Un récit truffé de détails et d'impressions personnelles

"Comme un film": Trump raconte la mort de Baghdadi

  • PubliĂ© le 27 octobre 2019 Ă  20:15
  • ActualisĂ© le 27 octobre 2019 Ă  20:28
Le président américain Donald Trump annonce, depuis la Maison Blanche, la mort du chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, le 27 octobre 2019

"C'était vraiment incroyable à voir". Donald Trump a livré dimanche, depuis la Maison Blanche, un récit truffé de détails et d'impressions personnelles sur l'opération militaire américaine en Syrie ayant abouti à la mort du chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi.

Les premiÚres phrases du 45e président américain depuis la "Diplomatic Room" sont solennelles: "La nuit derniÚre, les Etats-Unis ont fait payer le prix de la justice au principal leader terroriste au monde. Abou Bakr al-Baghdadi est mort".

S'ensuit le rĂ©cit sur la façon dont le chef jihadiste, considĂ©rĂ© comme responsable d'attentats sanglants dans nombre de pays Ă  travers le monde, a Ă©tĂ© chassĂ© au bout d'un tunnel oĂč il s'est suicidĂ© en activant une veste chargĂ©e d'explosifs. Puis, au lieu de s'Ă©clipser Ă  l'issue de sa dĂ©claration tĂ©lĂ©visĂ©e, comme l'avait fait son prĂ©dĂ©cesseur dĂ©mocrate Barack Obama le 2 mai 2011 lors de l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden, le milliardaire rĂ©publicain dĂ©cide de rĂ©pondre aux questions des journalistes prĂ©sents dans la piĂšce.

Dans un style trÚs direct et un mélange de registres dont il est coutumier, il passe, d'une seconde à l'autre, du récit trÚs imagé de la mort de l'homme le plus recherché du monde - "Il criait, il pleurait, il gémissait" - à la mise en avant de ses "livres à succÚs". "C'était quelque chose d'incroyable à regarder. J'ai pu le voir (...) depuis la Situation Room. Nous avons vu l'opération avec beaucoup de clarté, c'était comme si vous regardiez un film", raconte-t-il, évoquant cette mission menée à plusieurs milliers de kilomÚtres de Washington, dans le nord-ouest de la Syrie, trÚs proche de la frontiÚre turque.

- "Un magnifique chien" -

"C'était incroyable, c'était parfait, et c'était trÚs compliqué", ajoute-t-il, se félicitant qu'aucun soldat américain n'ait été tué dans l'opération. A plusieurs reprises, il souligne qu'un chien de l'armée a été blessé: "Un magnifique chien, un chien trÚs doué", précise-t-il. "Nous avons atterri avec huit hélicoptÚres (...) Une équipe de formidables combattants est sortie de ces hélicoptÚres".

Le prĂ©sident des Etats-Unis s'attarde longuement sur la façon dont les soldats sont entrĂ©s dans le bĂątiment. "Si vous ĂȘtes quelqu'un de normal, vous faites +toc toc, est-ce que je peux entrer ?+ (...) Mais ils ont fait exploser un gros mur et cela ne leur a pris que quelques secondes, il y avait un magnifique trou dans le mur". "Nous savions que le tunnel existait, et que c'est lĂ  oĂč il se trouvait (...) Nous n'Ă©tions pas sĂ»r Ă  100% que le tunnel Ă©tait une impasse, nous avons progressĂ© trĂšs rapidement". "Il est arrivĂ© au bout du tunnel, poursuivi par nos chiens. Il a dĂ©clenchĂ© sa veste, se tuant et tuant les trois enfants". "Il est mort comme un chien", martĂšle-t-il Ă  plusieurs reprises.

Comment Abou Bakr al-Baghdadi a-t-il été identifié ? "Ils ont son ADN (...) Pour arriver jusqu'à son corps, ils ont du enlever beaucoup de débris car le tunnel s'était effondré, mais ces gars sont bons. Ils ont un fait un test sur place. Cela a été rapide".

Pourquoi avoir envoyé un énigmatique tweet samedi soir "Quelque chose d'énorme vient de se passer!" ? "C'était pour vous prévenir (...) pour que vous ne soyez pas en train de jouer au golf", répond-il aux journalistes.

- "J'ai écrit 12 livres" -

"Votre chaine fait un super boulot", lĂąche-t-il Ă  un moment en s'adressant un journaliste de la chaĂźne d'information conservatrice One America News Network (OAN).

Un peu plus tard, vantant son "instinct", l'ancien magnat de l'immobilier se lance dans une longue digression sur Oussama Ben Laden. "J'ai écrit un livre, qui a eu beaucoup de succÚs environ un avant avant les attentats du 11-septembre (...) J'ai dit: +il y a cet homme Oussama Ben Laden, vous feriez mieux de le tuer", raconte-t-il. "Personne ne m'a écouté (...) S'ils m'avaient écouté, beaucoup de choses auraient été différentes", ajoute-t-il, assurant que des gens viennent toujours le "féliciter" aujourd'hui pour ce livre visionnaire. "J'ai écrit 12 livres au total, ils ont tous trÚs bien marché", ajoute-t-il.

AprÚs avoir une nouvelle fois défendu sa stratégie en Syrie, le président de le premiÚre puissance mondiale conclut l'échange avec les journalistes. "C'était un animal, un animal sans courage. Merci beaucoup à tous, c'est un grand jour pour notre pays".

AFP

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