Les Italiens vont voter dimanche

Elections en Italie: fin de la campagne aprĂšs d'ultimes grands meetings

  • PubliĂ© le 3 mars 2018 Ă  07:13
  • ActualisĂ© le 3 mars 2018 Ă  07:21
Des partisans du Mouvement 5 Etoiles (M5S) se rassemblent Ă  l'issue d'un dernier meeting de campagne Ă  Rome, le 2 mars 2018

La campagne électorale pour les législatives de dimanche en Italie a pris fin vendredi à minuit, aprÚs d'ultimes grands meetings pour les plus jeunes à Rome, Florence ou Milan et un marathon d'interviews télévisées pour l'éternel revenant Silvio Berlusconi.


Sur les places et dans les théùtres de la péninsule mais aussi sur les plateaux de télévision, les principaux leaders ont cherché à convaincre les électeurs aprÚs une campagne marquée par des déclarations virulentes et dominée par les questions liées aux migrants ou à l'insécurité.
Si la loi impose le silence Ă  tous les candidats depuis vendredi minuit, M. Berlusconi, 81 ans, a quand mĂȘme prĂ©vu une innocente promenade Ă  Naples samedi, alors que le Sud reste le plus incertain.

Les Italiens inaugureront dimanche une nouvelle loi Ă©lectorale, un systĂšme compliquĂ© qui mĂȘle scrutins proportionnel et majoritaire sans aucune garantie d'aboutir Ă  une majoritĂ© stable dans les deux chambres du Parlement. Ce systĂšme complexe favorise les formations enracinĂ©es sur le territoire, mais risque de ne pas dĂ©partager les trois pĂŽles majeurs qui s'affrontent (coalition droite/extrĂȘme droite, populistes du Mouvement 5 Ă©toiles et coalition de centre gauche).

AprĂšs leur premiĂšre, et derniĂšre, rĂ©union publique commune de la campagne jeudi Ă  Rome, les leaders de l'hĂ©tĂ©roclite coalition de droite et d'extrĂȘme droite, en tĂȘte avec environ 37% des intentions de vote selon les derniers sondages, se sont exprimĂ©s chacun de leur cĂŽtĂ©.
Silvio Berlusconi, le chef de Forza Italia (droite), a ainsi dénoncé sur l'une de ses chaßnes de télévision le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-systÚme) comme "une secte folle" et annoncé "la réorganisation complÚte de l'Etat italien".

Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrĂȘme droite) a lui aussi lancĂ© depuis Milan une pique contre le M5S, "surĂ©valuĂ©" dans les sondages Ă  son avis, et a promis de meilleurs conditions de travail pour les forces de l'ordre.

- 'Un jour historique' -

Le programme commun de la coalition prĂ©voit des baisses d'impĂŽts massives et une fermetĂ© extrĂȘme contre les migrants, mais les leaders politiques cachent mal leurs rivalitĂ©s internes et leurs dissensions, essentiellement sur la question europĂ©enne. Jeudi soir, M. Berlusconi a annoncĂ© que l'actuel prĂ©sident du Parlement europĂ©en, Antonio Tajani, l'un de ses fidĂšles de la premiĂšre heure, serait le chef du gouvernement en cas de victoire de la coalition. MĂȘme si M. Salvini revendique ce poste, assurant que la Ligue passera devant FI.

Mais leur coalition n'est pas du tout assurée d'obtenir la majorité absolue au Parlement. Tout comme le M5S, qui devrait devenir le premier parti d'Italie mais hors de toute coalition. Le mouvement fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, qui avait créé la surprise en raflant un quart des voix en 2013, a conclu sa campagne par un grand rassemblement vendredi soir à Rome.

"Le centre gauche est hors combat. Ce soir c'est la fin de la pĂ©riode d'opposition et c'est le dĂ©but de la pĂ©riode gouvernementale" du M5S, a assurĂ© Luigi Di Maio, le jeune candidat du Mouvement au poste de chef du gouvernement, devant des milliers de sympathisants, mĂȘme si la foule Ă©tait moins nombreuse que prĂ©vue.

"Nous sommes arrivĂ©s Ă  anĂ©antir tous les partis. Le seul parti qui existe aujourd'hui en Italie, c'est le nĂŽtre", a de son cĂŽtĂ© lancĂ© M. Grillo. "Nos adversaires sont l'idiotie, la dĂ©loyautĂ©, la malhonnĂȘtetĂ©!". "Je ne votais plus depuis longtemps et puis j'ai commencĂ© Ă  suivre le mouvement Ă  ses dĂ©buts. Ils m'ont donnĂ© un motif, un espoir pour aller voter Ă  nouveau et croire en ce pays", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Marco Becchi, un Romain de 30 ans.

- Alliance des 'extrémistes' -

Luigi Di Maio a justement présenté jeudi une équipe de 17 ministres, le plus souvent des experts issus de la société civile, qui serait amenée à gouverner si le M5S sortait victorieux des urnes dimanche. Donnée en troisiÚme position avec environ 27% des intentions de vote, la coalition de centre gauche menée par le Parti démocrate (PD, au pouvoir) a choisi d'organiser des rassemblements électoraux dans toute l'Italie.
Le chef de file du PD, Matteo Renzi, a donné rendez-vous à ses militants dans une grande salle au bord de l'Arno, le fleuve qui traverse Florence, ville dont il a été le maire de 2009 à 2014.

"Je le dis aux électeurs de la gauche radicale et aussi aux modérés: seul le vote en faveur du PD garantit de ne pas laisser ce pays aux mains de Matteo Salvini", a-t-il averti, brandissant la menace d'une alliance post-électorale des "extrémistes" entre Ligue et M5S, devant un public acquis au PD mais pas toujours à son chef.

"Le PD est la seule force politique sérieuse qui peut apporter des résultats concrets", assure ainsi Chiara Serdone, 70 ans, retraitée des chemins de fer italiens, interrogée par l'AFP. Mais, Matteo Renzi "n'aurait pas du laisser partir la gauche" du PD, qui a formé un mouvement dissident plus à gauche, Liberi e uguali (libres et égaux), crédité d'environ 6% des voix, a jugé de son cÎté Francesca Rossi, 32 ans.
AFP

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