Chanteloup

Edouard Philippe fustige des "irresponsables", la droite l'accuse de miniminer des "actes criminels"

  • PubliĂ© le 4 novembre 2019 Ă  22:39
  • ActualisĂ© le 5 novembre 2019 Ă  05:49
Edouard Philippe Ă  Saint-Ouen le 4 novembre 2019

Edouard Philippe a fustigé lundi la "petite bande d'imbéciles et d'irresponsables" aprÚs les violences urbaines à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), et essuie depuis les critiques de la droite et des policiers l'accusant de minorer des actes "criminels".

Les ministreq de l'Intérieur Christophe Castaner, de la Justice, Nicole Belloubet et de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, ont annoncé lundi qu'ils se rendraient sur les lieux mardi matin pour rencontrer policiers et pompiers, en premiÚre ligne lors des violences et l'incendie d'une école de cirque.

"Nous déplorons évidemment ces actes imbéciles et violents (...) Je crois qu'en vérité il s'agit d'une petite bande d'imbéciles et d'irresponsables qui pensent que tout casser est une façon de faire avancer les choses", a dénoncé le Premier ministre en marge d'un déplacement en Seine-Saint-Denis.
"Nous sommes parfaitement conscients de ce que lorsque nous bousculons les trafics de stupĂ©fiants, cela crĂ©e des tensions (...). Mais nous sommes dĂ©terminĂ©s Ă  faire en sorte que ce trafic puisse cesser et Ă  faire en sorte que l'ordre puisse ĂȘtre respectĂ© et rĂ©tabli", a ajoutĂ© M. Philippe.

L'Ă©motion Ă©tait toujours vive lundi Ă  Chanteloup-les-Vignes, ville situĂ©e Ă  une trentaine de kilomĂštres Ă  l'ouest de Paris, oĂč les forces de l'ordre, prises Ă  partie par "une trentaine de jeunes", ont essuyĂ© des jets de projectiles ou des tirs de mortiers d'artifice samedi jusqu'Ă  23H00.

Un incendie a dĂ©vastĂ© l'Ă©cole de cirque, bĂątiment culturel emblĂ©matique de la ville. Deux individus, dont un mineur, Ă©taient toujours en garde Ă  vue lundi et devaient ĂȘtre prĂ©sentĂ©s "dans la soirĂ©e" Ă  un juge d'instruction. Le parquet va requĂ©rir leur placement en dĂ©tention provisoire.

Devant les décombres du site, le président LR du conseil départemental des Yvelines Pierre Bédier a promis lundi que le chapiteau, inauguré en 2018, serait "reconstruit dans moins d'un an et entiÚrement financé par le département". Le département prévoit la reconstruction à l'identique du bùtiment de 800.000 euros, qui, selon la maire (divers droite) de la ville Catherine Arenou, contenait pour un montant équivalent d'équipements, structures et costumes.

- "Déni" -

L'opposition de droite et d'extrĂȘme droite a immĂ©diatement accusĂ© Edouard Philippe de "dĂ©ni" et "banalisation" face Ă  des "actes criminels", a rĂ©sumĂ© le dĂ©putĂ© LR Eric Ciotti. "Les incendiaires de Chanteloup-les-Vignes ne sont pas des imbĂ©ciles et des irresponsables comme le dit Edouard Philippe. Ce sont des criminels qui veulent affaiblir la RĂ©publique", a affirmĂ© le chef de file des sĂ©nateurs Les RĂ©publicains, Bruno Retailleau, dans un tweet.

Le nouveau numéro 2 de LR, Guillaume Peltier, a plaidé pour que "les mineurs délinquants récidivistes, au-delà de la sanction judiciaire qu'ils méritent, puissent aller dans des services militaires obligatoires".

A l'extrĂȘme droite, le vice-prĂ©sident du Rassemblement national, Jordan Bardella, a estimĂ© que "la solution ne rĂ©side pas dans plus de politique de la ville et plus de milliards d'euros, mais dans la sortie de l'angĂ©lisme et dans le rĂ©tablissement de l'ordre rĂ©publicain, en regardant les causes en face: l'immigration massive, le communautarisme, le rejet de la France et de ses valeurs, la +culture racaille+, et les trafics en tous genres qui alimentent ces quartiers".

"C'est plus que des voyous. On est dans l'ordre du crime. Il faut mettre le holĂ  et appeler les choses par leurs nom", a affirmĂ© le maire de BĂ©ziers oĂč un collĂšge a Ă©tĂ© incendiĂ© lors de violences urbaines jeudi, exigeant que les auteurs de ces violences soient sĂ©vĂšrement condamnĂ©s. A gauche, le dĂ©putĂ© LFI de Seine-Saint-Denis, Alexis CorbiĂšre, a estimĂ© que les causes sont "multiples" tout en soulignant que "ça se produit dans des endroits oĂč le taux de chĂŽmage, la prĂ©caritĂ© sont importants".

"On a besoin d'organiser le retour de l'Etat dans nos quartiers populaires (...) On a besoin de policiers formés, en nombre, soutenus par leur hiérarchie", pour "démanteler les trafics qui pourrissent la vie des habitants des quartiers populaires", a affirmé Ian Brossat, porte-parole du PCF.
Chanteloup-les-Vignes, au c?ur d'une importante rénovation urbaine ces derniÚres années, est "la proie d'agressions diverses et variées depuis plusieurs jours", avait expliqué dimanche Mme Arenou, évoquant les coupures quotidiennes d'éclairage public, provoquées par certains jeunes du quartier sensible de la Noé prÚs duquel est implanté le chapiteau.

L'élue a rejeté l'idée d'un constat d'échec de la politique de la Ville dans sa commune: "Nos territoires sont les lieux du sas républicain" mais "ceux qui s'en sortent ne font pas de bruit", a-t-elle souligné.

AFP

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