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Doc Gynéco, assagi, reprend ses "consultations"

  • PubliĂ© le 11 avril 2016 Ă  12:37
Doc Gynéco le 5 avril 2015 à Paris

En 1996, il surgissait sur la scÚne rap avec sa dégaine nonchalante et un album, "PremiÚre consultation", devenu un classique du genre.

Vingt ans plus tard, Doc Gynéco en propose une nouvelle version, bien décidé à reconquérir son public aprÚs des "erreurs de jeunesse".
"A vingt ans, si tu n'es pas allé longtemps à l'école, si tu n'es pas conseillé par tes proches, comme c'était mon cas, alors tu n'es pas armé contre la boßte de Pandore de la vie", explique dans un entretien à l'AFP Doc Gynéco, alias Bruno Beausir.
"L'aspect financier de mon premier disque m'a échappé, je n'en ai pas profité, mais j'ai rencontré des gens, appris beaucoup de choses, le cinéma, les musées, la culture", confie cet autodidacte, né à Clichy de parents guadeloupéens.
A 40 ans passés, la silhouette s'est un peu étoffée, les cheveux sont saupoudrés de gris mais l'allure est toujours aussi nonchalante, et le débit ralenti.
Il y a vingt ans sortait "PremiĂšre consultation", un premier album solo vendu Ă  plus d'un million d'exemplaires, avec des titres comme "NĂ© ici", "Viens voir le docteur" ou Vanessa", entre rap et reggae. Il fera date dans l'histoire de la chanson française au point d'ĂȘtre Ă©lu, en 2012, meilleur album de rap français par le magazine les Inrocks.
La suite de l'histoire est moins glorieuse: problÚmes avec le fisc, participation controversée à des émissions de téléréalité, vie privée étalée dans les journaux, notamment sa liaison avec l'écrivain Christine Angot. Cette derniÚre fera le récit de leur relation dans un roman "Le Marché des amants", sorti en 2008.
A l'Ă©poque, son milieu d'origine ne lui pardonne pas son succĂšs insolent. "C'est comme si tu as gagnĂ© au loto mais que tu veux quand mĂȘme retourner travailler Ă  l'usine. Personne ne veut plus de toi, tout le monde te dit que tu n'as plus rien Ă  faire lĂ ", se souvient le rappeur.
- 'Créer un électrochoc' -
En 2007, il soutient Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Sa "plus grosse erreur", dit-il aujourd'hui. Il la paiera au prix fort en se coupant radicalement de son public.
"Je voulais créer un électrochoc. Evidemment, je ne suis pas de droite mais dans les cités, Sarkozy fait plus peur que Marine Le Pen, je ne comprends pas pourquoi. J'espérais leur montrer que le risque venait plus de la seconde que du premier", se justifie-t-il.
"Je me disais que Sarkozy pourrait jouer le rÎle du grand frÚre auprÚs des jeunes des cités, qu'il leur ferait du bien en étant dur avec eux. Mais il n'a pas fait le boulot et je suis passé pour un idiot", regrette-t-il, assurant qu'on ne l'y "reprendra plus".
Mieux vaut donc revenir à la musique et au rap, ses domaines de prédilection.
LĂ  encore, Doc GynĂ©co se pose en Ă©veilleur de consciences, expliquant Ă  quel point cette musique, censĂ©e Ă  l'origine ĂȘtre un miroir de la sociĂ©tĂ©, s'est dĂ©voyĂ©e pour servir aujourd'hui "Ă  vĂ©hiculer des messages religieux, notamment islamistes".
"Les directeurs artistiques se font avoir! Comme ils ne comprennent rien Ă  ce qui est dit dans les textes des chansons, ils ont ouvert la porte des maisons de disques Ă  des rappeurs qui endoctrinent", assure le chanteur.
"Dans les quartiers, des gens m'interpellent pour me dire +On ne veut pas que les rappeurs utilisent notre religion dans leurs textes+", assure-t-il.
Sollicité par des nostalgiques du rap des années 90, Doc Gynéco a décidé de reprendre du service. Avec le premier album, réédité, sortent le 15 avril deux inédits et des bonus.
La tournĂ©e qu'il dĂ©marre le mĂȘme jour, fera Ă©tape les 25 et 26 mai Ă  l'Olympia, Ă  Paris. "Les billets pour les deux dates ont Ă©tĂ© vendus en quelques heures", fait-il valoir. Preuve que le public lui a pardonnĂ© ses erreurs.

Par Franck IOVENE - © 2016 AFP
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