Au moins 26 enfants ont été tués dans une bousculade après qu’un incendie s’est propagé à une école à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), suscitant une vague d’émotion nationale.
Jeudi matin, vers 9 heures (heure locale et heure à Paris), un incendie d’origine inconnue s’est déclaré aux environs d’un établissement scolaire de Bukavu, pendant que les enfants étaient en classe, selon des autorités locales. L’incendie a provoqué un mouvement de panique et une bousculade qui ont coûté "la vie à au moins 26 enfants » et « blessé 25 autres", a affirmé l’Unicef dans un communiqué, vendredi 11 septembre. Un précédent bilan provisoire faisait état de 14 enfants tués.
Bukavu, grande ville densément peuplée, capitale de la province du Sud-Kivu (Est), est tombée en février 2025 aux mains du groupe armé M23, soutenu par Kigali, qui s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’Est depuis sa résurgence en 2021 et y a établi une administration parallèle. Située au bord du lac Kivu et connue pour ses maisons de bois typiques entassées à flanc de colline, la ville est régulièrement frappée par des incendies meurtriers.
La bousculade a conduit "au piétinement des enfants qui tombaient par terre et l’asphyxie de ceux qui étaient bloqués à l’intérieur", a détaillé un rapport d’inspecteurs du ministère de l’éducation nationale congolais, diffusé vendredi. Les autorités de Kinshasa et du M23 ont appelé à l’ouverture d’enquêtes pour déterminer l’origine du sinistre.
- Deuil national de trois jours -
Le drame a provoqué une vague d’émotion nationale en RDC, dont certaines provinces orientales sont déchirées par le conflit entre Kinshasa et le M23. Ce dernier a fait état de 26 morts – "20 filles et six garçons" – et décrété un "deuil national de trois jours", dans un communiqué publié vendredi. Une cérémonie d’inhumation des victimes est prévue samedi, à Bukavu, en présence des autorités du M23.
Le ministère de l’éducation nationale de la RDC a exprimé jeudi sa "profonde tristesse » dans un communiqué, ajoutant que ce "nouveau drame intervient dans un contexte marqué par une succession particulièrement préoccupante d’incendies à Bukavu". De nombreux responsables politiques et de la société civile ont également fait part de leur émotion, jeudi et vendredi.
Le médecin congolais et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a appelé, vendredi sur X, à "prendre en toute urgence des mesures" pour "acheminer de l’aide humanitaire" à la population de Bukavu. "Les drames" dans les localités aux mains du M23 "ne doivent pas servir de décor à des messages de compassion officielle sans aucune action concrète", a-t-il ajouté.
L’incendie a dévasté une large zone densément bâtie à flanc de colline, ne laissant que des débris de maisons calcinés, jonchés de tôles froissées, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse, jeudi. Des centaines de maisons ont été détruites, laissant leurs habitants sans abri, selon un responsable local et le rapport du ministère de l’éducation nationale.
De tels sinistres sont fréquents dans les villes de RDC, largement dépourvues de matériel anti-incendies, et sont souvent causés par le manque de distanciation entre les bâtiments et des raccordements illégaux au réseau électrique, selon des spécialistes. A Kinshasa, un feu dans une salle de mariage avait fait 12 morts dans la nuit du 4 au 5 septembre. En octobre 2025, un autre avait coûté la vie à 14 personnes dont 12 enfants, à Bukavu.
AFP
