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Crash de l'avion du patron de Total: deux accusés plaident coupable

  • PubliĂ© le 28 juillet 2016 Ă  18:17
Des employés de l'aéroport Vnoukovo de Moscou comparaissent au tribunal, le 28 juillet 2016 à Moscou

Deux responsables présumés du crash en 2014 de l'avion de l'ancien PDG du groupe français Total, Christophe de Margerie, notamment le conducteur d'un chasse-neige, ont plaidé coupable jeudi au début de leur procÚs à Moscou.


Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2014, le Falcon de Christophe de Margerie est entré en collision au décollage avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo de Moscou avant de s'écraser, tuant sur le coup l'homme d'affaires ùgé de 63 ans, mais aussi deux pilotes et une hÎtesse de l'air.
AprÚs une premiÚre audience préliminaire à huis clos il y a une semaine, le procÚs s'est ouvert avec la lecture de l'acte d'accusation par le procureur au tribunal de Solntsevo, un quartier excentré de Moscou.
Le procÚs se prolongera vendredi avec l'audition du premier témoin, le directeur général de l'aéroport Andreï Diakov, et devrait durer "deux-trois mois au minimum" à raison de deux séances par semaine, ont indiqué aux journalistes les avocats des accusés.
Cinq employés de l'aéroport sont jugés pour "violation des rÚgles de sécurité" ayant entraßné la mort: le conducteur du chasse-neige Vladimir Martynenko, l'ingénieur en chef Vladimir Ledeniov, le responsable du contrÎle des vols Roman Dounaïev, les contrÎleurs aériens Alexandre Krouglov et Nadejda Arkhipova.
AprÚs la lecture de l'acte d'accusation, le conducteur du chasse-neige a pris la parole pour plaider coupable, ainsi que l'ingénieur en chef. Celui-ci "reconnaßt ne pas avoir vérifié le travail de ses employés", a déclaré à la presse son avocat, Léonid Kourakine.
- 'Négligence criminelle' -
Principal accusĂ© du procĂšs, Vladimir Martynenko, 60 ans, avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment de l'accident, selon le ComitĂ© d'enquĂȘte russe. A partir des enregistrements audios issus d'une des boĂźtes noires de l'avion et des vidĂ©os des camĂ©ras de surveillance de l'aĂ©roport, les enquĂȘteurs ont pu dĂ©rouler le film de l'accident.
Ils ont entre autres établi que les pilotes de l'avion avaient bien vu le chasse-neige sur la piste avant qu'il ne disparaisse de leur champ de vision.
Ayant poursuivi la procĂ©dure de dĂ©collage, les pilotes n'ont aperçu de nouveau le chasse-neige, revenu sur la piste pour une raison encore inconnue des enquĂȘteurs, que trois secondes avant l'impact.
L'avion qui était en cours de décollage a alors basculé sur le cÎté droit avant de s'écraser, tuant toutes les personnes à son bord.
Les quatre autres accusés sont soupçonnés de ne pas avoir réagi alors que le chasse-neige était sur la piste et ne pas avoir respecté les normes de sécurité.
"Il ne s'agit pas d'un tragique concours de circonstances, mais d'une nĂ©gligence criminelle des fonctionnaires", avait dĂ©clarĂ© le ComitĂ© d'enquĂȘte dĂšs le lendemain de l'accident.
Les avocats des accusés ont imputé quant à eux la faute à des défaillances du systÚme de sécurité de l'aéroport et au manque de réaction des pilotes.
- Margerie, ami de la Russie -
L'enquĂȘte russe a Ă©tĂ© doublĂ©e d'une enquĂȘte française aprĂšs l'ouverture au parquet de Paris d'une information judiciaire pour "homicides involontaires par violation manifestement dĂ©libĂ©rĂ©e d'une obligation de sĂ©curitĂ© ou de prudence".
La mort de Christophe de Margerie, considéré comme un "vrai ami" de la Russie par Vladimir Poutine, avait provoqué une onde de choc en France, mais aussi parmi les Russes.
La Russie est un pays clé pour Total, qui y est présent depuis 1991 et ambitionne d'en faire sa premiÚre source de production d'hydrocarbures d'ici 2020.
Christophe de Margerie avait été décoré par Vladimir Poutine en novembre 2014 à titre posthume de la Médaille d'honneur russe pour "sa contribution au développement des liens économiques et culturels franco-russes".
Le président russe avait également salué son "dévouement" pour l'amélioration des relations franco-russes, alors que le patron français était connu pour dénoncer les mesures de rétorsion économiques imposées à la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne.
Le crash de son avion a eu lieu alors qu'il quittait Moscou aprÚs avoir participé à une réunion gouvernementale consacrée aux investissements, pendant laquelle il avait critiqué des sanctions "injustes et improductives".

Par Coumba SYLLA - © 2016 AFP
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