Dans sa saison en montagnes russes, Lyon vise un nouvel exploit contre Manchester City samedi à Lisbonne (21h00) pour aller en demi-finale de Ligue des champions et décrocher le redoutable honneur d'y défier l'ogre Bayern Munich, injouable vendredi face au Barça (8-2).
La formule du "Final 8", oĂč tout se joue sur un match, a dĂ©jĂ livrĂ© des scĂ©narios surprenants, comme le Paris SG renversant dans les derniĂšres minutes l'Atalanta Bergame (2-1), la qualification du RB Leipzig, novice Ă ce niveau, et la dĂ©monstration historique des Munichois contre le FC Barcelone de Lionel Messi.
Mais voir l'OL éliminer Manchester City demande des efforts d'imagination supplémentaires, tant l'écart semble énorme entre le septiÚme de Ligue 1 et l'un des favoris au titre entraßné par Pep Guardiola. "Nous ne sommes pas le Petit Poucet. Si nous en sommes là , c'est parce que nous faisons partie des huit meilleures équipes d'Europe cette saison", assure l'attaquant Karl Toko-Ekambi. Autre raison qui les distingue d'un Petit Poucet: les Lyonnais ont beaucoup à perdre.
Certes, la qualification au tour précédent contre la Juventus de Cristiano Ronaldo leur a permis de retrouver les quarts, dix ans aprÚs leur derniÚre participation. Mais tout l'édifice bùti sur cet exploit menace de s'écrouler.
- Lyon a faim -
AprĂšs un exercice de Ligue 1 dĂ©cevant, et une dĂ©faite en finale de la Coupe de la Ligue, Lyon doit ĂȘtre sacrĂ© Ă Lisbonne pour Ă©viter le tremblement de terre, sportif et Ă©conomique, que provoquerait une saison sans compĂ©tition europĂ©enne, la premiĂšre depuis 1996-97.
La holding qui chapeaute le club, dont les dirigeants ont estimé à 100 millions d'euros le manque à gagner causé par la crise du Covid-19, a enregistré l'an passé un chiffre d'affaires record grùce à la Ligue des champions, génératrice de droits TV supplémentaires.
Sans C1, le vide guette les Lyonnais, qui ont pris leurs quartiers portugais dans la station balnĂ©aire de Caiscais, prĂšs de la "Bouche de l'Enfer", oĂč les vagues de l'ocĂ©an Atlantique se fracassent sur les rochers.
Battre l'une des meilleures Ă©quipes du continent, puis le grand favori bavarois en demi-finale, avant un Ă©ventuel triomphe en finale contre le PSG ou Leipzig: la route vers le salut s'annonce extrĂȘme... mais l'OL n'est jamais aussi fort que lorsqu'il est au pied des falaises. "MĂȘme pas peur!", titre en "une" le quotidien rĂ©gional Le ProgrĂšs, quand L'Equipe Ă©voque une affiche "so exciting". "Avoir Ă©liminĂ© la Juventus nous a donnĂ© plus de confiance. L'appĂ©tit vient en mangeant. On a envie de rester longtemps Ă Lisbonne", a assurĂ© Rudi Garcia.
L'attaquant star Memphis Depay symbolise la résilience de l'OL: aprÚs six mois d'indisponibilité en raison d'une blessure à un genou, il est revenu cet été pour marquer le penalty de la qualification contre Turin, d'une "Panenka" audacieuse.
- L'OL l'a déjà fait -
Auteur d'un but Ă chacune de ses apparitions europĂ©ennes cette saison, le NĂ©erlandais a guidĂ© son Ă©quipe vers Lisbonne. Sa performance en attaque sera l'une des clĂ©s pour les Lyonnais, qui ont eu du mal dans l'animation offensive cet Ă©tĂ©. "Il faudra exister avec le ballon et marquer. On est une Ă©quipe capable de faire ça, mais on doit ĂȘtre plus dangereux devant", a expliquĂ© l'entraĂźneur lyonnais.
Le succĂšs en 2018 sur la pelouse de Manchester City (2-1), en phase de poules, a montrĂ© Ă l'OL qu'aucun "match n'Ă©tait perdu d'avance", selon Garcia. "Ăa nous aide mentalement. On se dit qu'on l'a dĂ©jĂ fait", a renchĂ©ri le milieu Houssem Aouar.
Mais Manchester City semble meilleur qu'il y a deux ans, revigoré par une qualification de prestige face au Real Madrid au tour précédent. "C'est important d'avoir battu le roi de la compétition. Mais sur un match, tout peut arriver. Aujourd'hui commence une compétition différente", prévient l'entraßneur Pep Guardiola, qui pourrait retrouver le Bayern, son ancien club. "C'est la chance d'une vie pour City de dominer l'Europe", affirme le quotidien britannique The Times.
Entre l'ambitieux club propriété d'un fonds d'Abou Dhabi et l'OL obligé de gagner, ce quart de finale annonce des batailles plus difficiles encore. Mais il sonnera aussi le début d'une période compliquée pour le perdant.
AFP


