Echec sur les retraites : Bayrou reçoit les partenaires sociaux pour trouver "une voie de passage"

  • PubliĂ© le 24 juin 2025 Ă  09:48
  • ActualisĂ© le 24 juin 2025 Ă  11:09
Le Premier ministre français François Bayrou s'exprime lors d'une conférence de presse à l'HÎtel de Matignon à Paris le 24 juin 2025

AprÚs l'échec du "conclave" sur les retraites dans la nuit, le Premier ministre François Bayrou va recevoir mardi "dans la matinée" et séparément organisations syndicales et patronales qui ont participé aux quatre mois de négociations, dans une tentative de la derniÚre chance de surmonter les blocages.

"Je ne peux pas accepter sans réagir qu'on se satisfasse d'échouer si prÚs du but", a déclaré le Premier ministre depuis l'HÎtel Matignon lors d'une courte prise de parole à 7H00, quelques heures aprÚs le constat d'un "échec" du conclave qui est également un revers pour la méthode de dialogue social qu'il prÎnait. Selon lui, une "voie de passage" est encore possible.

Ce nouveau format de discussions était le fruit d'un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement lors du vote du budget 2025. Et le Premier ministre s'était engagé à en présenter les conclusions devant le Parlement.

Les réunions sont prévues à 10H00 et 11H00 à Matignon, avec respectivement les syndicats et les organisations patronales. La CFDT et la CPME (petites et moyennes entreprises) ont confirmé leur présence.

Tard lundi soir, à l'issue d'une ultime séance de négociations, syndicats et patronats se sont renvoyés la responsabilité de l'impasse.

- "Pas décisif" -

Le principal point d'achoppement tournait autour de la finalité d'une reconnaissance de l'usure professionnelle: les syndicats y voient une perspective de départ anticipé à la retraite, le patronat privilégie d'autres pistes, telles la prévention ou la reconversion.

"Le constat est fait que le patronat ne bougera pas sur la rĂ©paration de la pĂ©nibilitĂ© , c'est un Ă©chec de la nĂ©gociation", avait dĂ©clarĂ© tard lundi soir Yvan Ricordeau, reprĂ©sentant de la CFDT. "La discussion s'arrĂȘte", a-t-il ponctuĂ©.

"Nous regrettons cet échec, c'est dommage pour la démocratie sociale", a commenté Diane Milleron- Deperrois, représentante du Medef. "On a gardé une ligne trÚs claire, en étant constant dans une ligne responsable: on n'était pas en mesure d'augmenter les cotisations salariales et patronales", a-t-elle insisté.

Dans la nuit, la CPME s'est dite "prĂȘte Ă  poursuivre le dialogue".

L'Ă©chec, "si prĂšs du but", est selon elle "d'autant plus incomprĂ©hensible que tous les partenaires sociaux partageaient la mĂȘme volontĂ© de se voir transfĂ©rer la gouvernance du systĂšme de retraite, selon les mĂȘmes modalitĂ©s que l'Agirc Arrco", a-t-elle dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ©.

Un point relevĂ© par François Bayrou. "De nombreux points d'accord Ă©taient sur le point d'ĂȘtre actĂ©s sur le sujet si important d'une amĂ©lioration des calculs de retraite des mĂšres de famille, sur l'Ăąge auquel on peut partir Ă  taux plein, sur un certain nombre de principes de financement", a-t-il Ă©galement Ă©numĂ©rĂ©.

Et il s'est satisfait d'un "pas décisif": le fait que "le principe des rÚgles d'ùge pour garantir l'équilibre financier de notre systÚme de retraite" ait été "reconnu par tous". La question de revenir sur le départ à la retraite à 64 ans avait vite été balayée. A l'issue du conclave, cette mesure phare, et impopulaire, de la réforme Borne de 2023 sera donc toujours en vigueur pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1968.

- "Voie de passage" -

"Notre devoir est de ne pas baisser les bras", a insistĂ© le Premier ministre, promettant de "tout faire pour permettre de dĂ©passer un tel blocage" et de "rechercher une voie de passage dans l'intĂ©rĂȘt du pays".

"C'est logique qu'on se dise si prÚs du but, le gouvernement accompagne", a abondé la ministre du Travail Catherine Vautrin sur France 2.

François Bayrou joue gros sur ce dossier. L'organisation du conclave, dont l'objectif initial était de rediscuter la réforme des retraites de 2023, s'était faite dans un compromis avec les socialistes qui, en échange, n'avaient pas voté la censure du gouvernement.

L'échec de ces concertations le fragilise donc à son poste, alors que La France insoumise a appelé lundi les autres groupes de gauche à se joindre à une motion de censure contre le gouvernement Bayrou.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a appelé mardi sur BFMTV/RMC François Bayrou à saisir le Parlement de ce dossier des retraites, faute de quoi le PS ira "vers la censure".

Mais en l'absence des voix du Rassemblement national qui a prévenu qu'il ne s'y associerait pas, le gouvernement semble assuré de se maintenir. Avant d'affronter les débats budgétaires encore plus périlleux, cet été et à l'automne.

AFP

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3 Commentaires
Phil
Phil
7 mois

Donc encore une fois le RN , contrairement à ses discours , va rester du cÎté de Macron et ne votera pas la censure ... seule la gauche est dans l'opposition , il faudra s'en rappeler pour les prochaines élections !!

Missouk
Missouk
7 mois

Bayrou n'a cherché qu'à gagné du temps, il n'avait jamais voulu d'un véritable accord social

HULK
HULK
7 mois

Le grand enfumage. Il serait temps de virer BAYROU.Est-ce qu'il a fait assez de temps pour avoir une retraite, une voiture, un chauffeur et le reste jusqu'Ă  sa mort? Si oui, alors il peut partir tranquille.