Edouard Philippe a balayé samedi, à huit jours du deuxiÚme tour des municipales, les "spéculations" autour des sondages et de sa cote de popularité florissante, en présentant au Havre les adaptations de son programme provoquées par la crise du coronavirus.
"La seule chose qui compte ce n'est pas les prédictions, les projections, les sondages, mais dimanche prochain, le vote. Le reste c'est de la spéculation", a martelé le Premier ministre lors d'un point-presse dans la cité normande.
InterrogĂ© Ă plusieurs reprises sur le sondage Ifop lui donnant une coudĂ©e d'avance sur son adversaire communiste Jean-Paul Lecoq (53% contre 47%), et sur sa popularitĂ© en forte hausse au niveau national, M. Philippe a assurĂ© adopter "une lecture trĂšs distante" de ces chiffres. "C'est sans doute beaucoup plus agrĂ©able quand c'est positif que quand c'est nĂ©gatif. Mais je sens que, mĂȘme quand c'est positif, il faut prendre cela avec beaucoup de distance", a insistĂ© M. Philippe.
Accompagné de plusieurs de ses co-listiers, dont l'actuel maire en exercice Jean-Baptiste Gastinne qui occupe le fauteuil tant qu'Edouard Philippe est à Matignon, le Premier ministre a indiqué avoir "réorienté" son programme en raison de la crise sanitaire.
Il a fixé "trois rendez-vous nouveaux", dont un premier horizon, à six mois, "pour aider ceux qui sont les plus frappés par la crise sanitaire". Par exemple, la municipalité devrait mettre en place un accompagnement scolaire au mois d'août visant les élÚves qui pourraient présenter des "difficultés à la rentrée".
Edouard Philippe a d'ailleurs exprimĂ© son "inquiĂ©tude" sur ce point prĂ©cis lors d'une rĂ©union publique dans l'aprĂšs-midi face Ă quelque 150 habitants du quartier de BlĂ©ville, Ă quelques encĂąblures du marchĂ© oĂč le chef de file des Insoumis Jean-Luc MĂ©lenchon Ă©tait venu la veille pour soutenir le candidat communiste.
InterpellĂ© par des enseignantes qui soulignaient que l'annĂ©e avait Ă©tĂ© "extrĂȘmement Ă©prouvante", M. Philippe a pointĂ© la "sensibilitĂ©" de la rentrĂ©e et indiquĂ© que la mairie pourrait "peut-ĂȘtre (...) venir en soutien sur le pĂ©riscolaire".
S'il a promis qu'il ne reviendrait pas sur son engagement de ne pas augmenter les impĂŽts locaux, M. Philippe a en revanche dit vouloir temporiser sur la "construction d'un grand terminal croisiĂšre oĂč nous voulions crĂ©er un lieu touristique et culturel".
Le chef du gouvernement, qui a succĂ©dĂ© Ă Antoine Rufenacht Ă la mairie du Havre en 2010, a enfin plaidĂ© pour "garder la cohĂ©rence de l'action municipale". "On ne change les choses que dans le temps, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, oĂč l'on va toujours dans un sens avec beaucoup de mĂ©thode", a-t-il fait valoir.
Cette philosophie est-elle transposable au niveau national, alors que le destin d'Edouard Philippe aprÚs trois années à Matignon est encore en suspens ?
"Sans doute. Mais comme je veux vous parler du Havre, je ne vous parlerai pas de l'ailleurs", a répondu le Premier ministre.
En campagne ce week-end dans la cité portuaire, le candidat a multiplié les rendez-vous samedi, déjeunant par exemple avec des infirmiers libéraux, avant d'aller célébrer un mariage, ceint de son écharpe d'élu municipal, à l'HÎtel de ville.
En débat public, entre deux questions sur la propreté des rues, l'activité portuaire ou l'avenir de l'aéroport, Edouard Philippe s'est aussi montré bien évasif face à la demande d'une dame ùgée, l'exhortant à lancer une souscription pour bùtir...une statue équestre de François Ier, fondateur de la ville.
AFP
