En vertu d'un accord d'échange

Echange de prisonniers: cinq ex-détenus en Iran en route pour les Etats-Unis

  • PubliĂ© le 18 septembre 2023 Ă  22:22
  • ActualisĂ© le 19 septembre 2023 Ă  15:55
Les citoyens américains Siamak Namazi (avec lunettes) et Morad Tahbaz sont accueillis à leur arrivée à l'aéroport international de Doha, le 18 septembre 2023

Les cinq ex-détenus américains en Iran libérés en vertu d'un accord d'échange de prisonniers avec Washington, avec la médiation du Qatar, sont désormais en route pour les Etats-Unis.

Les ex-prisonniers et deux membres de leur famille avaient quitté l'Iran pour se poser sur le tarmac de l'aéroport international de Doha vers 14H40 GMT (17H40, heure locale) avant de quitter "pour Washington DC", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

A Washington, la Maison Blanche a confirmé que les ex-prisonniers et les membres de leur famille avaient bien quitté Doha par avion pour rentrer en sol américain.

A New York, le chef de la diplomatie amĂ©ricaine Antony Blinken a dit s'ĂȘtre entretenu avec les AmĂ©ricains libĂ©rĂ©s aprĂšs leur arrivĂ©e Ă  Doha, oĂč ils avaient Ă©tĂ© accueillis sur le tarmac par des accolades, en Ă©voquant une conversation "Ă©mouvante".

"Je leur ai parlé à leur atterrissage à Doha. Je peux vous dire que c'était pour eux, pour moi, une conversation émouvante", a-t-il dit en ajoutant que "cela fait vraiment du bien de pouvoir dire que nos concitoyens sont maintenant libres".

Au préalable, un transfert de fonds iraniens gelés en Corée du Sud, d'un montant de six milliards de dollars, a été annoncé à Doha et confirmé par l'Iran.

Ce transfert fait partie de l'accord, qui prévoit également la libération par les Etats-Unis de cinq prisonniers iraniens. Deux d'entre eux, bénéficiant d'une mesure de clémence, sont eux aussi arrivés lundi à Doha, pour retourner en Iran, ont indiqué lundi des médias iraniens.

Les trois autres ex-prisonniers libérés ne souhaitent pas, quant à eux, aller en Iran.

Le transfert de fonds dans six comptes iraniens dans deux banques du Qatar a été effectué lundi.

"Aujourd'hui, l'équivalent de 5.573.492.000 euros a été déposé sur le compte des banques iraniennes auprÚs de deux banques qataries", a précisé à Téhéran, Mohammadreza Farzin, gouverneur de la Banque centrale iranienne.

- Apaisement -

Cet arrangement avait Ă©tĂ© annoncĂ© le 10 aoĂ»t et cinq AmĂ©ricains d'origine iranienne, dĂ©tenus en Iran, avaient ensuite Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s en aoĂ»t de leur prison pour ĂȘtre placĂ©s en rĂ©sidence surveillĂ©e.

Parmi eux figure l'homme d'affaires Siamak Namazi, arrĂȘtĂ© en 2015 et condamnĂ© Ă  dix ans de prison en 2016 pour espionnage.

"Merci président (Joe) Biden d'avoir fait passer la vie humaine avant la politique", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a lui aussi salué la libération des prisonniers dont l'un, Morad Tahbaz, possÚde également la nationalité britannique.

L'Iran "doit cesser d'utiliser les ressortissants étrangers comme monnaie d'échange", ont indiqué les services de M. Sunak dans un communiqué.

Parmi les cinq Iraniens devant ĂȘtre libĂ©rĂ©s par les Etats-Unis, figurent Reza Sarhangpour et Kambiz Attar Kashani, accusĂ©s d'avoir "dĂ©tournĂ© les sanctions amĂ©ricaines" contre l'Iran.

Aux yeux de certains experts, cet accord témoigne d'un relatif apaisement des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, mais il ne préjuge pas d'un possible accord sur le dossier du nucléaire iranien.

Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU a espéré lundi qu'il conduise "à une plus grande coopération et une baisse des tensions" entre les deux pays qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques.

Mais tout en se félicitant de l'accord, Washington a tenu à tempérer les attentes.

"Ce processus, les engagements qui ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour faire libĂ©rer ces AmĂ©ricains dĂ©tenus de façon injustifiĂ©s, ont toujours Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s de nos engagements, ou de leur absence, avec l'Iran" sur le nuclĂ©aire, a affirmĂ© M. Blinken ne laissant pas entrevoir de nouvelles discussions mĂȘme indirectes dans un proche avenir.

Des négociations menées par les Européens n'avaient pas réussi en 2022 à raviver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, moribond depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 sous la présidence de Donald Trump.

- "Stricte surveillance" -

L'Ă©change de prisonniers intervient le mĂȘme jour oĂč le prĂ©sident iranien, Ebrahim RaĂŻssi, est attendu Ă  New York pour participer Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU.

Hasard ou coïncidence, l'administration Biden, critiquée par l'opposition républicaine qui qualifie l'échange de "rançon", a annoncé lundi des sanctions contre le ministÚre du renseignement iranien et l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Et le président américain a promis lundi de "continuer à sanctionner l'Iran pour ses actions provocatrices dans la région".

Le porte-parole du Conseil national de sécurité, John Kirby, avait insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un "chÚque en blanc" offert à l'Iran et que l'utilisation de ces fonds "à des fins humanitaires" uniquement serait sous "stricte surveillance". Issus de la vente d'hydrocarbures par l'Iran, ces fonds avaient été bloqués à la suite de sanctions américaines.

Téhéran a de son cÎté assuré avoir la possibilité d'user autrement de cette enveloppe et pas seulement pour acheter des médicaments et de la nourriture.

AprÚs ce versement, l'Iran n'aura "plus beaucoup de ressources bloquées dans d'autres pays", a affirmé lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Nasser Kanani.

AFP

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