La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, va finalement rester en poste. Une volte-face effectuée le mercredi 22 juillet 2026, après avoir annoncé, dans un premier temps, sa démission. Une volonté de quitter son poste provoquée par l'adoption de la loi d'urgence agricole réintroduisant des pesticides jusqu'alors interdits. A La Réunion cette vraie fausse démission est critiquée par les agriculteurs et les militants environnementaux (Photo AFP)
"Avec cette nouvelle loi et la démission avortée de Monique Barbut, on a l'impression d'assister à une fuite en avant de la part du gouvernement. C'est comme si la gestion des problèmes ne faisait qu'être reportée à plus tard."
En quelques mots, Sigrid Dussoulier, membre de l'équipe de coordination de Greenpeace Réunion, résume le sentiment de nombreux défenseurs de l'environnement.
Car cette vraie-fausse démission semble marquer le déclassement des questions liées à l'écologie dans les priorités du gouvernement. Elle symbolise aussi le revirement prôné actuellement dans le domaine de l'agriculture. Ainsi, pour répondre aux besoins formulés par les professionnels de la terre, l'acétamipride et le flupyradifurone, deux produits phytosanitaires, sont à nouveau autorisés depuis le 20 juillet pour cinq filières spécifiques.
Un vote des parlementaires qui sonne comme un profond désaveu pour les deux millions de Français ayant signé une pétition, il y a un an, en juillet 2025, pour s'opposer au retour de ces pesticides réintroduits par la loi Duplomb.
C'est ensuite le Conseil constitutionnel qui a censuré cette dérogation accordée à l'acétamipride au nom du respect de la Charte de l'environnement. La remise en cause de cette décision, actant la faible influence dont dispose Monique Barbut, interroge Sigrid Dussoulier.
"On donne à voir que l'environnement peut être sacrifié sur l'autel du profit et, surtout, que nos élus se montrent aveugles à la demande citoyenne " affirme-t-elle.
- Alimenter de "faux débats" -
Pour autant, le geste de la ministre ne déçoit pas que les militants écologistes. Pour les agriculteurs également, ce faux départ de Monique Barbut alimente une polémique inutile. Le président de la Chambre verte, Olivier Fontaine, estime ainsi qu'elle donne "un mauvais signal". "En faisant ça, elle alimente de faux débats, en disant que l'agriculture pollue. Alors qu'en vérité, nous subissons actuellement de nombreuses restrictions", reprend-il.
Selon Olivier Fontaine, les difficultés que traversent les exploitants agricoles ne peuvent être réduites à cette volte-face de la ministre. "On ne peut pas résumer tous nos problèmes à ça. Globalement, notre situation ne peut pas être limitée à un enjeu purement politique. Il ne faut pas tomber dans ce jeu-là, car nous ne voulons pas être pris en otage."
Alors que la question des pesticides continue de polariser l'opinion, il est peu probable que cet appel à l'apaisement aboutisse. Bien au contraire, après le retour de Monique Barbut aux manettes, c'est désormais l'action globale du gouvernement sur la transition écologique qui devrait être scrutée de près par les observateurs et le grand public.
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