Grande-Bretagne

De retour de convalescence, Boris Johnson attendu au tournant sur le confinement

  • PubliĂ© le 27 avril 2020 Ă  06:43
  • ActualisĂ© le 27 avril 2020 Ă  07:29
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 13 décembre 2019 à Londres

Boris Johnson, remis de la maladie du coronavirus, retrouve son bureau de Premier ministre ce lundi avec une dĂ©licate Ă©quation Ă  rĂ©soudre: comment faire redĂ©marrer l'Ă©conomie britannique sans risquer un deuxiĂšme pic qui viendrait anĂ©antir les bĂ©nĂ©fices des sacrifices jusqu'ici consentis ? De retour de sa rĂ©sidence de Chequers, oĂč il a passĂ© deux semaines de convalescence, le leader conservateur de 55 ans est soumis Ă  une pression croissante pour dĂ©voiler sa stratĂ©gie sur l'Ă©volution du confinement, en vigueur depuis un mois au Royaume-Uni.

Le Daily Telegraph, proche du dirigeant conservateur, évoque un assouplissement du confinement, tandis que The Guardian (gauche) titre sur les critiques que va devoir affronter Boris Johnson.

Avec 20.732 décÚs dans les seuls hÎpitaux, le Royaume-Uni est l'un des pays les plus sévÚrement touchés en Europe par le Covid-19. Le bilan s'annonce encore plus lourd avec les morts dans les maisons de retraite, qui se comptabilisent par milliers selon les acteurs du secteur.

Lors de la conférence de presse quotidienne de Downing Street dimanche, le ministre de l'Environnement George Eustice a observé des "signes encourageants". En trÚs nette baisse, le dernier bilan communiqué dimanche recense 413 décÚs supplémentaires en milieu hospitalier, le chiffre le moins élevé depuis prÚs d'un mois. L'un des responsables des services de santé britannique, Steven Powis, a quant à lui souligné une réduction du nombre des patients admis dans les hÎpitaux, surtout à Londres, ainsi qu'une diminution du nombre des malades en soins intensifs. Il a toutefois souligné sa "crainte" que les chiffres ne repartent à la hausse, appelant les Britanniques à poursuivre leurs efforts.

En l'absence de traitement et alors qu'aucun vaccin ne peut ĂȘtre espĂ©rĂ© au moins avant la fin de l'annĂ©e, la route s'annonce encore longue.

- "Discussion entre adultes" -

"Le virus nous emmÚne dans un ascenseur express jusqu'au pic", estime le professeur James Naismith, biologiste qui dirige un institut de l'université d'Oxford, "mais c'est à nous de trouver notre chemin pour descendre par les escaliers".

Instauré le 23 mars, le confinement doit se poursuivre au moins jusqu'au 7 mai. Le gouvernement écarte tout assouplissement prématuré qui ferait courir le risque d'un deuxiÚme pic.

Le Royaume-Uni se trouve a une "Ă©tape dĂ©licate et dangereuse", a soulignĂ© dimanche le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Dominic Raab, qui a remplacĂ© Boris Johnson pendant son absence. "En bonne forme", le Premier ministre a "hĂąte de reprendre les rĂȘnes lundi", a-t-il soulignĂ©. Mais en coulisses, l'Ă©quipe au pouvoir est divisĂ©e, selon la presse, certains poids lourds s'inquiĂ©tant des consĂ©quences, sociales mais aussi sanitaires, d'un confinement trop strict sur la longueur. Et Boris Johnson sera amenĂ© Ă  trancher.

HospitalisĂ© pendant une semaine Ă  Londres, le Premier ministre Ă©tait en convalescence depuis le 12 avril. Pendant cette pĂ©riode, le pays s'est trouvĂ© confrontĂ© Ă  ce que les scientifique pensent ĂȘtre le pic de la pandĂ©mie, et son gouvernement Ă  de nombreuses critiques.

Le leader conservateur a passé trois jours en soins intensifs. Une période pendant laquelle les choses "auraient trÚs bien pu basculer", avait déclaré Boris Johnson, saluant le personnel du service public de santé britannique, le NHS, auquel il "doit la vie". "Impatient" de s'entretenir avec le Premier ministre dans une démarche qu'il souhaite constructive, le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, lui a adressé ce week-end une lettre dans laquelle il réitÚre ses critiques.

Selon le nouveau patron du Labour, des "erreurs" ont été commises et le gouvernement a été "trop lent", que ce soit sur le confinement, le dépistage ou les équipements de protection dont manquent cruellement les soignants mais aussi les maisons de retraite.

Les Britanniques "ont fait de grands sacrifices pour que le confinement fonctionne", a-t-il tweeté, "ils méritent de prendre part à une discussion entre adultes à propos de la suite".

AFP

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