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Dans Bruxelles menacé, la vie reprend ses droits, mais au ralenti

  • PubliĂ© le 23 novembre 2015 Ă  18:22
Des soldats et la police patrouillent le 23 novembre 2015 sur la Grand-Place de Bruxelles

Du jamais vu.

Les habitants de Bruxelles, capitale de la Belgique mais aussi de l'Europe, vivaient un lundi inédit, placé sous la menace terroriste, au son intermittent des sirÚnes de police et sous la surveillance étroite de militaires lourdement armés, mais bien décidés à ne pas céder à la peur.
Sur la Grand-Place, un blindé de la Défense nationale est stationné face à l'HÎtel de ville gothique. Des soldats en tenue de camouflage, armes automatiques au poing, quadrillent les artÚres commerçantes du centre-ville.
Les autorités, qui ont placé vendredi soir l'ensemble de la région bruxelloise en état d'alerte maximal vendredi soir, recommandent la plus grande prudence. Elles ont décidé la fermeture des écoles ce lundi et "jusqu'à nouvel ordre", une décision sans précédent.
Dans le centre historique de Bruxelles, l'activitĂ© n'Ă©tait toutefois pas totalement Ă  l'arrĂȘt, a rapportĂ© un photographe de l'AFP. Des camionnettes livraient la marchandise aux magasins, et des ouvriers installaient les petits chalets en bois aux alentours de la Bourse et de la Grand-Place pour le traditionnel marchĂ© de NoĂ«l, censĂ© ouvrir vendredi.
Quelques cafĂ©s sont ouverts, oĂč de rares clients s'efforcent de se rĂ©chauffer.
Mais à l'heure de la cloche, aucun cri d'enfants n'a retenti derriÚre les grilles fermées à clés de la petite école primaire de Haren, un quartier excentré de Bruxelles.
Une jeune mĂšre, Tatiana, vĂ©rifie que l'accĂšs Ă  la cour de rĂ©crĂ©ation est impossible, puis poursuit jusqu'Ă  la crĂšche voisine, oĂč un avis laconique confirme le caractĂšre inĂ©dit de ce jour de rentrĂ©e, au lendemain d'une vaste opĂ©ration policiĂšre dans plusieurs quartiers bruxellois.
"Suite à la décision du gouvernement, la crÚche sera fermée ce lundi", indique l'avis écrit au feutre sur une feuille blanche.
"Je sais ce qui se passe, c'est triste", explique Tatiana. Son fils de huit ans, Oleg, était parti seul à l'école et est rapidement revenu, ayant trouvé portes closes. "Il va rester à la maison avec sa petite soeur Alissa, qui aurait dû aller à la crÚche. C'est dommage, il aime beaucoup l'école. J'espÚre que c'est pour juste pour aujourd'hui, que demain ça sera calmé", explique la jeune mÚre de famille, avant de rebrousser chemin.
Dans le parc du Cinquantenaire, l'un des grands espaces verts de la capitale, proche du siÚge des institutions européennes, quelques familles se promÚnent avec leurs enfants, sous un froid soleil d'hiver, pendant que quelques touristes japonais prennent des photos.
- Fonctionnaires au travail -
La circulation était moins dense que d'habitude à l'heure de pointe dans le centre-ville, malgré les 366 km de bouchons cumulés relevés sur l'ensemble du réseau routier belge. "Il y a aussi pas mal de chantier, ce n'est pas trÚs significatif par rapport à Bruxelles", explique le service de radio-guidage de la chaßne publique RTBF.
Aux arrĂȘts de bus, dont la frĂ©quence a Ă©tĂ© renforcĂ©e pour pallier l'absence de mĂ©tro, les Bruxellois font le pied de grue patiemment. Les tramways fonctionnent en surface et les trains circulent normalement dans Bruxelles.
"C'est clair qu'on prend les mesures nécessaires pour garantir le plus que possible la sécurité des gens, mais la vie doit continuer à Bruxelles. Par exemple, le secteur public reste ouvert. Les fonctionnaires viennent travailler ce matin", a expliqué à la radio le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.
Mais la plupart des infrastructures culturelles et sportives sont fermées.
Christophe, le gĂ©rant d'un fast-food, s'apprĂȘtait Ă  ouvrir comme d'habitude Ă  11H00. "J'espĂšre faire un peu de chiffre d'affaires pour un peu rattraper les autres jours. Les bureaux sont quand mĂȘme ouverts", ajoutait-il. Mais le restaurant pourrait fermer bien plus tĂŽt que d'habitude, "Ă  la tombĂ©e de la nuit", explique-t-il.
Michel et Patricia, un couple de retraitĂ©s de la banlieue flamande de Bruxelles, s'est retrouvĂ© face aux portes closes du grand magasin d'articles de sport oĂč ils pensaient acheter une nouvelle veste pour l'hiver.
"Il faut se tenir sur ses gardes, mais la vie continue, sinon c'est la ruine du pays Ă  ce train lĂ ", estime Patricia. "Mon petit fils de huit ans m'a dit: +On va prendre la maison et s'installer derriĂšre l'Yser (fleuve Ă  la frontiĂšre franco-belge), comme en 14-18. LĂ -bas, ils ne pourront rien nous faire+", raconte son mari.

- © 2015 AFP
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