Europe

Corbyn se pose en homme providentiel en plein chaos du Brexit

  • PubliĂ© le 26 septembre 2018 Ă  15:00
  • ActualisĂ© le 26 septembre 2018 Ă  15:30
Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn au congrĂšs de son parti Ă  Liverpool mardi 25 septembre 2018

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, se présentera en homme providentiel capable de sortir le Royaume-Uni du chaos du Brexit, dans son discours de clÎture du congrÚs du parti mercredi à Liverpool.

Le Brexit a été la grande question du congrÚs du principal parti d'opposition britannique, sans doute au déplaisir de Jeremy Corbyn, eurosceptique plus à l'aise sur les thématiques économiques et sociales que pour prendre position sur le retrait l'UE, comme devrait d'ailleurs le montrer son allocution.

Divisé entre des militants qui ont voté pour rester dans l'Europe, en particulier les plus jeunes, et d'autres, en particulier des adhérents plus ùgés ou issus des classes populaires, qui ont voté pour sortir de l'UE, pressé par une partie de la base et des syndicats de défendre un second référendum, le parti a finalement adopté une position de compromis mardi laissant "toutes les options sur la table".

Le Labour a prévenu que si l'accord négocié par la PremiÚre ministre conservatrice Theresa May avec Bruxelles ne répond pas aux six critÚres qu'il a fixés - par exemple s'il menace l'emploi ou la paix en Irlande du Nord ou ne conserve pas les bénéfices du marché unique et de l'union douaniÚre - il s'y opposerait. En cas de rejet du futur accord par le parlement, il réclame la tenue d'élections législatives, espérant ainsi arriver au pouvoir. Mais si les conservateurs refusent de les convoquer, il fera campagne pour l'organisation d'un second référendum.

Keir Starmer, chargĂ© du Brexit au sein du Labour, a dĂ©clarĂ© qu'il n'excluait aucune option, y compris demander aux Britanniques s'ils ne souhaitent pas finalement le maintien dans l'UE. Mais le ministre des Finances au sein du cabinet fantĂŽme, John McDonnell, a exclu de son cĂŽtĂ© cette derniĂšre Ă©ventualitĂ©. InterrogĂ©e Ă  New York, oĂč elle participe Ă  l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU, sur la possibilitĂ© d'organiser des lĂ©gislatives anticipĂ©es, Theresa May a dĂ©clarĂ© que "cela ne serait pas dans l'intĂ©rĂȘt" du Royaume-Uni.

- 'Question hypothétique' -

Défenseur depuis des mois d'une nouvelle consultation portant sur le départ de l'UE, le député David Lammy souligne le changement de cap opéré par le parti. "Je suis maintenant soutenu par de nombreux travaillistes, cela a été un long combat, et je pense que nous sommes en train d'y parvenir", a-t-il déclaré à l'AFP.

Lors de son discours, Jeremy Corbyn, qui avait mollement fait campagne pour le maintien dans l'UE lors du référendum de juin 2016, sortira-t-il de l'ambiguïté? Interrogé mardi soir sur la BBC, il a refusé de dire quel serait son vote si un nouveau référendum devait porter sur le maintien dans l'UE. "C'est une question hypothétique", a-t-il répondu.

Il devrait de nouveau s'en prendre au gouvernement pour sa gestion des nĂ©gociations, qui patinent toujours avec Bruxelles Ă  six mois du Brexit, prĂ©vu fin mars 2019 mais surtout se poser en futur Premier ministre prĂȘt Ă  mettre un terme aux annĂ©es d'austĂ©ritĂ© qui ont pesĂ© sur les mĂ©nages les plus vulnĂ©rables.

Son programme prévoit des nationalisations dans les secteurs du rail et de l'eau notamment, mais aussi la création 400.000 emplois dans l'énergie verte. "Il y a dix ans ce mois-ci, l'édifice de la cupidité érigée comme idéal, du capitalisme financier déréglementé (...) s'est effondré, avec des conséquences dévastatrices", doit-il déclarer, en référence à la crise économique et financiÚre de 2008, selon des extraits de son discours. "Les vieilles recettes ne fonctionnent plus. C'est pourquoi les travaillistes proposent un plan radical pour reconstruire et transformer le Royaume-Uni".

- © 2018 AFP

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1 Commentaires
Moi président
Moi président
7 ans

Il se trouve dans la mĂȘme position que MĂ©lenchon et consorts : de nombreux sympathisants de son parti sont favorables au maintien dans l'UE, mais lui sait que son projet ne pourra pas se rĂ©aliser dans l'UE. Car l'UE est le chantre de la libre concurrence.
Néanmoins, si dans chaque pays membre tout le monde est d'accord pour que certains secteurs d'activité bien précis puissent échapper à la libre concurrence, pour des raisons trÚs justifiées, il y a une carte à jouer au sein de l'UE.