Les magasins pris d'assaut

Coronavirus: les Français se ravitaillent, craignant un confinement total

  • PubliĂ© le 16 mars 2020 Ă  21:30
  • ActualisĂ© le 16 mars 2020 Ă  22:31
Dans un supermarché à Pfastatt dans le Haut-Rhin, le 16 mars 2020

"Comme on ne sait pas comment ça va se passer on préfÚre y aller maintenant": les Français se précipitaient dans les magasins lundi afin de compléter leur garde-manger, craignant un confinement total face à l'épidémie de coronavirus.

Fini les promenades et les pique-niques dans les parcs ensoleillĂ©s, lundi, les habitants d'Ile-de-France se dĂ©pĂȘchaient de faire leurs courses, avant un Ă©ventuel confinement. A Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, des files interminables se sont formĂ©es Ă  chacune des caisses, toutes ouvertes, d'un supermarchĂ© Auchan.

"Y'a pas un mĂštre lĂ , c'est trĂšs dangereux", s'exaspĂšre un homme, les lunettes recouvertes de buĂ©e Ă  respirer dans son masque chirurgical. Plus loin, une femme venue avec sa fille faire un "ravitaillement d'appoint", confie attendre depuis plus de 30 minutes de pouvoir rĂ©gler ses courses. MalgrĂ© l'affluence, les rayons restent dans l'ensemble bien achalandĂ©s. Plus de papier toilette, moins de choix de pĂątes et de conserves, mais de quoi remplir tout de mĂȘme les chariots.

MĂȘme scĂ©nario ailleurs en France: Ă  Lyon, comme Ă  Strasbourg, des dizaines voire des centaines de personnes patientaient devant certaines grandes surfaces, qui rĂ©gulaient le nombre de clients prĂ©sents Ă  l'intĂ©rieur.

Dans chaque ville, la situation semblait toutefois normale dans d'autres supĂ©rettes et grandes surfaces. "Comme on ne sait pas comment ça va se passer on prĂ©fĂšre y aller maintenant, histoire d'ĂȘtre sĂ»rs de ne pas manquer", explique Olivier, un client de 41 ans qui attend patiemment devant la grande surface Ile NapolĂ©on, Ă  Illzach, en banlieue de Mulhouse (Haut-Rhin), zone oĂč l'Ă©pidĂ©mie est particuliĂšrement active.

Le président Emmanuel Macron va de nouveau s'exprimer lundi soir sur la situation en France, ce qui alimente les spéculations sur un confinement total du pays. Pour l'heure, les Français sont encouragés à rester chez eux et tous les lieux "non indispensables" sont fermés. Les commerces alimentaires font partie de ceux autorisés à rester ouverts.

"J'aimerais acheter du ravitaillement pour deux semaines, pour Ă©viter les contacts, d'avoir Ă  sortir et pour rester Ă  la maison le plus possible", raconte Ă  l'AFP Sophie Japaridze, rencontrĂ©e au centre commercial RivĂ©toile Ă  Strasbourg. "Je ne panique pas mais j'ai conscience de la situation, j'essaye juste d'ĂȘtre raisonnable et de suivre les recommandations donnĂ©es par les autoritĂ©s sanitaires", ajoute cette Strasbourgeoise de 39 ans, originaire de GĂ©orgie, masque sur le visage.

- Effet d'entraĂźnement -

"Comme les gens se projettent Ă  ĂȘtre confinĂ©s pendant des semaines, ils se disent qu'il faut faire des rĂ©serves", commente auprĂšs de l'AFP Pascale HĂ©bel, directrice du pĂŽle consommation du Centre de recherche pour l'Ă©tude et l'observation des conditions de vie (CrĂ©doc). Certains n'avaient pas anticipĂ© jusqu'Ă  prĂ©sent et font leurs courses maintenant, tandis que d'autres sont poussĂ©s Ă  acheter par imitation, en voyant la ruĂ©e dans les magasins, selon la spĂ©cialiste.

L'épidémie va conduire à une augmentation des ventes de grande consommation de 10 à 15% dans les pays touchés par le virus, selon une étude du cabinet BCG. En France, rien que sur la semaine du 2 au 8 mars, les ventes en magasin ont bondi de 8,1% et celles en ligne (drive et livraisons à domicile) de 31,2% selon le cabinet Nielsen.

Pùtes, conserves mais aussi produits d'hygiÚne et ménagers: les clients s'arrachent tout ce qui peut se garder. "D'autres pays sont moins autosuffisants, mais en France, il n'y a pas de raisons de s'inquiéter pour l'alimentation", estime Mme Hébel. "On dispose de stock et les industries continuent de produire des denrées", souligne-t-elle, en particulier de premiÚre nécessité comme le pain.

Pour freiner les ardeurs des acheteurs une seule solution: communiquer et les rassurer. Comme des patrons de grandes surface, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a martelé lundi qu'il n'y avait pas de pénurie alimentaire en France face aux perturbations liées à la propagation du virus.

Il a également appelé les Français à ne pas faire de réserves excessives. Car c'est ce type de comportement qui peut provoquer des ruptures temporaires de certains produits.

AFP

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