Des associations féministes ont lancé samedi à Paris une coalition internationale pour sensibiliser les autorités sur les "dangers" de la gestation pour autrui (GPA), une "marchandisation" et une "exploitation du corps de la femme".
"Nous observons depuis 2010 la montée d'un mouvement en faveur de la GPA, qui est pour nous intolérable", a expliqué à l'AFP Marie-JosÚphe Devillers, de l'association CQFD Lesbiennes féministes, à l'origine de la Coalition internationale pour l'abolition de la maternité de substitution" (CIAMS).
Cette coalition, qui devait ĂȘtre officiellement lancĂ©e dans l'aprĂšs-midi lors d'un colloque au SĂ©nat, dit dĂ©jĂ compter 21 organisations issues de huit pays (France, Espagne, Canada, Italie, Autriche, Roumanie, SuĂšde, Australie).
"La GPA est une exploitation marchande du corps de la femme, comme la prostitution ou la domesticitĂ©. On nous dit que les femmes sont consentantes, or toutes les Ă©tudes sur le sujet montrent que leurs motivations pour +prĂȘter+ leur corps sont liĂ©es Ă des pressions familiales, pour l'argent notamment", a-t-elle expliquĂ©.
La GPA est interdite en France, et le gouvernement a récemment réaffirmé son opposition à sa légalisation. Le fait d'utiliser "le corps d'une femme pour lui faire porter un enfant qu'elle ne gardera pas", "rentre dans la marchandisation du corps humain", a souligné vendredi la ministre de la Santé, AgnÚs Buzyn.
Les partisans de la GPA souhaitent la voir autorisée dans le cadre de la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l'automne, ce que le gouvernement exclut. Mais les membres de la nouvelle coalition ne s'inquiÚtent pas moins de la montée des discours pro GPA dans le cadre de ces discussions.
"Depuis le début de l'année, nos voix se font de moins en moins entendre", regrette Ana-Luana Stoicea-Deram, présidente du Collectif pour le respect de la personne (CoRP).
"Or la GPA est contraire à la dignité et l'intégrité de la personne, et aux droits de l?enfant. Avec cette coalition, nous souhaitons expliquer ces arguments critiques et les faire entendre par les instances nationales et internationales", a-t-elle ajouté.
Selon un sondage Ifop paru en début d'année, 64% des Français sont favorables à la GPA: 18% "dans tous les cas" et 46% "pour des raisons médicales seulement".
© 2018 AFP

Tandis que certains couples qui rĂȘvent d'enfants s'interrogent sur la lĂ©galitĂ© et la sĂ©curitĂ© des GPA en Ukraine, d'autres deviennent dĂ©jĂ parents. Regardez au moins cette vidĂ©o oĂč une mĂšre heureuse raconte comment elle et son mari ont subi une GPA Ă la clinique de Feskov https://youtu.be/As0RZWwx0WE