Etats-Unis

Coronavirus: Trump optimiste sur l'antipaludéen chloroquine

  • PubliĂ© le 19 mars 2020 Ă  22:10
  • ActualisĂ© le 19 mars 2020 Ă  23:13
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche le 19 mars 2020

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a vantĂ© jeudi le recours imminent Ă  la chloroquine, un antipaludĂ©en, comme possible traitement pour le coronavirus, mĂȘme si les autoritĂ©s sanitaires ont un peu tempĂ©rĂ© l'enthousiasme prĂ©sidentiel.

La premiÚre puissance mondiale, qui a beaucoup tardé à lancer les tests au Covid-19, compte désormais plus de 10.000 cas confirmés et 154 morts. "Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement", a assuré M. Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, évoquant des résultats préliminaires "trÚs trÚs encourageants".

"C'est trĂšs excitant. Je pense que cela pourrait changer la donne. Ou peut-ĂȘtre pas. Mais d'aprĂšs ce que j'ai vu, cela pourrait changer la donne", a-t-il ajoutĂ©. Selon une Ă©tude chinoise publiĂ©e mi-fĂ©vrier, un essai clinique menĂ© dans une dizaine d'hĂŽpitaux a donnĂ© des rĂ©sultats encourageants avec des essais sur plus de 100 patients.

Mais nombre d'experts se montrent pour l'heure circonspects en l'absence de données cliniques solides et publiques. Dans une certaine confusion, M. Trump a ajouté que le traitement avait déjà été "approuvé" par la Food and Drug Administration (FDA), l'organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis.

Mais cette derniĂšre a offert un diffĂ©rent son de cloche, soulignant que si la chloroquine Ă©tait approuvĂ©e pour le paludisme et l'arthrite, il n'en allait pas de mĂȘme pour le coronavirus. "Le prĂ©sident nous a demandĂ© de regarder de plus prĂšs Ă  ce mĂ©dicament. Nous voulons faire cela en mettant en place un essai clinique Ă©tendu et pragmatique pour recueillir ces informations et rĂ©pondre Ă  toutes les questions qui se posent", a expliquĂ© Stephen Hahn, qui dirige la cĂ©lĂšbre agence gouvernementale.

Il a soulignĂ© que si la FDA Ă©tait prĂȘte Ă  "abattre des barriĂšres" pour favoriser les percĂ©es, elle avait aussi la responsabilitĂ© de garantir que les produits sont "sĂ»rs et efficaces".

Ici encore, le président a lui fait preuve de nettement moins de prudence: "Il est utilisé depuis longtemps donc nous savons que si les choses ne se passent pas comme prévu, cela ne va pas tuer qui que ce soit". La chloroquine est un antipaludéen peu cher utilisé depuis plusieurs décennies et commercialisé notamment sous le nom de Nivaquine. Ce traitement est souvent recommandé lorsqu'on prévoit de se rendre en zone infestée par le parasite du paludisme, transmis par les moustiques.

- Haro sur la Chine -

Lors d'une confĂ©rence de presse durant laquelle il s'est parfois montrĂ© trĂšs agressif, Donald Trump a adoptĂ© une posture particuliĂšrement belliqueuse vis-Ă -vis de PĂ©kin. "Cela se serait beaucoup mieux passĂ© si on avait su tout cela quelques mois plus tĂŽt, cela aurait pu ĂȘtre endiguĂ© dans une rĂ©gion de Chine d'oĂč c'est parti", a-t-il dit, employant une nouvelle fois la formule controversĂ©e "virus chinois". "Le monde paie le prix fort pour ce qu'ils ont fait", a-t-il martelĂ©.

Le nouveau coronavirus à l'origine de la pandémie de Covid-19 a été détecté pour la premiÚre fois en décembre à Wuhan, en Chine. Les autorités de Pékin ont initialement été critiquées pour un certain manque de transparence et une certaine lenteur à réagir face à la propagation du virus. Mais la Chine a ensuite pris des mesures de confinement draconiennes et l'épidémie a connu un net ralentissement tout en se propageant hors du pays.

Pour la premiÚre fois jeudi, les autorités chinoises n'ont rapporté aucune nouvelle contamination d'origine locale. "Doit-on croire ce qu'ils disent maintenant? J'espÚre que c'est vrai", a dit Donald Trump. "Qui sait? J'espÚre que c'est vrai."

Le locataire de la Maison Blanche, qui avait adopté ces derniers jours un ton plus consensuel, s'en est par ailleurs pris une nouvelle fois aux journalistes qualifiés de "Fake News".

InterrogĂ© sur le manque de prĂ©paration des Etats-Unis sur lu question cruciale des tests, il s'est emportĂ©. "Nous Ă©tions trĂšs bien prĂ©parĂ©s. La seule chose pour laquelle nous n'Ă©tions pas prĂ©parĂ©s Ă©tait les mĂ©dias. Les mĂ©dias n'ont pas couvert le sujet de maniĂšre honnĂȘte".

AFP

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