ColĂšre

Des centaines d'agriculteurs érigent des murs symboliques devant l'Anses et l'Inrae

  • PubliĂ© le 28 novembre 2024 Ă  14:06
  • ActualisĂ© le 28 novembre 2024 Ă  14:19
Des agriculteurs devant l'Inrae aprÚs avoir érigé un mur en parpaings devant l'institut, le 28 novembre 2024 à Paris

La mobilisation et la colÚre des agriculteurs ciblant des établissements publics se poursuit jeudi, devant les siÚges de l'Anses et de l'Inrae en région parisienne, et devant la préfecture des Alpes-Maritimes à Nice, aprÚs des actions surtout concentrées dans les territoires ruraux ces derniers jours.

Une centaine d'agriculteurs ont Ă©rigĂ© jeudi dans le calme un mur en cartons pour bloquer symboliquement l'entrĂ©e de l’agence sanitaire Anses Ă  Maisons-Alfort (Val-de-Marne), aprĂšs avoir menĂ© une action similaire Ă  l'aube, mais avec des parpaings, Ă  Paris, devant l'Inrae, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.

Dans les Alpes-Maritimes, les agriculteurs ont deversé du fumier et de la laine de mouton devant les grilles de la préfecture niçoise pour manifester leur colÚre, selon la presse locale.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a condamné "avec la plus grande fermeté toute atteinte aux personnes et aux biens, qui nuit aux revendications légitimes des agriculteurs", dans une déclaration à l'AFP.

- "Que des contraintes" -

Des agriculteurs franciliens, emmenĂ©s par l'alliance syndicale majoritaire FNSEA/Jeunes Agriculteurs, ont dĂ©posĂ© des boĂźtes en carton vides devant le siĂšge de l'Anses pour inciter l’agence "Ă  dĂ©mĂ©nager Ă  Bruxelles, pour qu’elle arrĂȘte de contredire les rĂ©glementations europĂ©ennes", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Cyrille Milard, prĂ©sident de la branche de la FNSEA dans la Seine-et-Marne.

"Macron, Ă  quand les actes ?", pouvait-on lire sur une banderole en majuscule.

A l'aube, les mĂȘmes manifestants avaient exprimĂ© leur "ras-le-bol" devant l'Inrae, dans le septiĂšme arrondissement de la capitale.

En théorie, "des instituts comme l'Inrae peuvent nous donner des moyens de remplir notre fonction de producteurs", or "ce n'est plus le cas. Depuis des années, c'est la décroissance qui est organisée", a lancé avec un haut-parleur Pascal VerriÚle, secrétaire adjoint de la FDSEA Seine-et-Marne.

"On finance un institut national Ă  un milliard d'euros par an qui ne nous rapporte que des contraintes", a renchĂ©ri Donatien Moyson, coprĂ©sident des Jeunes Agriculteurs Ile-de-France Ouest, auprĂšs de l'AFP. "On est lĂ  pour lutter contre les entraves Ă  l’agriculture", a-t-il dit.

L'accÚs à la porte d'entrée du bùtiment de l'Inrae n'a pas été entiÚrerement bloqué, avec un interstice entre le mur de parpaings et l'entrée du bùtiment.

TaguĂ© en orange sur le mur d'environ deux mĂštres de haut, on peut lire "INRA escrolos", tandis qu'une banderole affiche:  "A vendre, ne sert plus Ă  rien - Bail Ă  cĂ©der - Economie rĂ©alisĂ©e: 1,1 Milliard €".

Pas de tracteurs, pas d'engins: les agriculteurs, de tous Ăąges, sont venus en voiture et en transports en commun pour manifester.

Réunis trÚs tÎt, avant 6h, ils ont d'abord été bloqués et encerclés par les forces de l'ordre, puis, dans le calme, ont posé les parpaings devant l'Inrae pour ériger le mur. Vers 7h30, ils commençaient à se disperser.

- Bùtiments publics visés -

"On a des restrictions d'usages de certains produits sans solutions alternatives efficaces, ce qui entraßne des pertes de production", a témoigné Rémi Pierrard, producteur de betteraves et céréales installé prÚs de Provins (Seine-et-Marne), membre du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA).

"On nous a interdit un insecticide qui protĂ©geait la betterave au dĂ©but de sa croissance contre un puceron. Maintenant on est obligĂ© de traiter avec un pulvĂ©risateur, un traitement bien moins efficace et moins respectueux de la faune auxiliaire, avec des pertes de productivitĂ© pouvant aller jusqu’à 50% par an", a-t-il ajoutĂ©.

Mercredi, 28 actions ont eu lieu dans 24 départements, ont recensé les autorités, impliquant 1.600 personnes et 479 engins agricoles, et ciblant "davantage les bùtiments publics".

L'alliance FNSEA-JA avait placé sa premiÚre semaine de mobilisation sous le signe de l'opposition au projet d'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

Mais, pour sa deuxiÚme semaine d'actions coordonnées, elle vise plus particuliÚrement ce qu'elle considÚre comme des "entraves" au travail des agriculteurs: des préfectures, agences de l'eau ou bureaux de l'Office français de la biodiversité (OFB).

AFP

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