Razzia organisée avec méthode et amplifiée par le souffle de l'élection présidentielle: Emmanuel Macron est proche de mettre la main sur l'Assemblée nationale, cinq mois seulement aprÚs avoir lancé un vaste appel à candidatures pour son parti La République en marche.
A grand renfort de chiffres, Jean-Paul Delevoye, prĂ©sident de la Commission d'investitures (CNI) de la RĂ©publique en marche, dĂ©crit le "processus quasi industriel" qui a amenĂ© Ă traiter quelque "19.000 dossiers de candidatures", filtrĂ©s en "600 heures de prĂ©sĂ©lection" puis "Ă©tudiĂ©s 180 heures par la commission elle-mĂȘme".
Au final, 529 représentants ayant postulé en ligne ont été désignés, dont la moitié de femmes et seulement 28 parlementaires sortants. Les cinq critÚres édictés par Emmanuel Macron le 19 janvier, en donnant le coup d'envoi de sa bataille pour les législatives, ont guidé les choix de la dizaine de membres de la commission: "parité", "renouvellement", "probité", "pluralisme politique" et "adhésion au projet" présidentiel. "Je venais des vieux partis (UMP puis UDI, ndlr) et quand on m'a dit qu'on allait procéder comme cela, je ne croyais pas vraiment que ça allait marcher", reconnaßt l'ancienne eurodéputée Christine de Veyrac, membre de la CNI. "J'étais un peu inquiet car le systÚme de désignation me paraissait un peu aléatoire, sans beaucoup de remontées du terrain", relÚve le sénateur (PS) François Patriat. "Mais il y a eu un trÚs gros travail accompli à Paris et la CNI s'est parfaitement acquittée de son mandat", estime-t-il.
Sur le papier, c'est mission accomplie, Ă l'issue d'un processus inĂ©dit et transparent qui va permettre au parti prĂ©sidentiel de voir pleuvoir les financements publics, conditionnĂ©s aux rĂ©sultats des lĂ©gislatives. Un tour de force quand l'hypothĂšse mĂȘme d'approcher la majoritĂ© absolue (289 dĂ©putĂ©s) Ă©tait en dĂ©bat il y a un mois. Ce succĂšs est aussi le fruit de compromis de M. Macron, qui a transigĂ© avec sa promesse de prĂ©senter des candidats dans toutes les circonscriptions, sans nouer d'accords d'appareil.
Mi-février, l'alliance conclue avec François Bayrou a conduit à laisser 75 circonscriptions aux candidats MoDem. Avec quelques étincelles entre les deux partis, éteintes à Lyon autour d'une carte de France par le maire Gérard Collomb, proche de M. Macron, et le sénateur du RhÎne Michel Mercier, proche de M. Bayrou.
- "Rattrapés par la Realpolitik" -
"On a parfois été rattrapés par la Realpolitik, l'accord avec le MoDem a pesé", concÚde Audrey Manuby, membre de la CNI.
Sur le terrain, l'irruption du MoDem "n'a pas toujours Ă©tĂ© perçue de façon positive" par les marcheurs historiques, abonde M. Delevoye. "Il a pu aussi y avoir un peu de colĂšre dans les circonscriptions oĂč l'on n'a mis personne", poursuit-il, en rĂ©fĂ©rence aux quelques "gestes politiques" accomplis en direction de tĂ©nors de gauche ou de droite (Marisol Touraine, Thierry SolĂšre...).
Certaines baronnies locales ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©es comme en Bretagne ou dans le RhĂŽne "oĂč il a fallu tenir compte de l'influence de Jean-Yves Le Drian et GĂ©rard Collomb dans le choix des investitures", admet M. Delevoye.
Quelques arbitrages sont revenus à M. Macron seul. "Il y a eu des ajustements de la liste dans les deux derniers jours que je n'ai pas compris, mais le comité politique est au-dessus de nous", souffle un membre de la CNI en citant une demi-douzaine de cas.
De mĂȘme, M. Macron a su jongler avec le contexte politique pour rĂ©pondre Ă deux questions qui ont dĂ©chirĂ© son premier cercle: Faut-il mettre une date de clĂŽture aux candidatures ? Quand faut-il dĂ©voiler les investitures ? M. Macron a temporisĂ© jusqu'au bout, voyant affluer ainsi "3000 candidatures supplĂ©mentaires", dixit M. Delevoye, au soir de son Ă©lection.
Les candidats La République en marche, investis trÚs tard mais soigneusement tutorés sur tous les plans par le parti, ont donc mené une campagne-éclair, surfant sur la vague de l'élection d'Emmanuel Macron pour combler leur déficit de notoriété. "Ils doivent tout à Macron, d'une certaine maniÚre ce ne sont pas eux qui ont gagné", analyse un proche du président.
En un petit mois, certaines failles sont toutefois apparues, des candidats voyant leur probité mise en cause, ou d'anciens propos polémiques resurgir. Sans enrayer la dynamique, pour l'instant.
AFP

Mais tout ça c'est évident! Ne faites pas les étonnés. Tout s'est passé à toute vitesse. Et pourquoi? Tout simplement parce que le monde de la finance, les banques, le CAC40, les multinationales, et tous les libéraux de France ont payé, ont été payés, et seront payés en retour, parce que le libéralisme ça paie!!! ça paie surtout les riches, les banques, le CAC40, les multinationales, et bien sûr les politi
Bon c'est beau, reste à se mettre dans la poche les syndicats (salariés les patrons sont déjà dans la place) le reste étant déjà fait......