Mode

Christian Dior, une rétrospective d'exception pour ses 70 ans

  • PubliĂ© le 4 juillet 2017 Ă  15:02
Simon Buret (C), chanteur du groupe AaRON, l'actrice Louise Bourgoin (2eG) et le mannequin Eva Herzigova (2eD) posent à l'occasion de l'exposition célébrant le 70e anniversaire de la maison Dior au Musée des Arts Décoratifs à Paris, le 3 juillet 2017

De l'enfance normande de Christian Dior Ă  sa galerie d'art parisienne, du tailleur Bar aux directeurs artistiques successifs Ă  la tĂȘte de la griffe: la maison de luxe cĂ©lĂšbre ses 70 ans avec une spectaculaire rĂ©trospective Ă  Paris.


Quelque 300 robes de haute couture, datant de 1947 à 2017, 1.000 documents et une centaine d'oeuvres d'art sont présentées sur prÚs de 3.000 m2 au Musée des Arts décoratifs à partir de mercredi, jusqu'au 7 janvier, dans cette exposition, la plus complÚte à ce jour consacrée à Dior.


- Dior, homme de l'art -


Issu d'une famille d'industriels, Christian Dior est un homme d'une grande culture qui a Ă©tĂ© galeriste avant d'ĂȘtre couturier. "Ce n'est pas quelqu'un qui s'intĂ©resse Ă  l'art aprĂšs avoir fait fortune; lui part de l'art pour aller Ă  la couture", rappelle Olivier Gabet, directeur du musĂ©e et commissaire de l'exposition avec l'historienne Florence MĂŒller.
Ami de nombreux artistes (Jean Cocteau, Max Jacob, Picasso...), il monte une galerie avec des associés et défend "l'art moderne et contemporain le plus avant-gardiste", souligne Olivier Gabet. "C'est lui qui va présenter pour la premiÚre fois des gens comme Alberto Giacometti et Salvador Dali".


- Le New Look -


L'une des stars de cette exposition, à la scénographie féérique signée Nathalie CriniÚre, est le tailleur Bar de 1947, avec sa jupe corolle, sa taille marquée et ses hanches rondes, caractéristiques du "New Look".
Cette silhouette, qui rĂ©volutionne la mode d'aprĂšs-guerre, est devenue "emblĂ©matique", commente Florence MĂŒller.
Elle a donné lieu à de réinterprétations de la part de couturiers contemporains de Dior, de créateurs actuels, et bien sûr aussi de la part des six directeurs artistiques qui ont succédé au fondateur de la maison.


- Saint Laurent, le successeur -


AprĂšs la mort de Christian Dior Ă  52 ans, d'une crise cardiaque, c'est le jeune Yves Saint Laurent qui prend la suite. Sa premiĂšre collection, dite "TrapĂšze", lui vaut le surnom de "petit prince de la mode".
Autre moment marquant de l'Úre Saint Laurent, la collection dite "beatnik", inspirée des bikers avec leur blousons de cuir, qui choque les clientes de l'époque.


- Marc Bohan: "Slim Look" -


C'est le directeur artistique qui dĂ©tient le record de longĂ©vitĂ© chez Dior (29 ans) mĂȘme s'il est un peu tombĂ© dans l'oubli.
"L'extravagance de ses successeurs, Gianfranco FerrĂ© et John Galliano a un peu effacĂ© sa pĂ©riode", reconnaĂźt Florence MĂŒller. "Mais il avait beaucoup de succĂšs, et de trĂšs belles clientes, comme Grace de Monaco".
Avec lui, les jupes se raccourcissent. Il invente un "Slim Look", trÚs en phase avec les années 1960, à la silhouette adolescente et menue, qui évoque des mannequins comme Twiggy.


- Gianfranco Ferré: ornemental -


L'Italien retourne aux sources de la maison avec de grandes robes richement brodées, une évocation du tailleur Bar.
Dans ces années 1980, il incarne la redécouverte de la broderie, du travail de plumassier, de fleuriste. L'ornement, nécessitant des heures de travail, est déployé largement.


- John Galliano: exubérance et théùtralité -


Avec John Galliano, l'excentricité à l'anglaise surgit dans le monde de la haute couture.
Mais "il y a une filiation avec le fondateur, dans cette vision de la féminité trÚs exacerbée: la taille fine, les hanches épanouies, la poitrine mise en valeur", remarque la commissaire d'exposition.


- Raf Simons: pas si minimal -


Le crĂ©ateur belge a la rĂ©putation d'ĂȘtre un minimaliste. "Mais cette exposition est l'occasion de s'apercevoir que non", estime Florence MĂŒller.
"On peut avoir l'impression que c'est trÚs simple, mais de prÚs on peut observer la complexité du travail", souligne-t-elle, devant une broderie en trois dimensions, un organza découpé au laser, une robe entiÚrement faite de petites plumes.


- Maria Grazia Chiuri, la prima donna -


NommĂ©e en 2016, l'Italienne Maria Grazia Chiuri est la premiĂšre femme Ă  la tĂȘte de la crĂ©ation chez Dior. Les robes exposĂ©es tĂ©moignent d'une vision dĂ©licate de la fĂ©minitĂ©, avec des broderies recouvertes de tulle, des fleurs d'herbier.
"Cette exposition ne parle pas seulement de la maison Dior. Elle parle de l'époque et des femmes, c'est ce qui me fascine particuliÚrement", a commenté la directrice artistique.

Par Anne-Laure MONDESERT - © 2017 AFP

guest
0 Commentaires