Départements rouges ou verts

Coronavirus en France: le gouvernement annonce la couleur en vue du déconfinement

  • PubliĂ© le 7 mai 2020 Ă  14:59
  • ActualisĂ© le 7 mai 2020 Ă  15:06
Des membres de la Protection civile distribuent des masques dans les boites Ă  lettres d'habitants d'Ajaccio, en Corse, le 7 mai 2020

Rouge ou vert, c'est l'heure du verdict pour le dĂ©confinement: Ă  quatre jours de l'Ă©chĂ©ance du 11 mai, le gouvernement dĂ©voile jeudi les derniers dĂ©tails de la remise en marche progressive du pays, quasiment Ă  l'arrĂȘt depuis bientĂŽt deux mois.

Edouard Philippe fera à 16H00 un point sur "la préparation de l'étape du 11 mai", tant attendue aprÚs plus de sept semaines d'un confinement totalement inédit pour des millions de Français. Le chef du gouvernement sera entouré des principaux ministres concernés, dont ceux de la Santé, de l'Economie, des Transports... L'exécutif joue gros. La cote de confiance d'Emmanuel Macron chute de cinq points (34% des Français interrogés lui font confiance) et celle d'Edouard Philippe s'effrite de deux points (34%), selon un sondage mensuel Elabe diffusé jeudi.

Plusieurs sujets cristallisent l'attention à quatre jours du déverrouillage, qui s'effectuera de maniÚre "progressive" et "différenciée", selon le Premier ministre: les conditions de réouverture des écoles maternelles et élémentaires, la reprise des transports publics, le retour dans les entreprises ou la possibilité de se déplacer dans un rayon de 100 km notamment. Plusieurs critÚres (circulation du virus, capacités hospitaliÚres et en matiÚre de tests notamment) guideront ses choix et pourront conduire à un "déconfinement plus strict" selon les départements classés pour l'occasion en vert ou rouge.

Mercredi soir, 27 départements métropolitains - en Ile-de-France et dans le nord-est - étaient toujours classés "rouge". Ce qui signifie que le virus y circule encore fortement et/ou que la pression sur les hÎpitaux y est encore soutenue. Le reste des départements est classé "orange", catégorie qui doit disparaitre jeudi, ou "vert". De la couleur dépendra le maintien ou non de certaines restrictions aprÚs le 11 mai.

- Plan de reconfinement -

L'Ă©pidĂ©mie de Covid-19 a encore causĂ© en France la mort de 278 personnes en 24 heures, portant le total Ă  25.809 morts au moins depuis le 1er mars, a indiquĂ© mercredi la Direction gĂ©nĂ©rale de la santĂ©. "Un plan Ă©ventuel de reconfinement" sera prĂȘt en cas de nouvelle aggravation de la situation sanitaire, mĂȘme si "ce n'est pas notre objectif", a averti mercredi Jean Castex, haut fonctionnaire chargĂ© de coordonner le dĂ©confinement.

Une des grandes interrogations des Français est: Comment se dĂ©placer Ă  partir de lundi ? Les usagers des transports publics comme les opĂ©rateurs sont inquiets. Des lignes de transports en commun pourraient fermer aprĂšs le 11 mai, si les rĂšgles de sĂ©curitĂ© sanitaires n'Ă©taient pas respectĂ©es. "Nous risquons de voir lundi les cohues qui se pressent dans les transports en commun et donc la maladie se propager", a pointĂ© Jean-Luc MĂ©lenchon jeudi. Le chef de file des Insoumis invite chacun "Ă  ĂȘtre prudent", dĂ©nonçant sur FranceInfo "les conditions hasardeuses" du dĂ©confinement, "les dispositions de base" n'Ă©tant "pas rĂ©unies.

- Masques pour tous -

Et sur le sujet toujours trÚs sensible des masques, l'une des clés du déconfinement, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a répété mercredi que "l'objectif est que chaque Français ait accÚs à un masque" le 11 mai.
Outre la crise sanitaire, les signaux sont toujours plus inquiétants sur le front économique. En France, sous l'effet du coronavirus, 453.800 emplois ont été détruits au premier trimestre dans le secteur privé, soit une baisse de 2,3% du nombre d'emplois par rapport au trimestre précédent, selon une estimation provisoire de l'Insee.

L'estimation de la perte d'activité économique "reste de l'ordre d'un tiers" par rapport à la normale. "Une légÚre remontée de l'activité économique semble se confirmer, dans l'industrie et dans la construction": c'est la seule petite note positive relevée par l'Institut national de la statistique. "Aujourd'hui, ce qu'on pressent, c'est des centaines de milliers de chÎmeurs supplémentaires" aprÚs le confinement, mais "ce dont il est question, ce n'est pas de travailler plus individuellement, c'est de travailler tous, d'avoir de l'emploi pour tous", s'est alarmé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur Europe 1.

A crise exceptionnelle, mesure exceptionnelle: la trĂȘve hivernale des expulsions locatives, qui aurait dĂ» s'achever le 31 mars, sera Ă  nouveau prolongĂ©e jusqu'en juillet. Enfin, le prĂ©sident de la RĂ©publique a tentĂ© mercredi de rassurer le monde de la culture sinistrĂ©e par la pandĂ©mie. "Le 11 mai, beaucoup de choses pourront reprendre" mais en s'adaptant entre "bon sens et innovation", a assurĂ© Emmanuel Macron lors d'une visioconfĂ©rence avec une douzaine d'artistes (cinĂ©astes, Ă©crivains, musiciens...).

Frédéric Mitterrand, qui fut ministre de la Culture sous Nicolas Sarkozy, n'a pas apprécié l'intervention présidentielle et télévisuelle qui a suivi. "Je n'ai pas aimé la forme, le cÎté premier de cordée, encore", qui ne correspond "pas vraiment" aux "questions soulevées", avec un président "débraillé - en manche de chemise parce qu'il est avec des jeunes (...) - je ne suis pas d'accord avec ça", a-t-il lancé jeudi sur RTL, déplorant une "mise en scÚne".

AFP

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