4.974 malades en réanimation

Covid-19 : tableau sombre pour la France, qui attend l'accalmie

  • PubliĂ© le 30 mars 2021 Ă  14:46
  • ActualisĂ© le 30 mars 2021 Ă  18:47
Un malade du Covid-19 transporté sur un brancard à l'hÎpital Delafontaine à Saint-Denis (banlieue nord-est de Paris), le 29 mars 2021

Des services de réa qui ont dépassé le pic de la 2e vague de l'épidémie de Covid-19, un virus qui ne freine pas encore sa course, une vaccination trop lente pour modifier la donne : tel est le tableau qui se dresse devant l'exécutif, à la veille d'un éniÚme conseil de défense annoncé comme décisif.


Avec 4.974 malades en réanimation lundi, le plus haut pic de la 2e vague de l'automne a été franchi. Mais la suite ne s'annonce pas meilleure, car mi-novembre, la circulation du virus et le nombre de contaminations refluaient déjà nettement, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.

En comptant les malades du Covid et les autres, prÚs de 9 lits de réanimation sur 10 (6.833 sur 7.665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés, selon le ministÚre de la Santé, qui précise que "la montée en charge des capacités se poursuit dans toutes les régions".

Pour autant, les cris d'alarme des directeurs de crise de l'AP-HP et de médecins hospitaliers en Ile-de-France sur le spectre d'un tri des patients, "une ligne rouge" réaffirmée mardi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, divise. Lundi soir, l'antenne Ile-de-France de la Fédération hospitaliÚre de France (FHF) a critiqué une "véhémence" de "nature à inquiéter les malades et leurs familles". Au pic de la premiÚre vague, au printemps 2020, 7.000 malades Covid-19 étaient soignés en réa.

- Lundi, 362 morts -

"On n'abandonnera pas les personnes qui viendront Ă  l'hĂŽpital, mais l'offre de soins sera dĂ©gradĂ©e pour les Covid et pour les non Covid", a insistĂ©, sur France Inter, le Pr Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales Ă  l'hĂŽpital Tenon Ă  Paris. Le tri des malades ? "C'est dĂ©jĂ  le cas" selon lui, puisque "le patient qui devait se trouver en rĂ©animation se trouve en unitĂ© de soins intensif (...) et ceux qui devraient ĂȘtre en unitĂ© de soins intensifs se retrouvent dans une autre salle armĂ©e spĂ©cialement pour", a-t-il dĂ©veloppĂ©.

Lundi, 362 nouveaux décÚs ont été enregistrés dans les hÎpitaux, portant le bilan total à 94.983 morts, preuve que les effets de la vaccination (7,9 millions de premiÚres doses injectées, 2,7 millions de secondes doses) sont encore trÚs limités.

Dans ce contexte, l'opposition et une partie des médecins appellent Emmanuel Macron à ne plus attendre pour prendre de nouvelles mesures, dix jours aprÚs l'entrée en vigueur, dans 16 puis 3 autres départements, d'un tour de vis qualifié de "faux confinement". Et dont les effets ne se voient pas encore de maniÚre claire.

En Ile-de-France, l'une des rĂ©gions concernĂ©es par l'interdiction de se dĂ©placer Ă  plus de 10 km sans dĂ©rogation et la fermeture de nouveaux commerces, le taux d'incidence s'Ă©levait Ă  640 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, aux derniers chiffres arrĂȘtĂ©s vendredi, en trĂšs lĂ©gĂšre baisse par rapport Ă  la veille (643), mais toujours beaucoup plus haut que le seuil d'alerte maximale fixĂ© par les autoritĂ©s sanitaires (250). Ce seuil Ă©tait dĂ©passĂ© vendredi dans 60 dĂ©partements, contre seulement 23 le 10 mars.

- "Roi thaumaturge" -

"Il faut en finir avec le roi thaumaturge", ces rois "dont on pensait qu'ils faisaient des miracles", a critiqué le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
Emmanuel Macron "ne doute pas : il pense que ses choix sont les meilleurs, qu'il est le champion de l'épidémiologie mondiale", a renchéri sur Public Sénat le patron des sénateurs PS Patrick Kanner, qui l'a exhorté à s'exprimer et à "(assumer) les décisions qu'il a prises, dÚs que possible".

En cause, le choix du chef de l'Etat de ne pas suivre, fin janvier, les recommandations du conseil scientifique, qui préconisait un confinement strict de quatre semaines face à la propagation du variant anglais, plus contagieux et plus virulent. Emmanuel Macron avait écarté jeudi soir tout mea culpa, assumant son choix de ne pas reconfiner, en jugeant que "l'explosion qui était prévue par tous les modÚles" n'a pas eu lieu.

"Aujourd'hui la situation est effectivement dégradée. Maintenant est-ce qu'elle justifie d'aller encore plus loin ?", a interrogé, sur France 2, la députée LREM Yaël Braun-Pivet, en réaffirmant que "fermer les écoles, ce sera vraiment la derniÚre des derniÚres mesures à prendre".
Mais dans les régions les plus touchées par l'épidémie, les fermetures de classe, désormais provoquées par un seul cas de Covid, risquent de se multiplier.

 AFP

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