates et du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, allié des conservateurs.

Dimanche, Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition, a prĂ©venu que son parti ne soutiendrait pas ce texte qui ne "sert pas les intĂ©rĂȘts du pays". Il a enjoint Theresa May de "retourner Ă  Bruxelles" pour renĂ©gocier. "OĂč sont les garanties en matiĂšre de protection environnementale, de protection des consommateurs, de droits des travailleurs?", s'est-il interrogĂ© sur Sky news, jugeant "plutĂŽt vague" le document de prĂšs de 600 pages.

Il a aussi estimé qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est "une option pour l'avenir mais pas pour aujourd'hui". Theresa May l'exclut catégoriquement.

Le Labour préférerait des élections législatives anticipées. A la place des conservateurs, le parti chercherait à obtenir un "arrangement douanier permanent avec l'UE", faute de quoi le pays sera "perdant" en termes d'emplois, d'investissement et de développement économique futur", a estimé Jeremy Corbyn.

Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale, la CBI, a imploré les députés d' "entendre la voix des entreprises", expliquant que les celles-ci avaient assisté avec "horreur" aux divisions politiques.

Pour Dominic Raab, qui a dĂ©missionnĂ© de son poste de ministre du Brexit, et a Ă©tĂ© remplacĂ© par Stephen Barclay, un avocat eurosceptique de 46 ans, la PremiĂšre ministre a subi le "chantage" de Bruxelles. Toutefois, si "deux ou trois points Ă©taient changĂ©s, un accord pourrait ĂȘtre conclu", a-t-il jugĂ© dimanche, interviewĂ© par la BBC. "Mais il est vraiment tard et nous devons changer de cap".

- © 2018 AFP

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