Donald Trump a officiellement lancé samedi la campagne des élections américaines de mi-mandat, en retrouvant dans l'Ohio l'ambiance des meetings qu'il affectionne, avec un oeil déjà fixé sur 2024.
CélÚbre pour ses meetings en plein air à l'atmosphÚre survoltée, le tribun a renoué, pour la premiÚre fois depuis qu'il a quitté la Maison Blanche il y a cinq mois, avec tous les codes de ces rendez-vous lors d'un discours énergique d'une heure et demie.
Il s'agissait du "tout premier meeting de l'élection de 2022", a-t-il souligné en introduction, l'événement ayant été organisé en soutien d'un candidat républicain au CongrÚs. "Nous allons reprendre la Chambre (des représentants), nous allons reprendre le Sénat", a-t-il martelé.
Sur le fond, l'ancien président a abordé tous ses thÚmes de prédilection, en dressant le portrait d'une Amérique courant "à sa perte" sous son successeur Joe Biden, tout en répétant ses allégations d'élection "volée" par les démocrates en 2020.
"Nous avons gagné l'élection deux fois, et il est possible que nous devions la regagner une troisiÚme fois", a-t-il déclaré, déclenchant les acclamations des milliers de partisans réunis pour sa venue à Wellington, prÚs de la ville industrielle de Cleveland.
Le magnat de l'immobilier de 75 ans n'a toujours pas reconnu explicitement la victoire de son successeur. Il continue au contraire Ă crier Ă la fraude Ă©lectorale, mĂȘme si ses dizaines de plaintes ont Ă©tĂ© rejetĂ©es y compris par des juges qu'il avait nommĂ©s.
"Joe Biden est en train de dĂ©truire notre nation, juste sous nos yeux", a-t-il lancĂ©. "Qui diable sait ce qu'il va se passer en 2024, on n'aura mĂȘme plus de pays!", s'est-il exclamĂ©.
- "Faux républicain" -
Banni des réseaux sociaux aprÚs l'assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier, le tribun avait déjà prononcé deux grands discours publics depuis son départ de Washington.
Mais l'ambiance plus feutrĂ©e des salons conservateurs n'avait alors ressemblĂ© en rien Ă l'atmosphĂšre de ces meetings, oĂč l'ancien prĂ©sident ne cesse d'interpeler un public surexcitĂ© et oĂč s'enchaĂźnent les tubes dans les haut-parleurs.
Ayant promis de jouer un grand rÎle lors des élections-clés de mi-mandat ("midterms") de novembre 2022, il a confirmé sa stratégie visant à soutenir les candidats pro-Trump.
Le meeting de samedi soir était organisé pour soutenir un ancien conseiller de Donald Trump, Max Miller, qui se présente contre un républicain siégeant à la Chambre des représentants, Anthony Gonzalez.
Ce dernier, qui représente l'Ohio, fut l'un des dix républicains de la chambre basse, sur 211, à voter en faveur de la mise en accusation de Donald Trump lors de son procÚs en destitution pour "incitation à l'insurrection".
AccusĂ© d'avoir encouragĂ© ses partisans Ă se lancer Ă l'assaut du Capitole, oĂč les parlementaires Ă©taient rĂ©unis pour certifier la victoire de Joe Biden, l'ex-prĂ©sident avait finalement Ă©tĂ© acquittĂ© en fĂ©vrier 2021 par le SĂ©nat.
Depuis, le tempétueux new-yorkais a juré de tout faire pour que ses rares accusateurs républicains ne soient pas réélus. "Anthony Gonzales est un faux républicain et une disgrùce pour votre Etat", a dit samedi Donald Trump, en louant au contraire les talents de Max Miller. "Max sera dur sur l'immigration (...) il protégera les emplois de l'Ohio tout comme je l'ai fait."
- TrĂšs influent -
Certains supporteurs avaient campĂ© depuis plusieurs jours sur place pour ĂȘtre certains de voir le milliardaire. Et l'on pouvait apercevoir dans la foule des T-shirts "Trump 2024", destinĂ©s Ă motiver l'ancien prĂ©sident, qui laisse planer la perspective d'une nouvelle candidature prĂ©sidentielle.
"Je suis venu ici pour soutenir Trump, pour qu'il se présente à la présidentielle" en 2024, a expliqué à l'AFP Philip Mesi, 52 ans, qui patientait peu avant le début de l'événement dans la chaleur de l'été. "Biden est horrible, il ne fait pas du bon travail", tandis que "Trump avait créé des emplois", a-t-il estimé.
Joe Biden "est le pire président qu'il soit", a pour sa part jugé Laura Benas, 57 ans, qui comme beaucoup sur place ne croit pas en la défaite du républicain en 2020, et parle d'une "corruption trÚs profonde dans le gouvernement américain".
Malgré un silence forcé sur les grands réseaux sociaux Twitter et Facebook, Donald Trump reste trÚs influent chez les républicains. Et il compte bien renforcer sa présence publique dans les prochains mois.
DÚs mercredi, il se rendra au Texas pour visiter la zone frontaliÚre avec le Mexique et revenir sur l'immigration clandestine, l'un des sujets centraux de sa présidence. Puis le 3 juillet, il organisera un autre grand meeting à Sarasota, en Floride.
AFP





