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C1: le Bayern Munich, un Everest pour Lyon, en quĂȘte d'un nouvel exploit

  • PubliĂ© le 19 aoĂ»t 2020 Ă  09:41
  • ActualisĂ© le 19 aoĂ»t 2020 Ă  10:50
Rudi Garcia, l'entraßneur de Lyon, au stade du Restelo à Lisbonne le 16 août 2020.

AprÚs deux exploits, Lyon se retrouve au pied d'un nouvel Everest, le Bayern Munich, en demi-finale de Ligue des champions mercredi, sommet inespéré aprÚs une saison chaotique, qu'il faudra franchir pour éviter une rentrée terre à terre, sans Europe.

Cet Ă©tĂ©, Rudi Garcia a revisitĂ© le mythe de Sisyphe. A chaque fois que son Ă©quipe a passĂ© une montagne, elle a dĂ» y remonter sa pierre, lestĂ©e des mĂȘmes doutes sur sa capacitĂ© Ă  rééditer sa performance.

AprĂšs la Juventus, Manchester City. AprĂšs Manchester City, le Bayern. La pente semble impossible et, pourtant, l'entraĂźneur lyonnais en redemande. "L'appĂ©tit vient en mangeant. On a trĂšs trĂšs envie d'aller en finale", souligne le technicien. "On n'est pas une grande montagne Ă  gravir, parfois il suffit d'un petit caillou dans une chaussure pour l'empĂȘcher de gravir. EspĂ©rons qu'on soit ce petit caillou demain"

Au terme d'un exercice décevant, terminé à la 7e place de Ligue 1, l'OL s'est offert une épopée inespérée qui l'a vu écarter le champion d'Italie puis le deuxiÚme de Premier League (3-1), en huit jours seulement.

Mais l'étape la plus difficile l'attend à 21H00 à Lisbonne, face au "Rekordmeister", le vainqueur des huit derniÚres éditions de la Bundesliga qui reste sur une démonstration historique contre le FC Barcelone (8-2) en quarts.

Le scénario se répÚte pour l'éternel outsider. "On peut battre n'importe quelle équipe", assure le directeur sportif Juninho.

- Retrouvailles -

Bien qu'ils aient terminĂ© la saison de Ligue 1 sur leur pire classement en championnat depuis 1997, les coĂ©quipiers de Memphis Depay ont rĂ©ussi lĂ  oĂč la brillante gĂ©nĂ©ration du BrĂ©silien (2001-2009) a Ă©chouĂ©, en atteignant le dernier carrĂ© de la C1.

Le club présidé par Jean-Michel Aulas a attendu dix ans afin de revoir les demi-finales de la C1, aprÚs une premiÚre expérience en 2010 à laquelle le Bayern, déjà lui, avait mis un terme brutal (défaites 1-0, 3-0).

Titulaire lors des deux rencontres, l'attaquant bavarois Thomas MĂŒller, l'un des deux rescapĂ©s de l'Ă©poque avec David Alaba, incarne ce fil rouge qui lie une pĂ©riode de domination du Bayern Ă  une autre.

Sur les affiches, Robert Lewandowski, Serge Gnabry ou Alphonso Davies ont succĂ©dĂ© Ă  Arjen Robben, Franck RibĂ©ry et Philipp Lahm. Mais l'ambition reste intacte, pour le grandissime favori du "Final 8" en quĂȘte de sa premiĂšre finale depuis son dernier sacre en 2013.

"Je suis +relax+ parce que je sais que l'équipe est trÚs concentrée et s'est fixé un grand objectif. Le match (contre Lyon) va commencer à 0-0. Si nous sommes en dessous de 100%, ça ne va pas suffire", a assuré l'entraßneur bavarois Hansi Flick, qui a annoncé le retour dans le groupe de Benjamin Pavard, blessé à une cheville début août.

S'il lui a fallu un changement d'entraßneurs et plusieurs mois d'ajustements pour trouver la bonne alchimie, Lyon n'est plus l'équipe moribonde du début de saison.

"Ils défendent bien, agressivement. C'est une équipe de contre-attaque, avec beaucoup d'engagement et d'agressivité. C'est une équipe extraordinaire", décrit l'entraßneur de City Pep Guardiola.

- La finale ou Dijon -

Le jeune milieu composé de Houssem Aouar (22 ans), Maxence Caqueret (20 ans) et Bruno Guimaraes (22 ans) symbolise le décollage lyonnais. Alors qu'ils n'ont été titularisés ensemble pour la premiÚre fois que le 31 juillet, ils brillent par leur complémentarité et leur talent.

"Ce milieu, c'est le principal point fort de Lyon, parce que ce sont trois joueurs qui n'ont pas peur de jouer avec la balle, qui courent énormément", estime le plus Lyonnais des Munichois, Corentin Tolisso, formé à l'OL.

Avec ce trio, cette Ă©quipe repousse Ă  chaque fois ses limites. Jusqu'oĂč ? Garcia s'amuse du potentiel de sa formation: "L'appĂ©tit vient en mangeant. J'espĂšre que l'adage: +Jamais deux sans trois+ va se vĂ©rifier."

Pourtant, un échec éparpillerait les promesses d'un été fou. Sans Coupe d'Europe à la rentrée, pour la premiÚre fois depuis 1996-97, Lyon pourrait perdre dans la foulée du "Final 8" ses éléments les plus précieux, à commencer par Aouar.

A la fin du rĂȘve portugais, le retour au Championnat se fera par la rĂ©ception moins glamour de Dijon, le 28 aoĂ»t. Il est temps pour l'OL de reprendre une bonne bouffĂ©e d'air de montagne.

Par Shatha YAISH - © 2020 AFP

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