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David Forge, youtubeur et paysan: la campagne caméra au poing

  • PubliĂ© le 17 fĂ©vrier 2017 Ă  19:39
Le jeune agriculteur d'Indre-et-Loire David Forge  emmÚne chaque semaine sur internet des milliers de fans à la découverte de sa ferme de  Saint-Senoch, le 17 février 2017

Chaque semaine, David Forge, un jeune agriculteur d'Indre-et-Loire, emmÚne sur internet des milliers de fans à la découverte de sa ferme, de ses engins et de ses champs de céréales.


Volubile et pĂ©dagogue sans ĂȘtre pesant, le jeune homme svelte aux cheveux bruns taillĂ©s courts dĂ©taille camĂ©ra au poing les mille et une tĂąches du travail de la terre avec un enthousiasme chaque fois renouvelĂ© et communicatif.
Juché sur son tracteur ou sa moissonneuse, campé devant ses champs ou tronçonneuse à la main, David Forge a pour studio les 168 hectares de l'exploitation familiale sur laquelle il entraßne toutes les semaines les fans de sa "chaßne agricole", diffusée sur YouTube et relayée par le site Wikiagri de la "communauté des agri-décideurs".
"En cumulé, depuis ma premiÚres vidéo en mars 2015, j'en suis à 1,2 million de vues et actuellement, j'ai 100.000 à 150.000 vues par mois", se félicite le paysan youtubeur qui a déjà diffusé environ 120 vidéos.
"Cela montre que l'intĂ©rĂȘt dĂ©passe largement mon petit coin de campagne et je serais content que cela continue Ă  progresser", ajoute-t-il avec un large sourire.
Car si l'agriculture, c'est pour lui une affaire de famille sur quatre générations, c'est surtout un choix, et donc une vraie vocation qu'il aime à partager.
AprÚs un bac techno "agronomie et environnement", un BTS de comptabilité et gestion et un séjour en Irlande qui, dit-il, l'a "changé, (lui) a donné une ouverture au monde", David Forge a travaillé deux ans comme comptable, a eu sa propre entreprise de site internet puis a travaillé plus de sept ans au guichet d'une banque...
- "Petites histoires courtes" -
"Je voulais voir autre chose avant de faire de l'agriculture. Je voulais savoir s'il n'y avait pas mieux à faire", explique-t-il devant un café sur la table de cuisine de la ferme familiale à Saint-Senoch, prÚs de Loches (Indre-et-Loire).
Ses parents - le pÚre prendra sa retraite, officielle, cet été - habitent toujours à la ferme. Isolés au bout d'un chemin dans un paysage aimablement vallonné, les bùtiments anciens autour d'une cour impeccable sont complétés par des hangars métalliques pour abriter les engins modernes.
De sa vie professionnelle antĂ©rieure, le jeune agriculteur, cĂ©libataire, a conservĂ© un appartement Ă  Tours et "beaucoup d'amis qui ne sont pas du milieu". "Ils me posaient beaucoup de questions sur ma nouvelle profession et, du coup, ça m'a vite trottĂ© dans la tĂȘte de montrer ce qui se passait sur l'exploitation".
Il a commencé ainsi à livrer ses "petites histoires courtes, en général une fois par semaine, parfois deux à trois fois", qui lui prennent deux à trois heures entre le tournage et le montage sur son ordinateur.
Sans crainte de se rĂ©pĂ©ter ou de lasser: "il y a toujours quelque chose de nouveau. La mĂ©tĂ©o n'est pas la mĂȘme, la lumiĂšre change... Et puis il y a toujours de nouveaux abonnĂ©s qui ne reviennent pas forcĂ©ment en arriĂšre", explique-t-il.
"Cela rompt totalement l'isolement. J'ai des contacts tous les jours avec des internautes et mes abonnĂ©s", s'enthousiasme David Forge, qui se prĂ©pare Ă  de nouvelles rencontres, en chair et en os cette fois: au Salon de l'agriculture oĂč il est invitĂ© sur le stand de #agridemain avec deux autres paysans vidĂ©astes, Thierry Bailliet et Gilles Van Kempen.

Par Denis ROUSSEAU - © 2017 AFP
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