Actualités du monde

Egypte: l'analyse du contenu des enregistreurs de vol prendra du temps

  • PubliĂ© le 4 novembre 2015 Ă  09:34
Un morceau de la carlingue de l'airbus de la compagnie russe, le 1er novembre 2015 aprÚs qu'il s'est écrasé dans le dans le désert du Sinaï

L'analyse des données des enregistreurs de vol de l'avion russe qui s'est écrasé en Egypte, procédure cruciale pour déterminer s'il a été victime d'un accident ou d'un attentat, pourrait prendre beaucoup de temps, soulignent des responsables.


Aucun élément concluant sur la cause du crash de l'Airbus A321 russe n'ayant émergé jusqu'à présent, les autorités attendent beaucoup des deux enregistreurs de vol, ou "boßtes noires", dont l'un conserve les conversations et les autres sons audibles dans le cockpit et l'autre les paramÚtres de vol.
L'exploitation des enregistreurs a débuté mardi dans les locaux du ministÚre égyptien de l'Aviation civile, a annoncé à l'AFP un haut responsable de cette administration sous couvert de l'anonymat.
L'opĂ©ration, complexe, risque de prendre beaucoup de temps, en fonction notamment de l'Ă©tat des enregistreurs, a-t-on dĂ©clarĂ© dans les milieux de l'enquĂȘte, et rien n'a filtrĂ© jusqu'Ă  prĂ©sent.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a lui aussi déclaré, dans une interview à la BBC, que "cela prendra du temps" de déterminer la cause du crash, qui a fait 224 morts. "Voyez le vol de la Pan American qui s'est écrasé en Europe, cela a pris des années avant de trouver la vérité (...) Nous ne pouvons pas simplement tirer des conclusions hùtives", a insisté le chef de l'Etat égyptien.
En 1988, un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan American s'était désintégré au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie quelques minutes aprÚs son décollage. Une bombe avait explosé à bord.
Le président égyptien a de nouveau rejeté, dans une interview au quotidien britannique Daily Telegraph les hypothÚses selon lesquelles l'avion aurait été détruit par un missile ou par une bombe. Il s'agit de "spéculations sans fondement", a-t-il dit.
Samedi, l'Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet s'est écrasé dans le Sinaï un peu plus de 23 minutes aprÚs avoir décollé à l'aube de la station balnéaire de Charm el-Cheikh. Ses occupants, 217 passagers et sept membres de l'équipage, ont tous péri dans le crash, la pire catastrophe aérienne qui ait jamais frappé la Russie.
L'appareil s'est totalement disloquĂ© en vol, comme en atteste l'extrĂȘme dispersion des dĂ©bris et des corps au sol, sur plus de 100 kilomĂštres carrĂ©s selon certains enquĂȘteurs.
Dans son interview à la BBC, le président Sissi a qualifié de "propagande" la revendication du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a affirmé avoir "fait tomber" l'Airbus en représailles aux bombardements de l'aviation russe en Syrie.
- Une bombe ? -
Dans le désert du Sinaï, les recherches se poursuivent pour retrouver les derniers corps de victimes et d'éventuels indices.
Outre des Russes, cinq enquĂȘteurs français sont Ă  l??uvre en Egypte pour le Bureau d'enquĂȘtes et d'analyses (BEA), aux cĂŽtĂ©s d'homologues allemands du Bundesstelle fĂŒr Flugunfalluntersuchung (BFU), comme le prĂ©voit la procĂ©dure internationale pour ces deux pays piliers du consortium europĂ©en Airbus. Six experts français d'Airbus les Ă©paulent.
Metrojet, la compagnie russe exploitant l'appareil qui appartient au transporteur Kogalymavia, a assuré lundi que seul un facteur "extérieur", dont elle n'a pas précisé la nature, pouvait expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d'"une défaillance technique" ou d'"une erreur de pilotage" et a déclaré que l'avion était en "excellent état".
Selon des experts interrogĂ©s par l'AFP, l'appareil a dĂ» subir un choc extrĂȘmement soudain au point que le pilote en a instantanĂ©ment perdu le contrĂŽle.
Il est exclu que l'avion ait pu ĂȘtre atteint Ă  prĂšs de 10.000 mĂštres d'altitude par un missile tirĂ© de l'Ă©paule du type de ceux dont dispose l'EI dans le SinaĂŻ. Restent donc deux hypothĂšses: un problĂšme technique qui provoque une explosion et une dislocation immĂ©diate de l'appareil ne laissant pas le temps au pilote de communiquer -cas rarissime selon les experts-, ou une bombe, apportĂ©e dans l'appareil par un occupant ou placĂ©e Ă  bord par un membre du personnel au sol.
Pour les experts, mĂȘme un engin explosif de petite taille est suffisant pour ouvrir une brĂšche dans la carlingue et disloquer ainsi l'appareil en raison de la pressurisation Ă  haute altitude.
La chaĂźne de tĂ©lĂ©vision CNN, citant un responsable amĂ©ricain anonyme, a affirmĂ© qu'un satellite militaire amĂ©ricain avait dĂ©tectĂ© un "flash de chaleur" provenant de l'Airbus au moment du drame. Cela "suggĂšre qu'un Ă©vĂ©nement catastrophique - y compris peut-ĂȘtre une bombe - s'est produit en vol", selon cette source.

Par Ljubomir MILASIN - © 2015 AFP
guest
1 Commentaires
10 ans

faisceaux laser en plein vol et sur le réservoir ou avant ou aprÚs , on aime bien jules verne et semblables .