Santé

Ebola reste une "urgence" mondiale, selon l'OMS

  • PubliĂ© le 18 octobre 2019 Ă  21:48
  • ActualisĂ© le 18 octobre 2019 Ă  22:44
Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 18 octobre 2019 à GenÚve en Suisse

L'épidémie d'Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) reste une "urgence" sanitaire mondiale, a déclaré vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'issue d'une réunion de son comité d'urgence.

L'OMS, qui avait déclaré l'épidémie urgence sanitaire mondiale le 17 juillet, était tenue de réévaluer la situation dans un délai de trois mois. "L'urgence de santé publique sera maintenue pendant trois mois supplémentaires" et "le comité d'urgence sera reconvoqué dans trois mois", a déclaré le directeur général de l'OMS, le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse. "Cette épidémie reste complexe et dangereuse", a-t-il dit, déplorant par ailleurs le manque cruel de fonds.

L'urgence sanitaire mondiale est une mesure exceptionnelle, décrétée précédemment que quatre fois par l'OMS: en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11.300 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

Déclarée le 1er août 2018 à Mangina, l'épidémie d'Ebola en cours en RDC a fait quelque plus de 2.150 morts. De retour de RDC, le directeur du Programme pour les urgences de l'OMS, Michael Ryan, avait fait part la semaine derniÚre de son "optimisme prudent", expliquant que l'épidémie était "confinée" à une plus petite région. Celle-ci est toutefois difficile d'accÚs, située en zone rurale et présentant d'importants défis en matiÚre de sécurité.

Le ministÚre de la Santé de la RDC a noirci le tableau en début de semaine en annonçant que la maladie avait ressurgi dans l'Ituri, dans le nord-est du pays, aprÚs prÚs de 300 jours sans nouveau cas notifié.
"Le nombre de cas a diminuĂ© chaque semaine, au cours des quatre derniĂšres semaines. Mais ces tendances encourageantes doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es avec prudence", a relevĂ© M. Tedros. "La rĂ©gion est trĂšs complexe et trĂšs instable. Nous avons fait des progrĂšs trĂšs importants, le nombre de cas a chutĂ©, mais s'il y a des incidents de sĂ©curitĂ©, nous risquons de perdre ce que nous avons gagnĂ© jusqu'ici, c'est pourquoi nous nous abstenons de spĂ©culer" sur une date de fin de l'Ă©pidĂ©mie.

L'épidémie d'Ebola est la dixiÚme sur le sol congolais depuis 1976 et la deuxiÚme la plus grave de l'Histoire aprÚs celle de 2014 en Afrique de l'Ouest. Depuis cette terrible épidémie, un vaccin expérimental a été mis au point par Merck Sharp and Dohme, et est désormais utilisé dans les régions infectées de RDC. Plus de 230.000 personnes ont été vaccinées. Ce vaccin a reçu le feu vert de l'Agence européenne du médicament (EMA), premier pas vers sa commercialisation.

Un deuxiĂšme vaccin expĂ©rimental fabriquĂ© par la filiale belge de Johnson & Johnson doit ĂȘtre introduit en novembre, selon le Dr Jean-Jacques Muyembe, qui dirige la riposte congolaise contre l'Ă©pidĂ©mie en RDC. Selon l'OMS, il doit ĂȘtre utilisĂ© dans des zones qui ne sont pas affectĂ©es par l'Ă©pidĂ©mie.

AFP

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