Les candidats ont fait campagne lundi jusqu'Ă la derniĂšre minute Ă la veille des Ă©lections primaires cruciales de New York, Donald Trump et Hillary Clinton voulant conforter leur position de favori, et Bernie Sanders espĂ©rant sauver son rĂȘve.
Habituellement, ces primaires arrivent trop tard dans la saison pour susciter l'intĂ©rĂȘt. Mais pas cette annĂ©e, le processus n'ayant toujours pas permis de dĂ©terminer qui sera le candidat de chaque parti Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de novembre.
Et trois New-Yorkais y sont en lice.
Quelque 5,8 millions d'électeurs démocrates, et 2,7 millions de républicains sont invités à voter.
CÎté démocrate, Mme Clinton, sénatrice de New York de 2001 à 2009, est à 53,7% des intentions de votes, contre 40,9% à M. Sanders, selon une moyenne des récents sondages établie par RealClearPolitics.
CÎté républicain, Donald Trump, le milliardaire new-yorkais de 69 ans, est à 52,6% des intentions de vote, contre 22,9% au gouverneur de l'Ohio John Kasich et 17,9% au sénateur du Texas Ted Cruz, selon la moyenne des derniers sondages.
"Si la participation est Ă©levĂ©e, nous gagnerons", a affirmĂ© lundi Bernie Sanders, avant son dernier grand meeting dans le Queens. Dimanche soir il avait rassemblĂ© quelque 28.000 personnes, selon sa campagne, Ă Brooklyn oĂč il est nĂ©.
A 74 ans, il a fait campagne sans relùche dans cette élection cruciale de New York: 291 délégués démocrates (dont 44 super-délégués) sont en jeu, le plus gros butin derriÚre la Californie.
Mais les indépendants ne peuvent pas y voter dans la primaire démocrate, un handicap pour sa campagne qui souvent engrange nombre de leurs votes.
Hillary Clinton, 68 ans, a fait campagne lundi avec l'ancienne élue du CongrÚs Gabby Giffords, griÚvement blessée en janvier 2011 dans une tentative d'assassinat, et de la sénatrice démocrate de New York Kirsten Gillibrand, pour discuter droits des femmes et augmentation des salaires. "C'était le plus grand honneur de ma vie de vous représenter au Sénat", a-t-elle répété aux New-Yorkais.
Mme Clinton avait largement gagné la primaire de New York en 2008 face à Barack Obama (57,4% contre 40,3%) et son mari Bill, toujours trÚs populaire, a sillonné l'Etat pour elle - mais jamais à ses cÎtés. Elle peut aussi compter sur ses liens anciens avec les minorités, importantes dans la plus grande ville américaine.
Son porte-parole Brian Fallon s'est dit confiant. "Je pense que la marge sera probablement un peu plus étroite que ce que les gens attendent, mais ce sera une victoire trÚs significative", a-t-il déclaré sur CNN.
- 'RÚgles truquées' -
Un nouveau sondage national NBC/Wall Street journal donnait lundi Mme Clinton et M. Sanders au coude Ă coude, respectivement Ă 50% et 48% des intentions de vote.
Bernie Sanders a gagné depuis le 22 mars sept des huit primaires organisées dans autant d'Etats.
Mais en termes de dĂ©lĂ©guĂ©s, Mme Clinton est largement en tĂȘte dans la course Ă l'investiture de son parti. Elle en a engrangĂ© plus de 1.700 (dont 469 super dĂ©lĂ©guĂ©s) contre environ 1.100 pour Sanders (dont 31 super-dĂ©lĂ©guĂ©s). Il en faut 2.383 pour devenir le candidat du parti.
CÎté républicain, Donald Trump a briÚvement rencontré des représentants des minorités à Manhattan, avant de partir faire campagne à Buffalo, dans le nord de l'Etat.
Il est en tĂȘte de la course Ă l'investiture rĂ©publicaine, avec environ 740 dĂ©lĂ©guĂ©s, 200 de plus que Ted Cruz. Il en faut 1.237 pour obtenir la nomination.
Mais depuis sa dĂ©faite cinglante dans le Wisconsin le 5 avril, Donald Trump, qui a un peu calmĂ© ses discours enflammĂ©s, s'inquiĂšte de ne pas atteindre cette majoritĂ© absolue. Il accuse le parti rĂ©publicain de vouloir bloquer sa nomination, mĂȘme s'il arrive en tĂȘte Ă la convention de juillet, et dĂ©nonce des rĂšgles "truquĂ©es" d'attribution des dĂ©lĂ©guĂ©s, qui ne sont pas forcĂ©ment liĂ©es au vote des Ă©lecteurs. "Nous avons un mauvais systĂšme et il doit changer" tonne-t-il.
Il a menacé d'un mois de "juillet chaud à la convention".
John Kasich faisait lui campagne dans le nord de l'Etat et Ted Cruz, auquel les New-Yorkais n'ont pas pardonné qu'il attaque leurs valeurs, est passé briÚvement à New York à l'issue d'une campagne minimaliste.
- © 2016 AFP
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